Tiens c'est moi de Lilounette

Publié le par azacamopol


Tiens c'est moi !



Tiens, c'est moi,  à l'aube de ma première année. Une aubaine cette photo, car les autres ont malencontreusement disparu.


Ce devait- être  Pentecôte. La plupart des petites filles ce jour-là, portaient robe blanche, dentelles et nœud dans les cheveux, tandis que le  village était à l'honneur. Peut-être était ce aussi jour des communions. Des marchands  erraient dans les rues,  à qui leur achèterait le plus beau morceau d'étoffe  pour confectionner l'habit  de l'enfant, fille ou garçon. Les couturières, elles, s'y apprêtaient intensivement dès le début de l'année qui précédait la date et cousaient pour les chérubins, sans relâche de véritables petits chefs d'œuvres.

De trois cheveux qui se battaient en duel  sur le dessus de ma tête, on les avait noué par un  gros nœud blanc,  et  mes minuscules boucles dorées disparaissaient.


Le jour où j'avais trouvé cette photo, j apprenais que l'homme sur qui j'étais sur les genoux assise, n'était pas mon grand-père. On dirait, un pseudo, celui qui partageait la vie de ma grand-mère quand elle s'était retrouvée seule trop jeune. Je n'avais souvenir ni de l'un, ni de l'autre qui n'était plus à  l'âge de mes trois ans.


J'ai ouïe dire aussi, que  la maison devant laquelle  nous posions était celle qu'ils habitaient. La porte d'entrée accédait directement dans la salle à manger, où  le cercle familial  se réunissait autour de la  table, chaque premier de l'an : frères, sœurs, oncles, tantes... , tous  conviés.

Si j'avais de vagues souvenirs de la cour, véritable basse-cour, c'était parce que plus tard  on y jouait mon frère et moi avec nos fausses cousines, et en grandissant on courait  jusqu'au fond du jardin...y  faire mille découvertes.

Il y avait aussi une laiterie, des volailles élevées  au grain, grasses à souhait. Parfois, l'une d'elle était aussi photographiée, les ailes écartées  en souvenir de la bonne chair qu'elle apporterait au festin du jour.


Indépendamment de ce lieu, tout était si secret, que  ce qu'il me reste, n'est autre que l'unique image qui parle de moi,assise  sur les genoux de ' grand-père', qui parait-il m'appelait ' pépé', un  diminutif de poupée, j'étais semble-t-il, sa petite poupée.

Mais cette photo-là, je ne voudrai en aucun cas m'en séparer. C'est un lieu de retrouvailles, une odeur, les brides d'une enfance éparpillée, un peu de nostalgie face à de grands silences un peu énigmatiques , mais une photo avec des «on disait que ».


Lilounette


http://au-fil-des-jours.over-blog.org/



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Publié dans 2008

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L
AZa,il faudrait qu'un jour je fasse un autre récit pour répondre à ton commentaire: oui comme toi j'ai été marqué, et la photo que tu as vue, je ne l'ai connue que lorsque mes paents n'étaient plus là, donc tard , très tard, ainsi il reste normalemnt personne pour pouvoir en parler, mais j'en ai trouvé une, par hasard, curieuse rencontre et j'ai montré mes quelques photos...c'est génial de pouvoir en parler
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A
Parfois les secrets de famille peuvent se découvrir très tard, je raconte ça chez Decrypto et ça te laisse sur le flanc parce que personne justement n'en a parlé! je ne sais pas si tu en a été marquée, moi oui et mon père et mon grand père aussi sans doute et ça se traîne de génération en génération !<br /> en tous les cas, ton enfance a eu l'air heureuse!
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J
j'ai parlé des gens mais j'ai oublié de parler des lieux que l'on a aimés et ils tiennent pourtant une bonne place dans ton souvenir.<br /> amicalement<br /> jean-marie
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J
bonjour, Lilounette...<br /> que de souvenirs une photo peut faire naître...<br /> faire revivre ceux que l'on a aimé<br /> bisous<br /> jean-marie
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B
les photos sont souvent l'unique chose concrète qui nous rattache à ce moment précis que nous gardons enfoui .
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B
Tous ces souvenirs sentent bon l'enfance, même avec des secrets non élucidés. Ne dit-on pas que le véritable parent est celui qui élève et aime l'enfant ? Une petite blonde aimée de son grand-père, voilà une belle image à garder.
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P
les secrets de famille défont parfois les enfants pour longtemps, mais les rumeurs peuvent aussi détruire des adultes. Heureusement, tu en gardes un souvenir épicé, plein d'une enfance tranquille, jolie poupée.
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