Le manteau de Lilounette.

Publié le par azacamopol


Le manteau

 

Quatre francs six sous, c'était une affaire. Un morceau de tissu acheté en hâte à l'un des marchands ambulants qui parcouraient encore les rues, année mil neuf cent soixante deux environ.

Doigts de fée d'une couturière, en l'occurrence ma tante, qui avait réalisé sans patron, au mètre et à l'œil un  manteau couleur anthracite où je cherchais mes pieds en l'essayant.

Trop long, trop large, mais il devait être porter au moins deux hivers.

Pas besoin de glace pour voir dans quel ridicule j'étais parée, à faire lever la patte du chien et p.... dessus !

Je pleurais à chaudes larmes, d'autant que pour agrémenter ma déception, on venait de me couper les cheveux courts, complètement hirsutes, tout çà parce que gentiment des poux venus de je ne sais où, avaient envahis mon cuir chevelu.

C'était un comble de me trouver la tête enfouie dans un col et de n'être plus que manchot.

Mais pis. Une telle fierté de la famille pour cette création,  que j'inaugurais le nouvel art, et oui, et j'ai dû poser  au bord d'un canal complètement gelé sur une épaisseur  de glace d'au moins trente centimètres, pour que le souvenir du froid s'incruste sur lui et que l'image figure dans un album photos.

Croyez-moi, il n'est plus dans l'armoire, mais peut-être au fond d'un tiroir, pourrais-je le revoir .J'étais dans ma quinzième année, on ne badinait pas en ce temps-là !

 

Lilounette
http://au-fil-des-jours.over-blog.org

 

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Publié dans 2008

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J
Très joli texte, ma chère Lilounette...<br /> j'ai connu ces vêtements mal ajustés...<br /> et les pleurs de se sentir ridicule...<br /> mais aujourd'hui c'est bon, c'est doux de se souvenir...<br /> bises amicales<br /> jean-marie
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B
c'est vrai qu'à 15 ans, c'est encore plus difficile de porter des vêtements dans lesquels on se sent ridicule, c'est un âge où l'on sait ce que l'on veut, même quand on n'a pas son mot à dire... De nos jours, essayez d'obliger un adolescent de mettre ce qu'il n'a pas envie!...
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A
que de souvenirs pour moi aussi, ma Lilounette! Qu'avons nous dû porter et endurer?? Tu racontes bien cette montée de larmes et de rage impuissante!
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M
ça rappelle des souvenirs !<br /> on en fait endurer aux enfants à les habiller comme ça nous plaît !<br /> Bon we !
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P
Non, on ne badinait pas, on n'en avait pas les moyens... comme toi j'ai longtemps porté les vêtements faits par ma mère jusqu'à la rébellion de l'adolescence. Mais ça c'est une autre histoire. <br /> Tu as encore la photo?
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