Qu'est-ce que tu as de Pasfrévin.

Publié le par azacamopol

Qu'est-ce que tu as ?


Jouer, qu'est-ce qui peut être plus important dans la vie d'une toute petite fille que jouer ? Sautiller, gambader ? Habituellement j'étais gaie et gracieuse en public, mais pas ce jour-là.

Je me souviens qu'il faisait beau, et sûrement chaud. Ma mère nous avait fait la même robe à toutes les deux. Elle était toute souriante lorsqu'on lui disait qu'elle avait une adorable petite sœur. De quelle couleur était cette robe, je ne m'en souviens plus du tout, de sa forme encore moins, mais je sais que je l'aimais bien moi aussi.

Je me revois sortant de l'appartement et traversant le couloir jusqu'aux boites aux lettres, ma mère à une main et à l'autre un joli panier bleu clair en plastique ajouré : on prendra le courrier au retour a dit ma mère.

Elle ouvre la porte de l'immeuble et une certaine fraîcheur me tombe dessus. On remonte la rue Rouget de Lisle jusqu'au boulevard Victor Hugo et on arrive devant les premiers étalages. Ma mère me tire un peu par le bras, j'ai du mal à avancer. Les commerçants disent bonjour, demandent poliment des nouvelles, on me propose comme souvent une mandarine ou quelques dattes, mais je reste de marbre. Ma mère papote avec les voisines. Je lui tire la robe, mais elle ne veut pas s'occuper de moi : qu'est-ce que tu as ? Et je ne réponds rien. J'ai du mal à marcher, je sais que tout le monde me regarde et se moque de moi, je ne veux qu'une chose : rentrer à la maison !

Enfin, le supplice s'achève, on redescend le boulevard Victor Hugo, on reprend la rue Rouget de Lisle et on arrive au n°1. Ma mère pousse la porte de l'immeuble et je me faufile à toute vitesse jusqu'à la porte de chez nous. Là, je serai en sécurité.

Qu'est-ce que tu as ? redemande ma mère alors que je pleure à chaudes larmes ? Elle ouvre la porte et c'est dans un gros sanglot de colère et de désespoir que je l'accuse : tu as oublié de mettre ma culotte !

Comment a-t-elle pu me faire vivre une matinée pareille ?

 


Pasfrévin

 

http://les.jeudis.de.pasfrevin.over-blog.com/

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A
j'aurais adoré que ma mère oublie de me mettre une culotte, elles étaient en coton tricoté façon dentelle et pendouillaient toujours d'un côté, un vrai supplice!
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Q
Il te faudra peut-être imaginé en février que tu l'avais... ;)<br /> <br /> En tout cas, j'ai adoré.
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E
Pour la mère ;Certainement bien loin de penser à ce malheureux oubli.<br /> Pour la fillette quel mal être.<br /> Et voilà comment on peut gâcher une si belle journée.Elise.
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A
qui a gâché (pardon)
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A
Une vraie histoire de petite fille qui a gâchée une belle matinée.... Je comprends très bien ce que tu as pu ressentir.
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P
Oui, ça m'est arrivé en vrai, c'est l'un de mes anciens souvenirs !
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B
et ça t'est arrivé en vrai??... Ma pauvre!
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P
Trop mignonne cette petite vedette sans culotte.<br /> :)<br /> J'ai adoré.
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