Je claque la porte de Maïlis.
Je claque la porte.
Vite, la gare. Loin, le plus vite possible.
Je dévale les escaliers quatre à quatre, saute dans un taxi, et hop ! je suis arrivé.
La gare. Ouf, sauvé. Ou presque. Les souvenirs m'assaillent et je suis obligé de m'asseoir, pris de vertiges. Non, non, c'est pas le moment, vraiment pas le moment, non... Au bout de quelques minutes, cela passe, et je peux à nouveau me lever. Certaines personnes me regardent de travers, mais je suis trop préoccupé pour les remarquer. Un train, un train, n'importe lequel, mais qu'il aille le plus loin possible.
Nice, n°19756. Pas assez loin. Paris, n°79846. Pas mal, plein de monde, je me fondrai dans la masse. Aich, il a de la famille à Paris, zut, non, si, tant pis...
« Amsterdam, n°46532 » hurle une voix dans le haut-parleur, « dernier rappel, départ imminent. »
Oui ! Amsterdam, ce sera parfait. Je double tout le monde, vite, vite.
« Amsterdam il reste encore des places ?
- Quoi ?! »
Elle est bête celle-là, ou quoi ?
« Amsterdam ! Le train ! »
Faut que je lui rappelle son job ou quoi ?
« -Hein ?...parlez plus fort, monsieur, je ne vous entend pas avec la vitre... »
La caissière me jette un regard désolé, et je ravale ma fureur. Je lève la tête vers le tableau d'affichage, Amsterdam, n°46532, quai 8.
Pris de panique, je sprinte, aussi vite que je peux, plus vite que je n'ai jamais courut. Je saute sur le quai et rentre dans le train au moment où les portes se ferment.
J'y suis, direction Amsterdam.
Je m'assois et tourne la tête vers la ville que je suis en train de quitter.
Adieu Madrid, adieu mes amis, adieu toi...à jamais.
Maïlis.