Histoire de flair de Polly.
Je ne sais pas comment je connais à l'avance le jour de son retour, mais c'est un fait avéré, je suis sur le qui-vive dès l'aurore. Je trouve toujours le moyen de me faufiler, elle n'est pas toujours très vigilante la compagne de mon commandant, et si par hasard elle fait attention, il suffit d'une visite de la voisine ou d'un ami distrait et me voilà dehors.
Ensuite il faut que je courre jusqu'à St Ex, je connais tous les raccourcis, mais un moment je suis obligé de traverser cette infâme autoroute, et là c'est la valse des incertitudes : je recule, j'avance, je piaffe d'impatience puis je bondis. Je ne cherche pas à savoir comment j'échappe à la file assassine de tous ces compressés pathétiques.
Quand j'arrive à l'aéroport c'est gagné, tout le monde me connaît à part quelques nouveaux qui me coursent pour me virer mais à qui on fait la leçon. Je viens chercher mon commandant, c'est un vrai laissez-passer. Et ils semblent épatés parce que je suis toujours à l'heure et que je me dirige d'un pas souple et sûr vers la bonne porte de débarquement. J'aperçois la rousse Maeva qui me fait un joli coucou de sa main blanche ; si je n'avais pas le commandant, j'irais bien me blottir contre elle, elle sent la muscade et la cannelle et j'adore.
J'ai bien essayé de les rapprocher ces deux-là, ça m'aurait plu, mais j'ai juste réussi à entortiller ma laisse autour de leurs jambes ce qui a provoqué une chute qu'ils n'ont pas aimée du tout, ils doivent avoir des odeurs incompatibles, va savoir ! ils étaient très fâchés contre moi.
Aujourd'hui, comme d'habitude, je ne me trompe pas, j'emprunte la porte C et me trouve très vite au pont de débarquement. Je sais ça d'instinct, et je vois bien que j'en épate plus d'un, mais je passe avec ma belle indifférence devant leur étonnement et leurs rires.
Evidemment il arrive le dernier, il me gronde d'être là et d'avoir bravé tous les dangers. Je gémis un peu pour qu'il ait pitié et pose mes deux pattes contre lui. Quand il se penche avec sa fausse mine contrite et dans les yeux tout son bonheur de me voir, j'en profite pour lui donner une léchouille de tendresse. Il râle mais me caresse juste là où j'aime, derrière l'oreille gauche. Ensuite il sort la laisse de son sac, et l'accroche.
Puis fièrement, liés l'un à l'autre, nous traversons l'aéroport.
polly
http://mpolly.over-blog.com