Souvenirs d'enfance d'Azalaïs
Souvenirs, souvenirs...
D'abord, il y avait la maison de ma grand-mère et dans mon cœur d'enfant, elle était un palais dont ma mamie était la reine ! Toujours propre et bien rangée, peuplée de meubles et d'objets familiers, avec sa chambre immense dans laquelle nous n'osions pas entrer tellement elle nous intimidait. C'était ma maison refuge, mon asile de paix où je pouvais souffler !
A l'arrière de la maison se trouvait le jardin : une partie pour les roses et les parterres de fleurs, l'autre pour le potager habité de poiriers. A l'entrée du jardin, le puits, recouvert de glycine. J'adorais faire descendre le seau dans le mystère de cet abîme obscur! Je me souviens du choc mat et brutal du seau lorsqu'il rencontrait l'eau, de l'odeur un peu écœurante des pierres, de la fraîcheur des mousses qui les tapissaient.
Tout au fond du jardin, se trouvait une cabane à outils en planches. C'était notre repaire, le lieu secret où nous pouvions conspirer, élaborer nos pièces de théâtre, chanter à tue-tête, préparer nos expéditions dans la campagne toute proche. Il y avait la pêche aux « gaïnelles », la chasse aux grillons que nous enfermions dans de petites cages, la cueillette des champignons ou bien, tout simplement, de grandes discussions allongés dans l'herbe, à l'ombre d'un grand chêne.
Il y avait aussi les longues soirées à la fraîche sur le banc où nous nous tenions serrés comme des harengs pour raconter toutes sortes d'histoires plus bêtes les unes que les autres.
Et puis soudain, tout se figeait ! C'était toujours l'été pourtant, mais moi j'étais glacée ! A toute hâte, ma mère sortait le cahier de devoirs de vacances qu'elle avait soigneusement oublié, à toute hâte, il fallait remplir des pages et des pages et tout mon corps pleurait. Elle avait beau crier, tempêter, menacer, je n'arrivais à rien ! Parfois, le voisin venait bien me donner un coup de main mais j'ai toujours été si mauvaise élève ... le pauvre se lassait vite !
Finies les courses dans les prés, finis les rires sur le banc, finies les joies de la conspiration, finie cette folle insouciance, cet air de liberté où dansait l'inconscience ... Mon père nous annonçait son arrivée prochaine.
Azalaïs