Elle de Polly.
Elle.
Je la regarde, petite silhouette en couleur qui va qui vient si heureuse de se trouver sur ce balcon florentin, et je trouve qu'elle n'a jamais été aussi belle que ces jours là-bas en Toscane accrochée à mon bras.
On se connaît si bien que les mots entre nous sont silences complices.
Je me souviens de notre premier regard sur le dôme de Santa Maria del Fiore comme une déception qui n'osait dire son nom; j'ai évoqué alors un chou à la crème écœurant de trop de tout, et le rire claire et sonnant a provoqué quelques étonnements autour de nous qui devinrent sourires tant il est partageux.
Elle est gaie mon amie, si amoureuse de la vie, qui pourtant ne l'a guère gâtée, que la connaître c'est entendre chanter tous les rossignols du monde.
Ecrire pour elle ce soir avec ces photographies de Florence en fonds de mémoire ne pourrait guère lui plaire, mais ce que je ressens d'émotion à l'évoquer, elle qui tous les soirs m'appelle, elle qui connaît mes moments fragiles et joyeux et dont je sais aussi la force et la fragilité, c'est comme une main qui tient la mienne, qui me soutient.
Ma belle, ma toujours rieuse qui déjà sur les bancs du lycée nous amusait beaucoup connaît aujourd'hui un quotidien difficile, conséquence d'un mariage brutal dont le parcours s'est achevé sous un camion, mais jamais elle ne se plaint, et souvent c'est elle qui console, alors je lui dois bien ces quelques phrases rapides pour lui dire que je l'aime.
Polly