Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 07:29

La première partie ICI

 

Le monde çà la baguette 2

 

 

Grâce aux lecteurs d’Azacamopol la magie avait opérée. Le souhait de la fée Aglaé avait fait mille et mille rebonds dans le monde entier. De Romoranthin-Lanthenay à Madrid, Londres, Djakarta, Tokyo, Rome … oui Rome.

Cependant la fée s’impatientait, tapait du pied, mâchonnait des timbres, maculait une feuille vierge  de coup de tampons. Il faillait bien l’avouer, tout le bureau de poste s’inquiétait. L’idée miracle ne venait pas et doucement l’espoir s’amenuisait.
Il y avait bien là des gens pleins de bonne volonté, mais sans cette satanée baguette la planète aurait bientôt  la taille d’un vulgaire timbre poste !
La tension était palpable, on entendait les mouches voler et même le soleil hésitait à aller se coucher. Lorsque tout à coup la sonnerie du téléphone retentit.

« Bureau de poste du Loir-et –Cher, bonjouuuuur ? », «  Oui, mon bon Monsieur, c’est bien là, ne quittez pas je vous la passe ». Fée Aglaé, c’est pour vous ! Un certain François …

-          Oui Allô ?

-          Allô !!! c’est bien vous la Fée Aglaé ?! Mais enfin, qu’est-ce qu’il vous a pris ?!!

-          Mais bon sang qui êtes-vous ? Vous vous prenez pour qui ?! Le pape ?!!!

-          Oui et pas qu’un peu !

-          Ah, pardon …j’vous avais pas …

-          Passons !!! Passons !!! Que s’est-il passé ? On ne parle plus que de vous. Votre message a atterri sur le site du Saint Siège et la nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre dans tout le Vatican ! Avec tout ce raffut vous pensez bien que le Boss est au courant !

-          Il n’a pas trop râlé j’espère ! Sinon, je  peux dire adieu à mes points miracle !

-          Râler, non, pas vraiment mais négocier, oui !

-          Eh bien alors ?! Vous avez trouvé une solution ?

-          Ah ça oui ! IL a trouvé UNE solution !

 Il faut dire que Dieu n’était pas le seul à avoir ses petites faiblesses … le Pape aussi. Il avait, comment dire, un fort penchant, non… n’ayons pas peur des mots, une réelle addiction pour les férules papales.  Il en collectionnait de toutes sortes. La nuit il lui arrivait de se lever et de filer en catimini dans une pièce dont lui seul avait la clé ! Là, il pouvait les admirer des heures entières, les yeux brillants et ronds comme des billes. Il lui suffisait de les frôler pour retrouver son âme d’enfant. « Ooh, celle-ci toute en argent sculptée de chez Manfrini & Scorzelli, une  merveeeille ! Et celle-là ! Toute de bois et de bronze vêtue de chez Lauri , quelle beauté !

-          Eh bien, répliqua la fée, annoncez donc !

-          Il a échangé votre fichue baguette contre ma férule papale préférée !

-          Je ne comprends pas ….

-          Dites surtout que vous ne réalisez pas l’importance ! Vous savez bien qu’on ne peut rien lui cacher ! Il a déniché dans ma collection la plus ancienne et la plus précieuses de mes férules papales, tout en os sculpté.  J’ai bien tenté de la dissimuler sous mon aube, mais il voit tout !  C’est agaçant ! Bref, la baguette est déjà partie direction le bureau du poste du Loire -et Cher, vous la recevrez avant la tombée de la nuit, cachet de la poste faisant foi bien entendu.

-          Oh, mille fois merci mon cher François ! si un jour je peux vous rendre service, n’hésitez pas !

-          …quand même un peu….

-          Mais dites-moi, cette férule, elle ne serait pas en  de os de mammouth par hasard ?

-          Par Saint Augustin ! Vous savez bien des choses ! 

La fée s’esclaffa ! Elle riait à plein poumons.

-          Je comprends mieux maintenant ! Dieu adore l’os de mammouth qu’il collectionne sous toutes ses formes. Je le reconnais bien là !

