La terrasse du café de PhiloZen.
La terrase du café.
Me reposer un peu, je l'avais demandé à corps et à cris. Je m'étais installée à la terrasse du café, épuisée de toutes ces journées sans fin. J'attendais le garçon pour commander lorsqu'il est arrivé enfin. Devant ma mine fatiguée et mon air renfrogné, il m'a dit avec humour : « Le champagne et la gaieté de ses bulles, voilà ce que je vous suggère pour vous guérir de votre air sévère » Mais pourquoi se permet-il donc de me parler de mon air sévère j'aimerais l'y voir lui. Et l'observant un peu plus je m'aperçu que ces oreilles étaient on ne peut plus pointues...Ah, dans mes jeunes années, si je n'avais pas tourné en rond, j'aurais pu écrire des livres à foison. Ils auraient conté les aventures des elfes et des fées que j'aimais retrouver pour fuir la triste réalité. D'un sourire, je lui dis donc « Champagne, mon garçon ». Il sourit de toutes ses dents et ses tâches de rousseur me rappelaient étrangement celle d'un leprechaun dont je contais les mésaventures, il y a fort longtemps. Lorsqu'il revient me servir, je lui réglais la consommation aussitôt. Mais en mon fort intérieur je riais en me disant : « Point de pourboire pour ce taquin aux allures de lutin ». Les premières bulles dansaient en mon gosier lorsque mon vœu s'est exaucé. Le leprechaun ne m'avait pas pardonné de lui avoir donné vie et de l'avoir abandonné à un triste sort en laissant choir ma plume. Il avait du gagner sa vie, subir les humeurs plus ou moins plaisantes des clients et maintenant lui aussi savait mieux que quiconque le poids des corvées. A la première gorgée de champagne mon vœux fut exaucé. Du repos j'en aurais : Statufiée à la terrasse d'un café !
PhiloZen
http://philozen.over-blog.com/