Quelque chose du dedans d'Agnès

Publié le par azacamopol

Quelque chose du dedans

 

 Comment se peut-il
que sans être incurable
on ne veuille pas guérir ?

André Velter



Sortir de sa nuit
après une croissance imparfaite
se réveiller l'âme décolorée
ébouriffée.

Peut-on être nomade du temps ?
Peut-on être
d'une vie à une autre
passant ?


Silence des morts rebelles
qui renforcent les nœuds.
Silence de la vie
au hasard fixée
ou plantée telle une épine
indurée en nos rêves
irritant nos fougues.


Qui peut nous retenir
contre le vertige du dedans
si large                    si vide ?


Ceux à mi-chemin
arrêtés fébriles
comme des vagues poursuivies

ceux avec leurs mots lourds
tout fripés de tendresse
balancés à contre-temps

ceux boutefeux par désespoir
incendiaires
exacerbés d'espérance

ceux musiciens des songes
qui tâtonnent sans répit
lézardés jusqu'à la moelle

ceux que nulle main n'a guidés
qui s'épuisent à rassembler
leurs brisures

ceux qui mordent à bouche pleine
les pensées fauves
les passions sans remontée

ceux qui n'ont plus de frontières
et qui implosent chargés de sang
et de brûlures...


Qui peut emmurer
le vertige au-dedans
qui peut sceller notre cœur
pour qu'il cesse de s'affoler
pour un souffle d'air
ou d'ange distrait ?

Qui ?

 
 
Agnès
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Publié dans 2008

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G
C'est beau !!!! J'adore !!!!! Bravo !!!!
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C
Tu n'as pas à nous remercier Agnès... Tu nous a fait partager de très beaux moments par ton écriture.... Il n'y a pas d'âge pour être romantique... La petite fabrique espère te revoir et te lire encore...(camo)
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A
Je vous remercie, Camomille, Bigorneau, Polly, Azalaïs... Certains poèmes viennent spontanément comme des cris. <br /> Il suffit alors de les ordonner, de leur donner un rythme et surtout de laisser parler la petite voix intime ;-)<br /> <br /> Azala¨s, je ne suis pas jeune, moi non plus... Hélas ! Mais "mon" romantisme n'est pas mort !
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A
Je ne suis plus très jeune Agnès mais je ressens très bien ce que tu dis. Parfois, quand je vois des photos de moi petite, je m'interroge aussi sur tous ces passages qui nous transforment en un autre, tous ces hasards qui nous mènent là où nous ne voulions pas forcément aller, cette immense solitude qui veut que nous soyons incompris toujours . Mystère que soi même , mystère que les autres, "Je est un autre" a dit Rimbault et je ne sais pas si j'ai compris tout ce que tu voulais dire mais en tout les cas, tu m'as touchée !
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P
Seulement soi-même, rien que soi-même. Texte bouleversant.
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L
Beaucoup de tristesse mais c'est très beau..bravo..! bises
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C
Quel talent ! Rien à ajouter juste à savourer même si le sujet est plus que difficile... Bravo !
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