-          Je savais qu’on avait des points communs, mais à ce point !

Le pape en resta ébahi.

Et c’est ainsi que la fée Aglaé, fière comme Artaban, sauva notre belle boule bleue. Tout était enfin prêt. Sa poudre de paillettes, son livre de magie et sa baguette. Madame comète n’a qu’à bien se tenir !

Mais dans le fond, si on regarde de plus près, était-ce cette fameuse baguette le véritable oubli ? Dieu n’aurait-il pas oublié lui-même lors de son passage sur terre un joli objet en os de mammouth ? Tout peut arriver lors d’une soirée bien arrosée, qui sait …

 

 


Carole S.

 

 

 

 

 

 

20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 13:57

la première partie: ICI

 

Astéroïde dévié

 

Les muses d’Azacamopol ne sont plus joignables, car trop de textes à corriger, trop de mise en pages pour la prochaine anthologie….

Ne t’en fait pas Aglaé, je vais t’aider Je connais quelqu’un de notre trempe et passionné par le système planétaire. D’ailleurs il n’habite

nulle-part et est toujours entre deux planètes…..

Enfourchons mon balai mandragore et partons à sa recherche.

 

Bonjour, Lérien

Bonjour Dolusine que me vaut ta visite ?

Eh bien voilà :(j’expose rapidement le problème d’Aglaé)

Ouah !! Là !! Je vois, elle est en bien mauvaise posture ta petite fée coquette .On va régler cela au plus vite…

Aglaé me lance un regard interrogateur, je lui réponds par un sourire.

Ils nous invitent à monter à bord de sa machine astrale et en quelques minutes nous voilà téléportés à un endroit stratégique de la planète bleue.

Le temps pour lui de programmer et mettre en place un « bouclier d’énergie » afin d’éviter un impact cosmique au moment où l’astéroïde vexée s’approchera de la croûte terrestre.

Il n’y a plus qu’à attendre Nos respirations étaient comme suspendues…

Dans quelques instants, non pas, de la baguette d’Aglaé mais bien le plan de ce personnage allait livrer sa magie.

Boum !! Boum !!Une secousse, une dance endiablée des étoiles nous fit savoir que l’astéroïde attendue n’était plus très loin.

Une autre secousse, plus forte celle-là ; un rejet de la planète bleue contre celle-ci et malgré tout, une ténacité féroce semblait l’habiter.

A nouveau, un choc violent suivit d’une grande poussière d’étoiles.

Nos regards se croisent puis vont en direction de Lérien et de sa machine.une formule * ð  // ¬ / ±! S’inscrit sur l’écran, et là, au même instant nous voyons l’astéroïde descendre à une allure vertigineuse, puis remonter tout aussi vite à notre hauteur pour finalement se faire emporter à des milliers de kilomètres dans cette voûte céleste.

A nouveau sur l’écran une retranscription d’un graphique incompréhensible pour nous deux .Lérien nous fit savoir que le vilain astéroïde n’allait pas réapparaitre de si tôt.

Pris d’un éclat de rire, et se tournant vers Aglaé il lui dit :

-Au fait, cette baguette aurait-elle eu une portée assez longue ? Voilà une occasion de réclamer dans vos protestations une baguette télescopique et pourquoi pas en os de mammouth !!!!

 

Fin de cette mission et ce, dans un fou-rire communicatif.


Elise.

17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 11:29

 

Des voyageurs imprudents

 

première  partie  ici

 

 

Au loin, dans le rouge sanglant du jour qui sortait de ses brumes, un chœur de cloches joyeuses tinta et je reconnus l’appel de l’angélus. Nous étions proches d’un village, d’un monastère peut-être. Dans ce cas pourquoi notre cocher n’avait-il pas poursuivi sa route plutôt que de nous contraindre à attendre dans ce sinistre bourbier ? Sans doute voulait-il faire profiter son cousin de quelques pièces. J’entrais donc comme on entre dans un rêve malsain. Quelque chose me disait de m’enfuir mais mes jambes étaient nouées par quelque malédiction dont je ne savais rien.


