Sous le figuier de Bab.
Sous le figuier
Albert s'étire doucement , yeux fermés, visage délicieusement offert au soleil. Il bouge légèrement le pied droit et inspire longuement l'air printanier. Il aime cette place-là, sous le figuier. Il n'en voudrait pas d'autre. Des mois qu'il attendait ça, obligé de rester auprès du poêle, terré à l'intérieur.
Un poêle à bois, ça chauffe bien. Il y a passé de longues journées d'hiver, bien calé dans son fauteuil par des coussins, mais enfermé. Quelle misère ! Il faut bien dire la vérité. Le pastis n'a pas le même goût en hiver.
Contre muret, les braises rougeoient dans le creuset de fonte.
- Albert ! Tu sais l'heure qu'il est ?
- Mmmmh, non ?
- Onze heures et demie, Albert, il est onze heures et demie !
- Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? J'ai déjà le pastis, ça va.
- Tu crois pas qu'il est temps de t'occuper du barbecue ? Je compte sur toi.
- T'inquiète, ça chauffe !
Bab