Nous sommes venus .... de Balaline

Publié le par azacamopol


« Nous sommes venus prendre des nouvelles de notre mère.

 

Non ne dites rien, je sais, nous aurions dû…

Nous aurions dû venir lui parler plus souvent, la bercer,

la câliner, la caresser, lui rappeler que nous sommes

encore ses enfants. Mais le chagrin a noyé le présent, il a 

sucé nos larmes, évidé nos sentiments meurtris ,

posé une distance avec la vraie vie .

Nous voici espérant un changement soudain, une douce

lueur qui viendrait conjurer le malheur.

Dites, comment va-t-elle ?

Nous sommes là, fragiles et angoissés, le cœur cognant,

 la gorge qui se serre.

Je ne peux supporter de la voir s’en aller, le visage et le corps

partiellement défaits.

Où se portent ses yeux, autrefois myosotis, qui prennent

soudain le large vers d’autres horizons ?

Où va voguer son corps dont il reste la trame de ce trésor

si doux qui réchauffait nos peines?

Une longue enveloppe amaigrie, posée comme une écorce

sur un lit de désert.

Ses longues mains, fantômes des nuits blanches

qui rôdent et s’accrochent aux draps en ultime combat.

Et ses mots, ses mots perdus, affolés, bêtifiant,

ses mots accrochés à des fragments de vie, tantôt sourds,

tantôt exultant le malheur !

Ses mots ne disent plus l’espoir, ils sont cadenassés dans un

monde de mort, de folie.

Elle n’est plus là pour nous, comprenez-vous, elle n’est plus

notre mère, juste un fragile lien, un nom, une tendresse au fond

du cœur , une misère sur la terre.

Nous étions ses enfants aimants, non notre cœur n’est pas

de pierre, mais nous avons perdu notre maman. « 

 

balaline

 

http://balaline.over-blog.org


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Publié dans 2009

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B
oui, je prends aussi avec apréhension des nouvelles de ma mère...et j'apréhende chaque visite à la maison médicalisée, ne sachant comment elle va être..(puisque avec sa maladie ça fluctue tous les quart d'heure)... ce texte me touche beaucoup...
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B
Ce texte me touche énormément: il y a juste un an que maman est partie. La fin de vie est quelque chose d'assez terrible à voir et nous marque à jamais.
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T
la personne aimée peut même être déjà partie avant même d'être tout à fait partie, et on asiste impuissant à la défaite de la vie
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A
tu as écrit un très beau texte qui me touche tout particulièrement! Voir un propre partir pour d'autres rivages alors que nous sommes impuissants est toujours très douloureux!
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N
Très émouvant...les mots me manquent...
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J
C'est souvent après la perte qu'on mesure la place de l'absent(e)
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K
tu m'as fait revivre les derniers instants avec ma maman .....mais c'est la vie qui est ainsi faite et l'on s'aperçoit que nous n'en faisons jamais assez avec et pour nos proches!tendres pensées! KTL
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P
il est des moments comme celui que tu racontes, terribles, épuisants et avec lesquels on doit composer son propre avenir.
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A
Et une maman pon n'en a qu'une, quand elle s'en va s'est déchirant........
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J
bonsoir, chère Balaline...<br /> un très beau texte, <br /> particulièrement émouvant<br /> bises amicales<br /> jean-marie
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