La pièce dans laquelle nous entrâmes nous surprit tous agréablement. Elle était spacieuse, propre et bien tenue. Quelques chandeliers d’argent l’éclairaient suffisamment pour que nous puissions apprécier le luisant des meubles. Sur  les murs blanchis à la chaux des cuivres brillaient doucement se renvoyant toute une mosaïque de couleurs chatoyantes. Aux fenêtres, de pimpants rideaux de dentelle apportaient une note de fraîcheur champêtre. Près de la cheminée, une vieille femme somnolait dans un fauteuil à oreillettes. Ses épaules étaient entourées d’un de ces châles en cachemire alors très en vogue auprès des élégantes.


Au centre, une belle table en chêne dont le plateau et les pieds étaient sculptés de créatures marines semblait avoir été dressée pour nous. Sur une nappe de lin écru nous attendaient quelques terrines odorantes, du pain frais, de beaux fromages bien crémeux et des pichets de vin.


D’un geste de seigneur, le « Polyte » nous invita à nous asseoir  puis il chuchota quelque chose à l’oreille de notre infortuné compagnon. Ce dernier acquiesça de la tête, visiblement soulagé. Il lui avait probablement proposé de se changer avant de partager avec nous cette plantureuse collation. C’est alors qu’une petite voix se mit à me chanter une sinistre comptine qui raconte comment tous les convives d’un repas disparaissent, attirés à tour de rôle hors de la maison par un hôte qui veut les dépouiller. Décidément il fallait que je me calme, que je m’assoie, que je me restaure sans plus penser à toutes ces fables horribles qui me gâtaient l’esprit. Pourtant le « Polyte » demanda bientôt si quelqu’un pouvait aller prêter main forte au cocher car une des roues avait été endommagée pendant le voyage. Un grand paysan au dos large se leva sans se faire prier et sortit après avoir enfourné une épaisse tranche de pâté.


Nous étions huit et nous n’étions plus que six . Quel serait le suivant ? J’en étais sûr maintenant. Tout ce luxe discret dans une aussi pauvre masure ne pouvait signifier qu’une seule chose : le cocher nous avait emmenés dans le repaire d’une bande de brigands dans le seul but de nous détrousser en nous éliminant les uns après les autres. Autour de moi, les trois autres continuaient pourtant à ripailler sans se soucier de leurs deux compagnons qui n’étaient pas revenus. Comment les alerter ? C’était peine perdue, je savais qu’après l’aventure de cette nuit, ils me riraient au nez !


C’est alors qu’entra un très bel enfant blond d’une douzaine d’années qu’on eut dit sorti tout droit d’un tableau de Greuze. Il ôta son chapeau pour nous saluer de façon fort élégante et le geste qu’il fit en soulevant son bras découvrit un instant sa gorge où j’entrevis dans un éclair la statuette de l’Archange que j’avais égarée. Ainsi, le sac de la berline avait-il déjà commencé. Combien étaient-ils dehors et comment allions nous finir ?

 

Sans plus se préoccuper de nous, le garçon sortit de sa veste un journal que je reconnus aussitôt puis il alla s’asseoir près de la vieille femme qu’il réveilla doucement. Quand elle l’aperçut, ses yeux pétillèrent de joie. Elle se frotta les mains avec gourmandise tout en se redressant dans son fauteuil. Le garçon ouvrit la Gazette et se mit à lui lire ma dernière chronique, celle qui racontait comment ayant passé la nuit dans le cimetière de Saint-Martin-des-Champs, j’y avais rencontré le fantôme d’un prêtre mort depuis plus de cent ans et qui m’avait demandé de servir la messe dans une petite chapelle où il était condamné à revenir tous les ans pour espérer enfin gagner les cieux.


Pendant qu’il lisait, mon cerveau enfiévré qui brassait en tous sens une foule de projets délirants, se recentra soudain et  me souffla enfin une idée. Peut-être était-ce la proximité de ma statuette porte-bonheur qui me rendait à nouveau inventif. J’attendis la fin de l’histoire pour m’approcher calmement de la cheminée puis je m’adressais à la vieille femme d’un air enjoué :

-         Je vois que vous aimez mes histoires grand-mère !

