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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 22:26

Le ciné j'y vais jamais

 

 

 

 

                                                           Jour de congé ; j'étais bien peinard sous la tonnelle, la bibine pas loin, et super beau temps avec ça ; alors, je me disais tout bas à l'oreille : "Les gosses sont tranquilles, ta femme bosse, tu vas bien profiter. Rien faire du tout pour une fois - tu vas le faire consciencieusement, et au soleil."

 

- Papa, tu nous emmènes au ciné ?

Un coup de canon m'aurait pas fait plus d'effet : mon sang n'a fait qu'un tour.

- Heu, quoi, vous êtes pas bien, là ?... j'étais sonné.

- On s'ennuie papa, on sait pas quoi faire. Les DVD on a tout vu et la télé que tu nous mets, c'est pour les bébés, pas pour nous.

- Et la Nintendo alors ?

- On a plus envie du tout, on veut aller voir Alice et le Lapin, tous les copains ils l'ont vu - c'est super !

- Le dessin animé, "Alice au pays des merveilles", c'est ça ? mais c'est un vieux machin, ça, pour dire, je l'ai vu quand j'avais votre âge, ça vous plaira pas du tout, c'est bête comme tout et...

- Oui papa, c'est celui-là, on veut le voir !

Je me suis dit "- T'auras essayé, mais là, t'es foutu, va falloir y aller."

Alors on y est allés.

 

Ça faisait une paye que j'avais pas mis le nez au ciné - j'y vais jamais, moi. J'ai de suite vu que c'était pas comme avant : le spectateur a plus un poil d'éducation, faut voir pour le croire ! Et ça tripote les téléphones dans le noir - quand t'en a pas qui sonnent (y sont là pour quoi ?...), et je te grignote ici, et là je te froisse un sac à bonbons, et je quitte pas la casquette ; on est dans une autre époque, le savoir vivre ils l'ont viré - c'est la loi nouvelle et c'est leur loi, faut supporter. Après tout, pour ce que je fais ici, allez, vivement la fin du film, fera encore beau en sortant et la bière attend au frigo. Je te les gave donc de pop-corn (il leur faut ça y parait...) et voilà que ça commence : lumière.

Sûr, quand ils font le noir, t'es comme un gosse, t'as toujours l'émotion - surtout pour celui qui saurait pas qu'il va s'enquiquiner une plombe et plus, enfin...

 

Ouais, un peu vieux le film, même "remastérisé" que c'est dit au générique... Bien vrai,  plein les feuilles la musique qui couvre les dialogues, pas de doute pour moi, c'est bien "remodernisé". Faut être avec son époque, quoi ; un mauvais moment à passer, c'est pour le gosses - la bonne cause, allez.

 

Alors, voilà t-il pas que dans les cinq minutes je t'ouvre des cocards plus grands que ceux des gosses au sapin de Décembre : j'avais dû voir ce film d'un œil imbécile ; il y du génie là dedans, et j'avais pas su le voir ! Le lapin avec sa montre qui court partout, et ces deux là qu'arrêtent pas de boire du thé, fadas à en couper les tasses en deux au couteau, comme qui coupe une pomme : dé-li-rant. Du coup j'ose pas trop me marrer devant les enfants qui, eux, s'amusent mais sans plus : un film pour les gosses, mais fait pour les adultes, je regrette pas mon après-midi ! Et tout à l'avenant, la chenille qui crache des lettres de fumée, les bouffeurs d'huîtres (pathétique, ça...), les roses peintes en rouge, la reine qui fait couper les tronches à tout va, le roi tout petit, le chat qui disparait, le procès absurde, bref : je me poile à fond - tout en me retenant de le montrer dans le sonore. Je leur ai dit que ce vieux machin qu'a plus d'un demi-siècle valait rien du tout, maintenant faut assurer : je bloque le zygomatique en position repos alors qu'il veut y aller à fond, et ça fait mal... je serre les dents - faut se comporter en père.

 

Fini le film, j'en reste pétrifié dans mon fauteuil alors que les gosses sont presque sortis.

- Alors, ça t'a plu papa, qu'elle me dit l'aînée...

- Oui, c'est amusant, j'y dis en me retenant.

- Parce que nous, on est déçus, on s'attendait pas à ça, bof.

- Oui, pas terrible qu'y dit le petit, on comprend pas ce qui leur a plu là-dedans aux copains...

- Ah, voyez, je vous l'avais dit que ça vous plairait pas, que je leur case.

