Dialogue de bêtes de Claudie.

Publié le par azacamopol

DIALOGUE DE BÊTES

 

Allongé dans l’herbe rase, les fesses coincées entre deux mottes terreuses, Albéric l’alcoolique tète l’alambic avec un bruit de succion. Bruit gastrique + bruit de plastique.

Un lombric patteux observe la scène d’un œil dégoutté.

Et alors ! Où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir s’indigne l’invertébré à multi pattes. Scandalisé, il se réfugie sous la motte de terre déjà habitée par une taupe planquée qui envoie des coups rageurs de bestiole dérangée. Scarabées en livrées, cigales cliquetantes (une clique de tantes) voltigent dans les nues sous le regard placide d’un vieux papillon d’aubergine. Les fourmis désœuvrées et les mouches bourdonnantes entourent  Albéric.

Tu as vu sa peau rosâtre : c’en est un ! 

Une tante, ça m’enchante » crisse la cigale.

Mais non, idiote bourdonne la grosse mouche essoufflée,  un ver, un lombric patteux. 

Ben ! Il n’a que deux pattes.

Il tète pour faire pousser les soies. 

Et pourquoi pas une belle carapace comme la mienne dit le scarabée en exposant fièrement son dos coloré.

Moi, j’aimerai mieux qu’il lui pousse des ailes, on pourrait butiner ensemble. 

Devinez qui a parlé, c’est l’aubergine. Toujours à papillonner cette folle là. 

La taupe agacée par les bourdonnements futiles de cette assemblée, qui pourrait éventuellement constituer un bon repas, si elle n’était pas végétarienne, donne des coups dans la motte de terre qui s’émiette dangereusement, engloutissant presque les malheureux insectes.

L’alambic arrête de distiller le jus de la vigne dans les veines d’Albéric l’alcoolique. Il ouvre un œil vaseux et à travers les brumes de son cerveau, distingue une nuée d’insectes et de bestioles. Il s’affole.

C’est ça, l’effet de l’alcool. Un delirium tremens. Des bestioles qui parlent, agitent leurs élytres. Mais, qu’est ce qu’elles me veulent ? Albéric, le veule prend peur et se sent au bord de la crise. Il lève ses petits bras au ciel et agite furieusement ses petites pattes.

Tiens, j’avais raison, les pattes lui poussent, avant il n’en avait que deux, c’est bien un lombric patteux. 

Tu ne les voyais pas car il était allongé, mais il a toujours eu quatre pattes, de plus, il a des poils au sommet du crâne, il est de la famille des taupes, je te le dis. Au secours, l’alcool ça creuse et tu crois que ça mange quoi une taupe ?

Panique, branle bas de combat. Les insectes s’enfuirent à tire d’ailes, à tire pattes, roulant de la carapace. Une vraie débandade.

L’homme qui voulait faire une sieste après un repas bien arrosé, secoue ses vêtements, se relève péniblement en faisant craquer ses jointures et peste contre les insectes qui l’ont méchamment piqué.

 

CLAUDIE

 

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Publié dans 2009

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A
désolée moi non plus je ne trouve pas ce que tu essaies de nous faire deviner sur ton chemein parsemé dinsectes en tous genre vite dis nous s il te plait merci arieth
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A
Un texte au pays des insectes bien sympa... mais je n'ai pas fazit le lien avec la consigne...
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A
grâce à toi on se retrouve au pays de Delphine et Marinette!<br /> pas vraiment de suspens mais très agréable à lire
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