train de banlieue de Bab

Publié le par azacamopol


Train de banlieue


J'ai repéré un mini salon de quatre sièges, au fond du wagon. Je m'y installe confortablement près de la fenêtre, histoire de profiter du paysage. Un jeune homme occupe déjà trois sièges : un pour ses pieds, un pour son sac, et lui, vautré sur le troisième. Il lui jette un regard surpris et vaguement hostile.


J'aime le moment du départ, quand le décor de la ville commence coulisser doucement parallèlement au train. Mes pensées glissent sur les murs de la ville au même rythme.

Mon voisin allume une cigarette, histoire de me faire fuir. Je réprime un sourire. La place est trop bonne, à rêvasser en regardant le paysage. J'y suis, j'y reste !


Au bout d'une dizaine de contorsions et frottements de baskets sur le siège, il se lève, passe devant moi pour regarder à l'extérieur, comme s'il guettait les gens sur le quai à chaque gare. J'aime particulièrement ce trajet à l'ouest de Paris, plein de petites maisons entourées de jardins, de ponts et de noisetiers qui laissent pendre leurs chatons presque à toucher le train. Le voisin s'abîme dans un immobilisme boudeur, capuche sur la tête et cigarette agressive.


Ce trajet est pour moi comme une méditation. Je me laisse porter par les rails, le regard plongeant du haut d'un toit d'ardoises, à la mode de Poudlard, vers les barges amarrées en file indienne jusqu'à Conflans-Fin d'Oise. Cette gare porte un nom poétique qui vous a un petit air de bout du monde.


Le voisin rajuste sa capuche, fait mine de donner un coup de pied dans mon sac, et saute sur le quai par la porte qui vient de s'ouvrir.

A l'arrivée, on m'attend.

- Tu t'es assise à la place des gros durs ?

- Comment ça ?

- C'est leur place, tout le monde le sait et leur laisse, pour voyager tranquille !

- Ah oui ? Je m'en fous, moi aussi j'ai une capuche à mon blouson.


Dans les trains de banlieue, on ne réserve pas sa place, mais il y a des places réservées.


Bab


http://bab-loup.over-blog.com/

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Publié dans 2009

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B
J'allais à Triel. C'est là qu'il y a la maison de Harry Potter, en face de la gare, avec une toiture délirante en ardoises. Et les noisetiers c'est avant Andresy.<br /> Alors tu as fréquenté les trains de banlieue Aza ? Ils ont leur poésie malgré tout. Parfois j'y suis comme au cinéma.
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A
Conflans Fin d'Oise, je la connais bien, mon premier poste, que de voyages en trains pour aller travailler à droite ou à gauche: Andrézy, Triel sur Seine, Verneuil... Les temps ont bien changé mais ces voyages en train restent à jamais inscrits au fond de moi ; que d'espoir dans ces voyages perdus! je n'avais pas de capuche mais un blouson de cuir!
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J
formidable, ton récit !<br /> il en faudrait beaucoup qui aient un comportement semblable !<br /> bravo !<br /> bises amicales<br /> jean-marie
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B
Comme disait Coluche : "jusqu'où s'arrêteront-ils ?" :))
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E
eh !! ! il y en a pour qui l'inspiration est débordante..........et alors !!! c'est quoi cet arreté bizarre."? etre heureux penalise certains voyageurs !!!!!!!oh! oh!
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B
Même pas peur ! Dans le bus je fais pareil et je leur dis qu'ils ont des grands pieds. Non mais !
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P
Eh! mais tu t'en es bien sortie... peut-être parce qu'il était seul, il a pas vraiment osé.<br /> Cest vrai que Conflans-Fin d'Oise, ce sont des sonorités qui font rêver.
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