-         Vos histoires ? S’étonna le garçon.

-         Mais oui jeune homme, mes histoires,  car vous avez devant vous le très célèbre Aristide Maupin dis-je en bombant le torse.

-         Et tout ce que vous racontez dans la Gazette est vrai ?

-         Et pardi mon garçon, bien sûr que c’est vrai.

-         Mais pourquoi est-ce que moi, je n’ai jamais rencontré aucune de ces créatures  que vous décrivez. Je parcours pourtant la campagne et les bois en tous sens et tout autant que vous.

-         Peut-être es-tu trop jeune et peut-être que tu ne sais pas leur parler. Vois-tu, il faut les mettre en confiance, connaître les bonnes formules, les endroits qui leur conviennent, leurs habitudes aussi.

L’enfant était songeur. Je venais d’appâter le poisson, il me fallait maintenant le ferrer en avançant un autre pion.

-         Mais dis-moi tentais-je en voyant que l’aïeule s’était rendormie, ta grand-mère a bien dû te conter quelques histoires qui se seraient passées dans les environs. Si je les connaissais, je pourrais te donner quelques conseils !

 

-         Vraiment Messire ? C’est que par ici, nous sommes gâtés lâcha-t-il à l’étourdi ! Il y a l’histoire de la Grotte des Sarrasins, celle du Pas du Diable qui raconte la bataille entre le Diable et l’Archange Saint Michel, celle des corbeaux de la cascade et puis la légende de la Fosse Arthour…

Ainsi nous n’étions pas loin de Mortain et la cloche que j’avais entendue tout à l’heure était peut-être celle de l’Abbaye Blanche. Il me fallait avancer un nouveau pion.

-         De très belles légendes c’est vrai. J’aime beaucoup celle du roi Arthur et de la reine Guenièvre prisonniers à jamais dans leur grotte derrière les cascades mais sais-tu que parfois l’enchanteur Merlin a le pouvoir de les libérer  en jouant de sa harpe magique ?

-         Une harpe magique ?

-         Oui, c’est une harpe que l’on peut voir parfois sur une pierre plate tout près de la cascade. De plus elle exauce dit-on les vœux de ceux qui ont la chance de l’apercevoir.

Les yeux de l’enfant se mirent à briller comme des agates.

-         Et connaissez-vous l’emplacement de cette pierre plate ?

-         Pour sûr mon garçon que je le connais !

-         Pourriez-vous m’y mener ?

-         Eh bien…. il faudrait pour cela que nous ne soyons pas trop loin de Mortain. Je crois que nous n’allons pas tarder à repartir et je ne voudrais pas faire attendre mes compagnons.

Il me sourit alors avec tristesse et dit dans un murmure :

-         Ne vous tracassez donc pas pour cela Messire, on vous attendra. Il faut seulement que nous sortions d’ici sans nous faire remarquer, le Polyte n’aime pas me voir traîner sur les routes et m’a ordonné de rester ici. Tenez, le voilà qui va dans la souillarde, profitons-en, vite suivez moi.


Il me désigna alors une porte dérobée astucieusement dissimulée derrière la cheminée. Elle menait directement à une écurie fort sombre dans laquelle se tenaient trois chevaux tout harnachés. Leurs sabots étaient entourés de chiffons sans doute pour étouffer le bruit de leurs pas. Ces malandrins pensaient vraiment à tout ! Sans faire le moindre bruit il sortit un grand hongre roux que nous enfourchâmes tous deux puis il me guida de façon magistrale vers Mortain en empruntant quantité de sentiers détournés à travers bois, landes et prairies. Malgré la peur et l’excitation qui ne cessaient de grandir en moi, j’admirais l’habileté de cet enfant, sa grâce, son ingéniosité et remerciais le ciel d’avoir préservé sa naïveté. Mais je pensais aussi à mes compagnons lâchement abandonnés et tentais de garder en mémoire tous les indices de la route qui me permettraient de retrouver cette auberge maudite.


