Marie, de Lilou
Marie
Allongée sur son lit, elle est dans une léthargie celle dont les limites sont indéfinies à la limite du rêve, de l’insomnie, du sommeil et de la veille. Dans cette chambre d’hôtel luxueux, elle se revoit rire, chanter avec lui. Lui c’est bien sûr son patron…Rien d’original, le patron et la secrétaire. Mais elle y croyait. Il allait divorcer.
Au début, il lui avait dit qu’il n’avait pas d’attache parce que très prude et loyale ; elle n’aurait pas cédé à ces avances. Puis un jour la découverte ; une collègue absente, le standard basculé dans son bureau et hop la surprise. Monsieur est bien marié.
Les explications sont convaincantes.
- Ma femme ! oh nous sommes mariés depuis plus de douze ans et tu sais l’habitude, l’ennui, il ne se passe plus rien entre nous…Bla bla bla…
Elle a tout gobé la pauvrette et les rendez-vous, les petits week-ends, tout recommença même quand elle apprit qu’il avait des enfants, quatre, dont le dernier âgé de six mois, elle pardonna.
Maintenant, elle est là seule sans bien comprendre. Elle a du sang sur les mains ; La lame d’un couteau brille dans la lumière. Il y a du bruit dans le couloir, des cris…
Elle se retourne sans cesse sur son lit ; elle sourit, elle a des lunettes de soleil et un grand chapeau rouge…qui dégoutte de sang. Un visage apparaît, celui d’une femme portant un bébé dans les bras. Elle l’invective, elle répond, elles s’empoignent ; Mais où est le bébé ? Lui intervient sépare les deux femmes…il saigne…
Machinalement elle se lève, se souvient. Elle est arrivée dans sa garçonnière…Sa femme était là ; lui allongé par terre…
On frappe à la porte. On frappe à la fenêtre, une ombre apparaît.
- Excusez-moi m’dame, lieutenant Colombo, v’ z’avez pas vu ma femme ?
Lilou