- Et cette robe qu'elle porte Alice, c'est bon pour les bonnes-sœurs ça, tu as vu papa, me dit la grande.

- Vous avez raison, mais la prochaine fois, faut écouter papa, hein ?

 

On est rentrés ; j'ai retrouvé ma bière sous la tonnelle, toute inondée de la lumière d'or des derniers rayons du soleil, et je l'ai bue lentement en me remémorant les bons moments de ce sacré dessin animé ; et je me suis marré tout seul comme un fou - mon zygomatique était dans une de ces colères !

 

Je crois que je me laisserai plus facilement amener au ciné par les gosses dorénavant...

 

 

 

Jean-Claude Paillous

 

http://chansongrise.canalblog.com/

23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 18:10

Poésie en noir et blanc.


Il y en a tant de films qui me touchent !

Comment choisir ?

Depuis la Strada jusqu’à La vie est un miracle, en passant par le grand Citizen Kane, Bleu, Blanc, Rouge (surtout rouge), les moissons du futur...

En général, ceux qui me paraissent réussis, ce n’est que mon avis, sont ceux qui mêlent un excellent scénario, une photographie magique, des plans à vous couper le souffle…. Après c’est une histoire de talent entre réalisateur, techniciens, comédiens…

Mais je vais m’arrêter sur un seul, je le dois à la petite fabrique.


Je le visionne quelquefois, car tout comme je relis mes grands écrivains, je regarde mes grands films, on ne voit jamais tout à fait le même comme on ne relit jamais tout à fait le même livre.


Celui-ci se passe à Berlin, avant la réunification. Images noires et blanches, monde coupé en deux. Des Anges tentent de veiller sur des humains. Ils vont de l’un à l’autre, entendent leurs monologues intérieures, posent sur leurs épaules une main rassurante qui souvent ne suffit pas. Seuls les enfants les aperçoivent. « Quand l’enfant était un enfant…. ». Ainsi commence le film.

Et nous restons avec deux d’entre eux. Damiel et Cassiel. Damiel est tenté par la vie terrestre, il est las de naviguer entre les humains sans pouvoir agir contre leurs souffrances. Il est d’autant plus attiré qu’il a rencontré une trapéziste. Pour la première fois il est amoureux. Mais le chemin est long avant de choisir le monde des mortels.

C’est un beau voyage dans lequel nous entraîne Wim Wenders, aidé pour le scénario par Peter Handke, un beau voyage entre ces deux mondes, celui des vivants et celui des anges, et en filigrane entre celui de Berlin Est, et Berlin ouest. Du noir et blanc, des panoramiques de la ville absolument fabuleux, un vieux monsieur qui hante la grande bibliothèque avec tant de questions sur la vie, sur son sens, des ruines parfois, le mur. Une rencontre avec un acteur très connu qui joue son rôle d’acteur : Peter Falk, le fameux Colombo, venu tourner un film de guerre, nous traversons aussi cette ambiance de cinéma, avec les chapeaux à choisir, les décors, les figurants que Falk croque au fusain. Et Falk serre la main de Damiel,  une main qu’il tend, il le sent… « je sais que tu es là, compañero».

Ceux qui l’ont vu connaissent les couleurs de Berlin à la fin du film.


Damiel (joué par Bruno Ganz) m’émeut toujours, et la dernière scène est d’une grande sensibilité, magnifique de douceur, de légèreté et de beauté,  les ailes du désir.


 

Polly

l'écrit conjuré

11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 21:15

Premier film

 

Ce fut probablement le premier, je devais avoir 5 ans, guère plus, il m’a marqué pour longtemps, très longtemps… Au dernier Noël, je me le suis offert, comme une petite madeleine de Proust, réveillant un souvenir tenace qui s’était envolé, dans le ciel, avec un ballon rouge emportant la tristesse d’un petit garçon dont il était l'unique ami...

 

Je l’ai redécouvert tout étonnée qu’il fut quasiment muet, et si révélateur de la personnalité de chacun des acteurs. J’avais oublié qu’il fallût qu’il disparaisse, et que d’autres ballons viennent à la rescousse du petit garçon…

 

C’était un ballon, un simple ballon, il était rouge… Si, par hasard, vous le rencontriez, dites-lui que je ne l’ai pas oublié.

 

ABC

 

http://detente-en-poesie.over-blog.com

 

11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 08:55

Cinéma !

