Sur le parvis de la gare du Havre

Publié le par azacamopol


undefined

Il fait gris sur le parvis de la gare du Havre. Le ciel est désespérément  nuageux, les gens se pressent, les cols remontés, les yeux baissés.

Il y a du passage ici. Des allées et venues incessantes.

Une population hétéroclite se croise, sans jamais vraiment se rencontrer. Des étudiants, des profs, des travailleurs. Le week-end, quelques familles.

Tout un petit monde conditionné. Robotisé.

Le Hall est encore plus triste, malgré quelques tentatives de mini expos, quelques œuvres artistiques abandonnées là.

Un relais-presse, des cabines-photos, une brasserie quasi déserte. Des toilettes insipides où je me réfugie de temps en temps. Un brin de toilette quotidien quand le personnel de la RATP est affairé ailleurs, et par grand froid pour me chauffer un peu les doigts sous le sèche-mains.

Sur les quais en courant d’air, trois voies qui s’en vont vers d’autres horizons. Plus gais ?

Une salle d’attente sommaire où je suis interdit de séjour. 

Il fait toujours triste sur le parvis de la gare du Havre. Pourtant, j’ai dû y élire domicile. Mon gros sac  en plastique comme seul bien. Je vois les gens courir leur vie sans grand enthousiasme.

Parfois, quand un d’eux me sourit, il y a comme un rayon de soleil qui  passe, l’espace d’un instant.


Publicité

Publié dans 2008

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Et dire que la nuit, les garent ferment justement pour que les gens sans domicile fixe ne puissent y trouver un minimum d'abri...
Répondre
L
Une façon de voir la gare ...le S.D.F du coin...c'est assez triste..mais là où ailleurs pour eux pas beaucoup de différence hélas...et ça c'est encore plus tragique..un bon texte...
Répondre
F
ce qui m'énerve toujours ce sont les gens qui disent "c'est parce qu'ils l'ont voulu"! certains ne comprendrons jamais rien à rien..;<br /> big bisous et félicitation pour le texte
Répondre
P
merci d'en parler et de leur donner vie.
Répondre
B
elle est bien triste la vie des sans-abri...
Répondre
A
Je comprends ce rayon de soleil qui passe, il doit être comme le petit feu de joie de la chanson pour l'Auvergnat de Brassens!
Répondre