Bonjour mon amour

Publié le par azacamopol

Bonjour amour



- Bonjour amour.

- Bonjour mon ange.


C'était ainsi tous les matins au réveil. Ses premiers mots pour moi : « Bonjour amour ». De quoi vous consoler chaque jour d'être obligée de sortir du sommeil. « Bonjour amour ».


Le jour où il a cessé de le dire, je n'ai pas tout de suite compris ce qui avait changé. Il était toujours aussi câlin et attentionné, mais il manquait quelque chose.

Je me suis rendu compte au bout de quelques jours que c'était ce « Bonjour amour » qu'il ne me disait plus. Rien d'autre n'avait changé, seulement je ne me réveillais plus chaque matin sur ces mots.

C'est devenu une obsession. Je me suis mise à me réveiller chaque jour un peu plus tôt, guettant les premiers signes de son réveil à lui, espérant l'entendre à nouveau me dire « Bonjour amour », mais rien.

Un matin j'ai pris les devants et lui ai dit « Bonjour mon ange » dès que je l'ai vu ouvrir les yeux. Il m'a prise dans ses bras et m'a souri tendrement, mais point de « Bonjour amour ».

Bien sûr nous vivions toujours une idylle formidable. Rien n'avait changé. Il semblait toujours aussi amoureux, il était toujours tel que je l'avais aimé au premier jour, nous continuions de rire, bavarder, sortir, faire l'amour avec le même plaisir qu'avant, mais plus jamais il ne me dit « Bonjour amour » au réveil.

J'ai eu beau chercher, je n'ai pas réussi à comprendre ce qui avait pu se passer, ce que j'avais pu faire peut-être pour qu'il ne le dise plus.

Alors j'ai commencé à devenir soupçonneuse. J'ai pensé d'abord à une autre femme, bien sûr, mais rien dans son agenda ou dans son comportement ne permettait d'étayer cette hypothèse. J'ai pensé à l'usure du temps, simplement, mais il me disait toujours autant qu'il m'aimait, passait toujours autant de temps avec moi, me faisait toujours autant l'amour... J'aurais pu lui demander, bien sûr, mais je me sentais un peu stupide. J'ai laissé l'angoisse prendre le dessus. J'ai commencé à dormir de moins en moins, je ne pouvais plus le regarder ou l'écouter sans me demander ce qu'il me cachait, c'est devenu un véritable enfer.

Alors un jour j'ai pris mes affaires et je suis partie.

Je n'avais jamais aimé que lui. Je l'aimais au-delà de la raison.

Maintenant que je suis là, la langue gonflée et le cou douloureux de cette corde au bout de laquelle j'attends la délivrance... je me dis... que j'ai vraiment été... stupide. Je devrais... peut-être...

poupoune


http://des-mots.over-blog.fr

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Publié dans 2009

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P
Texte fort qui nous mène dans les méandres des non-dits, de tout ce qui mine la tête, ce détail qui devient monstrueux et qui fait si mal.
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L
devoir peut-être , mais ose -t- on?
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M
superbe et tragique!
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N
l'histoire d'une idée fixe, d'une obsession, quand on réduit l'autre à quelque mot. c'est bien qu'à la fin il y ait une ouverture. On espère vraiment qu'elle va enlever la corde.
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E
Tu devrais peut-etre je crois ........il n'est peut-etre pas trop tard !!!la fin est trop triste.
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A
poupoune savez vous que vous avez le meme surnom que mon petit frère de 49 ans? poupoune votre texte est superbe,je crois bien avoir "hurler" tous les jours pendant 30 ans pour des mots doux que l'on ne me disais pas! votre texte est très touchant de véracité merci beaucoup arieth
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A
Oh pardon une ficelle, bien sûr !
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A
D'où l'importance de ne jamais négliger l'importance des mots que l'on prononce ! <br /> Mais dis-moi tu ne vas pas nous laisser sur un note macabre, dis-nous vite que la corde n'était qu'une ficèle ....................
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A
comme quoi ça ne tient pas à grand chose la vie, juste un petit bonjour au bout d'une ficelle et tout peut basculer quand le bonjour s'envole!<br /> un excellent texte drôle et noir mais tellement vrai
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S
très bon
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