Ticket s'il vous plaît de Fabienne

Publié le par azacamopol

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Ticket s'il vous plaît...

Le crissement régulier des roues sur les rails finissait par mettre ses nerfs à vifs! Enfebani abandonna sa lecture. De toute façon les lettres dansaient devant ses yeux, ses pensées s'envolaient sans fin. Elle jeta un regard circonspect sur les autres voyageurs : deux adolescentes aux mines énamourées, des jeunes blasés, d'autres turbulents. Un vieux couple : lui bedonnant, elle sèche au sens propre et figuré, une bonne-soeur. Plus loin, des navetteurs bruyants jouaient aux cartes...
  • « billets, svp »
  • ...
  • « bon voyage »
Bon voyage! Il en a de bonnes le contrôleur! Moi, je voudrais descendre de ce train, tirer sur le signal d'alarme pour sauter, rouler dans l'herbe fraîche comme les héros dans les films d'action! Oui mais voilà, on ne saute pas en bas d'un train fou, d'un train fantôme : on se romprait le cou...
 
Enfebani observait les passagers. Rit jeunesse, se dit-elle. Profite, si tu savais! Bien vrai cet adage « jeunesse si tu savais, vieillesse si tu pouvais ». Jeunesse si tu savais, tu ne t'égarerais pas dans les halls de gare! Tu profiterais plus intensément de tes escales... Vieillesse si tu pouvais retrouver la flamme des grands départs, jouir des rencontres inopinées sur les quais bondés...
 
Celui-là ressemble à un dogue, et celle là qu'est-ce qu'elle est ridicule à le regarder avec ses airs de chatte déjantée! Encore, si elle avait 20 ans de moins! Un fonctionnaire? Oui, c'est le style... et celui-là qui n'arrête pas de se curer le nez! Beurk! Dire qu'il va serrer la main de quelqu'un après ses investigations...
 
Il y a longtemps... nous nous étions retrouvés par hasard dans un autre train, vers une autre destination... Enfebani sourit.
 
Le train dans un souffle ralentit et voici un nouveau quai de gare. Le voici qui s'arrête. La voici à destination.
 
Elle se lève lentement, d'une main lasse défroisse son vêtement et se dirige vers les portes de sorties. Déjà se profilent les quais grouillants. Elle se faufile dans cette foule insensible. Qui sont ces gens? Où vont-ils? Y' a t' il quelqu'un qui les attend? Pourquoi, vers qui, vers quoi courent-ils?
 
Un clochard, un autre... un musicien, un homme, une femme avec son chien.
 
Enfebani grimpe la volée d'escalier, débouche à l'air libre, croise des agents de sécurité, une vieille dame avec un chapeau démodé. Elle avance, poursuit sa route et disparaît au loin mangée par la foule anonyme.

Fabienne

http://il-etait-1-fois.over-blog.org
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Publié dans 2008

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D
Je me suis toujours demandée ce que les gens pouvaient penser de moi, quand ils me croisent dans un train, ou ailleurs. J'ai aussi tendance à extrapoler, à inventer la vie des gens que je croise...
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E
C'est vrai que c'est bien mystérieux tous ces inconnus qui nous côtoient. Dans les gares, dans les trains, on prend le temps de les regarder et d'imaginer...
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B
apparemment, les gares ne t'on pas marquée spécialement... Puisque tu n'as fait que la traverser rapidement.... C'était pourtant le but du jeu...
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A
C'est un exercice dont je ne me lasse pas et je vois que je ne suis pas la seule ! Tous tes portraits sont si vivants !
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P
Un regard sur la jeunesse et la vieillesse: c'est vrai que dans les trains toutes générations se confondent, et pour moi, c'est un paysage toujours merveilleux d'observer les gens.
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L
on a rien d'autre à faire parfois que d'observer les gens qui nous entoure,moi j'ai beaucoup fait ça dans les bus..essayant de deviner la personne qui sa cachait derrière chaque visage...un bon texte...
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A
Une foule anonyme qu'elle a bien observé, elle s'est occupée en créant un personnage derrière chaque visage, un petit jeu qui fait passer le temps tout en méditant sur la fuite du temps !
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C
Très beau texte Fab ! Tant de personnalités différentes...
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