J'écris de Bab
J'écris sur une ardoise parce qu'on peut l'effacer, recommencer, peaufiner, jouer avec des craies de couleur : « Zéro plus zéro égale la tête à Toto ».
J'écris sur les tables du collège, des maximes inventées en lettres fantaisistes, moitié Arabe, moitié Chinois, qui passeront au rabot pendant l'été : « L'amour se joue du corps et de ses préjugés ».
J'écris des post-it laconiques sur mon bureau, en style télégraphique griffonné, j'en décore le pourtour de l'écran : Land-art éphémère. Combien de jours de poussière avant qu'ils ne tombent dans la corbeille à papier ?
J'écris sur les remous de la Toile, des chansons jetées au vent de la révolution terrestre, qu'un inconnu mettra peut-être en musique, à l'autre bout de la Terre.
Les paroles s'envolent mais les écrits restent ?
Alors gravons ensemble nos mots, chantournés, entremêlés, issus d'une même joie ou de souffrances jumelles. Inscrits dans la pierre des pyramides ou ombres fugitives sur un écran : « Zéro, un, un, zéro », qu'ils soient multitude ou zéro, ils ne feront qu'un.
Bab