Dans mes bonnes résolutions de la nouvelle année, j'avais dit un film par mois. J'ai beaucoup aimé ceux que j'ai vus, mais ce n'est pas ces films que je voudrais évoquer, qu'en restera-t-il dans dix ans, dans quatorze ans ?

Celui qui nous intéresse m'a marquée sur le moment comme un très bon bouquin dificile à quitter. Hélas les images passent. Ce qu'il m'en reste, ce sont des impressions, des flashes, des sensations.

Vous l'avez deviné, je ne vous dévoilerai rien de ce film hong kongais, ni son titre, ni le nom de son metteur en scène, ni ceux de ses deux acteurs principaux.

 

L'histoire : bof ! un homme une femme.

La pluie : elle n'est pas froide, mais elle tombe dru presque tout le long du film, elle colle à la peau.

Le décor : rue, couloir, appartement, chambre.

Les costumes : robes éclatantes de couleur, même coupe, même longueur, on croirait qu'il y en a une par plan, un simple costume pour lui pour le contraste.

La mise en scène : horlogerie

Les acteurs : d'humeur amoureuse :

- Elle : sa minceur, sa démarche, ses mains le long de ses jambes, ses pantoufles, son regard parfois perdu.

- Lui : son silence, ses questions, son regard sur elle, ses espoirs.

- Les autres : rien à dire ! Comprennent rien !

La pluie : (je sais, j'ai déjà dit) ruisselante, le parapluie joue un rôle, mais n'empêche pas l'eau de couler sur les joues comme des larmes, elle lave aussi, elle crée la tension comme les couleurs, les lumières et tous les non dits.

Les dialogues : je ne sais plus.

 

Finalement beaucoup de choses reviennent : érotisme, toile de maître ? Tout est retenu, sous-entendu, discret et fort. Avons-nous tous vu le même film ? Surement pas, mais je suis certaine que comme moi, vous n'avez pas oublié !

J'ai donné des indices, à vous de trouver le titre du film !

 

Pasfrévin

http://lesvoyagesdedamemarmotte.over-blog.com/

 

8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 11:48

Coucou à toi mon lecteur préféré !

 

Comme je sais que tu travailles trop et que tu n’as pas beaucoup de temps pour te distraire je vais te parler d’un film que je suis allée voir, qui s’appelle « Her » et que j’ai beaucoup aimé.

 

Après m’avoir lu, tu me diras si j’ai réussi à te faire partager mon enthousiasme, ce qui, tu le sais bien est mon plus cher désir !

 

Je te résume l’intrigue, le pitch, comme on dit :

Aux USA un homme, après une rupture amoureuse, achète un programme informatique ultra performant et clairvoyant.

Cet outil est non seulement doté d’une voix féminine hyper sensuelle mais il est aussi très perspicace et sait très bien s’adapter au moindre désir de son acquéreur qui, bien entendu en devient dépendant. Il ne se doute pas qu’il est bien loin d’être le seul.

Je te laisse deviner la suite…

 

Les points forts de ce film :

- C’est de la science-fiction, mais c’est très proche de ce que nous vivons aujourd’hui où nous sommes tous, ou presque, hyper connectés.

 

- L’acteur principal, Joaquin Phoenix est beau et attachant, il n’a pas l’air idiot et pourtant…

 

-

 

Les points faibles :

- C’est dommage que ce film n’ait pas été réalisé par un Français car la fin est trop, vraiment trop américaine : ça finit bien, c’est leur fameux « happy end » beaucoup trop prévisible : les deux déçus du monde virtuel se retrouvent …

 

Poupsan

http://poupecris.over-blog.com/

 

3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 16:20

Cinéma

 

C'est le printemps et il n'est plus vraiment temps de nous enfermer dans les salles sombres... mais, après tout, nous avons aussi des jours de pluie, même si nous espérons tous qu'ils seront peu nombreux.

Certains vont très peu au cinéma... Je vais donc vous proposer de vous y rendre et de parler de votre film préféré.

Vous pouvez le raconter à un(e) ami(e), ou récrirel'une des scènes ou la fin de l'un d'entre eux, à votre convenance.

Je pense que nous avons tous un film qui nous a marqué, quelles qu'en soient les raisons.

Imaginez que vous soyez son réalisateur, ou l'un des spectateurs qui ont assisté à sa première séance. C'est comme vous voulez. L'important, c'est comme toujours de partager vos émotions, et de vous faire plaisir en le faisant.

 

Merci et très bon mois de mai à tous.

 

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