Triptyque de Bruyère

Publié le par azacamopol

                                 

     Triptyque


Il est des livres qui viennent à vous par le hasard des rencontres et, lorsqu'on les a goûtés, vous hantent et leur auteur avec.


Elles forment un peu comme un triptyque en moi. Elles, c'est-à-dire Virginia, Sylvia, et Alejandra. Trois grandes dames de la littérature. Trois femmes qui ont en commun d'avoir cultivé une terrible volonté dans l'acte d'écriture, une dépression chronique, une souffrance et des angoisses telles qu'elles se suicideront toutes trois : Virginia Woolf se noiera les poches remplies de pierres, Sylvia Plath s'asphyxiera par le gaz et Alejandra Pizarnik par je ne sais quel moyen. Les deux dernières encore dans leur jeunesse.


Je reste fascinée par leur extraordinaire volonté de se donner vie par l'écriture, et par la qualité de ce qui nous est donné : une poésie et une prose qui s'infiltrent en nous jusqu'à l'os.


Ecorchée vive Virginia quand tu écris dans ton Journal : « Pourquoi la vie est-elle donc si tragique ? Si semblable à une bordure de trottoir au-dessus d'un gouffre ? Je regarde en bas, le vertige me gagne ; je me demande comment j'arriverai jamais au terme de ma route. »


Ecorchée vive Sylvia, dans ce poème de Wuthering Heights

« Les horizons m'encerclent comme des fagots

Qui penchent, disparates, et pour toujours instables.

Il suffirait d'une allumette pour qu'ils me réchauffent

Et que leurs lignes fines

Rougissent l'air

Lestant le ciel pâle d'une couleur plus sûre,

Avant que les lointains qu'elles fixent ne s'évaporent

Mais ils ne font que se dissoudre et se dissoudre

Comme une succession de promesses, à mesure que j'avance. »


Ecorchée vive Alejandra dans « L'arbre de Diane » :

« expliquer avec des mots de ce monde

qu'un bateau est parti de moi en m'emportant »

Trois femmes « au bord de » en permanence. Et je marche avec elles sur la bordure du trottoir.


Bruyère


http://jardindombres.blogspot.com

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Publié dans 2009

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A
on ne gagne rien à contempler la folie des autres même si ce sont de grands écrivains!
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B
Peut-être la sensibilité d'écrivain mêne-t-elle souvent au bord du gouffre ?... un bel hommage à ces trois grandes dames... bises...
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P
Ne marche pas trop prêt de cette bordure...<br /> en acceptant nos propres limites on est capable de regarder droit devant, sans avoir peur de ce gouffre sous nos pieds. <br /> Toutes trois n'avaient que leur propre miroir à contempler, elles n'ont pas su accueillir l'autre et d'accepter leurs souffrances.<br /> Mais je te remercie d'avoir rappelé que ces femmes furent de grands écrivains.
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