La terrasse du premier rendez-vous de Jean-Marie.
La terrasse du premier rendez-vous...
Nous nous étions rencontrés plusieurs fois dans des surprises-parties.
On ne parlait pas encore de surboums, pas davantage de «parties ».
Et l'expression « soirée dansante » n'était pas totalement exclue de notre vocabulaire...
Non, il n'y a pas un siècle de cela !
Le courant était passé entre nous.
La derniére rencontre nous avait sérieusement rapprochés...
Nous n'avions guère permis à d'autres étudiants de venir troubler notre tête-à-tête.
Entre deux danses, je me faisais un plaisir d'être son chevalier-servant.
Au petit matin, fatigué et un peu ivre, pas seuleusement d'alcool mais d'un bizarre sentiment, une assurance plutôt étrangère à mon comportement habituel.
On me croyait distant, certains disaient fier et d'autres gommeux...
Je n'étais en réalité que timide et je le cachais du mieux possible.
Cette assurance nouvelle avait fait de moi, assez piètre danseur, un cavalier convenable tout au long de la soirée...
Nous avions longuement parlé mais je n'avais en réalité pas appris grand-chose d'elle.
La séparation, à mon grand regret fut brève, un baiser, léger sans doute, mais accompagné surtout de la promesse d'un rendez-vous pour le lendemain, en début d'après-midi au « Borios », un café tranquille sous les arcades de la place du Capitole...
Après le modeste repas (pour 70 très anciens francs !) pris rapidement au « Resto U. » de l'AGET, l'Association Générale des Etudiants de Toulouse, je remontai la rue des Lois vers la grande place... pas sûr du tout qu'elle vienne.
De la rue, je ne pouvais voir l'enfilade des arcades...
Je me disais qu'il était trop tôt... Je prévoyais d'aller m'asseoir un moment à la terrasse de « Mon Caf '», le point de rencontre de beaucoup d'étudiants d'où je la verrai arriver.
En débouchant sur la place, quelle ne fut pas ma surprise de l'apercevoir, installée devant une des quelques tables que le café avait l'autorisation de placer sous les arcades...
Elle regardait dans ma direction.
Elle m'attendait !
Elle me vit.
Elle sourit...
jean-marie