La vieille dame aux souvenirs d'Anne D.
La vieille dame aux souvenirs
Depuis quelques années Marie travaillait chez une vieille dame Milly. Elle l’aidait dans son quotidien : ménage, courses….Cette femme ne parlait pas beaucoup, elle était un peu triste et aigrie et pas toujours très commode, surtout envers ceux qui s’occupaient d’elle (comme elle). Mais le pire était quand sa famille venait la voir, elle se renfermait et devenait presque méchante. Visiblement elle ne s’entendait pas du tout avec ces parents, qui pourtant ne venaient pas souvent.
La maison de cette mamie était immense et très belle, sur 2 étages et pleine de vieilleries et de photos dont celles de son mari mort il y a un an. Un jour alors que Marie faisait le ménage, Milly l’attrapa par le bras et approcha sa bouche de son oreille :
« Il faut que je vous parle, c’est urgent, vous êtes la seule en qui j’ai confiance ! Je voudrais vous donner quelque chose de précieux pour moi mais qui ne me sert plus et que je ne veux pas voir dans les mains de ma famille le jour où je décèderai elle ne le mérite pas !! »
Marie était éberluée, c’était le premier vrai contact oral et physique qu’elle avait avec cette dame et cela la surprit à tel point qu’elle ne su que dire.
La vieille dame insista « écoutez moi avec attention : allez me chercher une boîte noire avec des motifs floraux et des animaux dessus, dans le grenier vers la lucarne dans un coffre ! »
Elle s’y rendit mais ne la trouva pas.
La mamie repris ses explications impatiente : « ma famille doit passer aujourd’hui il faut faire vite ! »
Elle fini par la trouver sous un tas de choses et la lui apporta.
Milly lui expliqua, la larme à l’œil : « cette boîte appartenait à feu mon mari, il me l’a remise avant de mourir. On aurait du la transmettre à nos héritiers, mais vu les conditions cette famille d’ingrats et méchante, je préfère vous la remettre à vous, vous en aurez plus d’utilité ! Vous êtes mariée ? »
Et Marie de répondre : « j’ai quelqu’un dans ma vie et on prévoit d’avoir un enfant »
« C’est très bien. Enfin revenons-en à la boîte. Pour l’ouvrir il y a un petit trou avec un petit crochet, comme c’est cassé (car vieux) je vous recommande d’utiliser un petit bout de bois pour le faire basculer à droite pour on et à gauche pour off. Ensuite il faut appuyer une fois sur le bouton noir situé à côté pour que cela se mette en fonctionnement et une deuxième fois pour qu’il y ait du son. Dans cette boîte il y a plein de rangement secret dont 4 petits tiroirs sur chaque côté et un sous les automates. Pour ouvrir les tiroirs il y a une clé dans la boîte à leur pied que l’on ouvre en cliquant dessus puis pour le fond il faut faire tourner les automates une fois à gauche pour ouvrir et une fois à droite pour fermer ils vont s’élever pour pouvoir accéder à la dernière cachette dans celle où il y a la chose précieuse que m’a laissé mon mari et que je vous remet et si cet objet ne marche plus il y a un endroit pour mettre des piles sur le côté de la boîte ou faire fonctionner manuellement en tournant une petite manette planquée dans un coin. Vous avez compris ? Allez-y maintenant. »
Après toutes ces explications elle se trouvait gauche car elle n’avait pas tout compris et n’avait pas tout enregistré (bien que ce qu’elle avait vu l’ait éblouie de beauté !) elle eu déjà du mal pour le crochet qui ne se poussait pas …
Elle lui dit : « je n’y arrive pas. »
La dame réexpliqua mais malgré cela ce fut un échec.
La vieille dame lui dit « mais vous êtes empotées c’est moi qui devrait être gâteuse à mon âge et avec ma maladie, en plus ma tête ne fonctionne plus très bien alors que vous vous êtes dans la fleur de l’âge je ne comprends pas ! »
Sa famille arriva à ce moment là et elle lui dit « on verra ça plus tard planquez le ».
Marie fit ce qu’on lui demanda et descendit au rez-de-chaussée faire ses affaires. Dans les escaliers elle croisa la famille, qu’elle salua et eux la regardèrent avec un air hautain, froid, mesquin sans répondre, comme à l’accoutumée.
Le lendemain rebelote Milly lui dit de lui ramener la boîte et recommença encore une fois ses explications, puis une autre fois, elle en avait tellement marre qu’elle ne comprenne rien qu’elle en avait les yeux exorbités, le souffle court, les cheveux hirsutes, prête à disjoncter ! Jusqu’à ce qu’elle assimile enfin le foutu fonctionnement de cette boîte. Puis elle lui donna ce qu’il y avait à l’intérieur sous les automates : une bague en argent avec une pierre en forme de cœur et un mot : « je te lègue ces quelques écus que je tiens de mon grand père et mon cœur, avec mon amour. Tu les trouveras dans un coffre à la banque donc le code est (le code était bien sûr codé il fallait en plus le déchiffrer ce qui agaça encore notre aïeule au vue de l’incompréhension de notre jeune demoiselle, elle se demandait même si elle ne le faisait pas exprès non d’une pipe ! Tout cela pour enfin l’entendre dire qu’elle ne pouvait pas accepter c’était trop, elle n’était rien pour elle ! Et la mamie de répartir : « vous êtes bien plus que toute ma foutue famille réunie, vous êtes toujours présente » « oui mais c’est mon travail » « vous êtes patiente, gentille, vous ne comptez pas les heures, on sent que c’est plus qu’un travail pour vous, que cela vous tient à cœur de vous occupez des autres… » « Il est vrai que j’aime mon activité mais comme n’importe qu’elle autre dame de compagnie, je pense ? » « Écoutez vous n’avez pas le choix ! J’ai peu de temps devant moi prenez-le je vous en supplie vous ferez plaisir à une vieille dame et je partirai tranquille ! ».
Marie ne put refuser elle prit donc le tout et continua son travail.
Un jour, après la mort de Milly, elle alla à la banque voir ce dont elle avait hérité. Elle ouvrit avec le code qu’on lui avait remis et ce qu’elle trouva la pétrifia sur place : entouré d’écu, un bocal remplit de liquide avec un cœur (un vrai) à l’intérieur !
Anne D.
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