Célébration interrompue d'Elise.
Célébration interrompue
Je ne l’ai su que beaucoup plus tard, mais c’était bien Marie « la mariée » qui était l’auteur de ce fait malencontreux à mon égard, et qui plus est en ce jour de mariage. (Elle n’avait pas apprécié la punition infligée à Yola)
Mais revenons quelques mois en arrière.
Samedi, jour de marché comme tant d’autres, et pourtant….
Habituellement j’aime aller faire mes provisions très tôt car je déteste la foule du milieu de matinée. Seulement ce samedi là, je ne pouvais m’y rendre puisque j’étais invité au mariage d’une ancienne camarade d’école et, c’était à moi que revenait la garde des alliances. Donc je me devais d’aller chercher celles-ci avant neuf heures à la bijouterie dans la commune voisine éloignée d’une vingtaine de kilomètres tout de même.
Quel ne fût pas mon étonnement en rentrant à la maison après cette course, en ouvrant la porte du salon, de nombreux morceaux de mousse étaient éparpillés un peu partout.
Mais que c’était-il passé pendant mon absence ?
A la vue du panier vide, j’appelle ma chienne bizarre !! pas de réponse !! Avançant de quelques pas, je vois là ; l’accoudoir du canapé éventré.
- Oh !! Non pas ça !! Je constate le délit et non loin de là ; son auteur Yola recroquevillée, toute penaude avec encore de la mouse au coin de la gueule. Depuis deux ans qu’elle me tenait compagnie, bien sur elle avait occasionné quelques dégâts, mais sans gravité.
J’étais très vexée, vraiment trop vexée. Je ne pouvais accepter cela.
Depuis deux ans qu’elle me tenait compagnie, bien sur elle avait occasionné quelques dégâts, mais sans gravité.
J’étais très vexée, vraiment trop vexée. Je ne pouvais accepter cela.
Je la dispute sévèrement, ramasse une partie de cette mousse, la met en boule dans un sac plastique et lui accroche autour du cou, de manière à ce qu’elle ne puisse s’en défaire.
Je l’entraine dans le jardin, l’attache au pied du poirier avec très peu de leste en la laissant là ; à son terrible sort.
Il était temps maintenant de me préparer pour ce mariage, j’en avais que trop perdu.
Avant de partir j’appelle une amie (voisine des parents de Marie) afin de lui demander de venir veiller sur Yola le temps de la cérémonie, après quoi, je trouverai bien un moment pour me sauver ; et revenir à la maison sans que mon absence ne se remarque.
A la mairie, la pièce où l’on célébrait la noce se trouvait au premier étage, et l’on y accédait par un petit escalier de quelques marches seulement .De part et d’autre des pots en terre cuite remplis de fleurs naturelles y étaient posés. Ce qui le rendait encore plus étroit.
Pendant le discours de monsieur le Maire, calme et sérénité régnait dans la salle. Me trouvant un peu en retrait de tous ces invités, j’entrouvris l’étui en regardant les alliances, les souvenirs défilaient, je revivais de bons moments, et pensais très fort à mon défunt mari.
Je revins très vite à la réalité en entendant quelques aboiements d’abord lointains, puis bientôt tout proches, de même qu’un fracas de poterie ainsi que des chaises renversées.
Et ne voilà pas ma chienne surgir dans cette salle sous les yeux ébahis de tous ces convives, sans parler de monsieur le Maire qui, en arrêta net ; son discours.
Quant à moi, (fort mal à l’aise), je me demandais ce qu’elle faisait là ?
Comment était-elle arrivée jusqu’ici ?
Mais le temps n’était pas aux questions il me fallait faire vite pour la calmer et, par là même rassurer tout ce monde.
Malgré tout, Yola est une chienne docile, affectueuse, et obéissante, et je n’eus aucun mal à la maitriser. Après lui avoir prodigué une caresse sous le menton, « qu’elle affectionne particulièrement puisqu’elle lui est synonyme de pardon. » Je savais désormais qu’elle ne bougerait plus.
Après ce fâcheux contretemps, je vis sur les visages des futurs époux un sourire et ce petit clin d’œil qui me fit savoir qu’ils ne m’en tiendraient pas grief.
Le maire reprit là, ou il avait été interrompu puis, arriva le moment de l’union des futurs époux. Je m’avançais timidement et lui remis l’étui contenant les anneaux.
Elise.