Quand nous fûmes enfin à l’entrée de la gorge, je lui dis qu’il fallait s’enfoncer un peu dans les bois tout en suivant la Cance. C’était une journée de printemps magnifique et tout autour de nous, de petites feuilles se déployaient tendrement dans une débauche de verts. Mais moi, je ne voyais rien. Il me fallait à tout prix trouver une pierre plate. Bien sûr, j’aurais pu laisser là le pauvre enfant et repartir à bride abattue vers Mortain mais je voulais récupérer en douceur ma chère statuette.


Soudain, je vis de l’autre côté de la rivière ce que je cherchais, une très belle dalle de granit verdâtre au-dessus de laquelle deux grands arbres inondés de lumière faisaient comme une arche protectrice. Je demandai au garçon de descendre du cheval et de se tenir à distance, dissimulé derrière un rocher pendant que je prononcerais la formule magique censée faire apparaître la harpe. Je me mis alors à bredouiller une sorte de litanie en latin de cuisine puis me frappai le front comme pris d’une inspiration subite !


-    Mais que je suis donc sot, cela ne peut fonctionner que si je tiens dans ma main une statuette de l’Archange pour écarter les forces maléfiques et voilà que je l’ai oubliée chez moi ! Comment faire ?


Bien entendu le pauvre enfant me dit ingénument qu’il en avait une et me la tendit avec un pauvre petit sourire plein de honte. Une fois la précieuse statuette dans ma poche, je recommençai à dire la fausse litanie et tout en invitant le garçon à la réciter avec moi, je fis faire demi-tour à mon cheval et partis  au grand galop vers Mortain où j’informai aussitôt la gendarmerie de ma mésaventure en les priant de faire au plus vite pour tenter de retrouver vivants mes malheureux compagnons.


Trois jours plus tard on put lire dans la Gazette comment grâce au très célèbre Aristide Maupin une bande de dangereux brigands qui écumaient depuis quelques temps toute la région avait été arrêtée. Par chance aucun de mes compagnons n’était mort. On les retrouva ligotés dans une grange où les malfrats leur avait un peu chauffé les pieds pour les forcer à révéler leurs adresses respectives et surtout où ils cachaient leurs pièces d’or.

 

Quant à moi, je cessai de courir la campagne à la recherche de toutes ces créatures du Diable. J’avais eu trop peur. À trop courir après le Mal on finit par le trouver. Aussi m’étais-je reconverti en chroniqueur artistique. Désormais je ne recherchai plus que les jolies choses, celles qui apportent la paix aux âmes et je visitai pour mes lecteurs les plus beaux sites de la planète.


Pendant longtemps, le beau visage de l’enfant blond que j’avais abandonné tout près de la cascade me hanta. Je n’avais pas parlé de lui aux gendarmes. En m’attribuant à moi seul le succès de mon évasion, j’avais voulu le protéger mais qu’était-il devenu alors que toute la bande avait été arrêtée. Plusieurs fois j’étais revenu au pied de la cascade espérant le retrouver mais bien sûr, je n’y trouvai personne.


Ce n’est qu’au soir de ma vie, alors que je me rendais sans doute pour la dernière fois à l’abbaye de Mortain que j’eus le fin mot de l’histoire. Je ne sais quel obscur pressentiment me poussa à demander un prêtre pour confesser ce qui me hantait depuis si longtemps et que je n’avais jamais osé avouer à personne. On me dépêcha un moine dont je ne vis pas le visage car il était dissimulé par une grande capuche blanche. Il m’invita à m’asseoir à ses côtés et il écouta toute ma confession sans dire un seul mot. À la fin, il se leva, me prit les mains et me dit moitié riant, moitié pleurant :


-    Ne soyez plus triste mon frère car vous m’avez sauvé la vie. Après votre départ, je vous en ai voulu naturellement mais plutôt que de chercher à retrouver le Polyte et sa bande qui me faisaient très peur, je me suis dirigé vers l’abbaye. Là, après avoir conté mon histoire, les moines m’accueillirent comme si j’étais leur propre enfant. Ils m’éduquèrent et bien qu’ils m’aient laissé libre de mes choix, je n’en suis jamais reparti. Vous voyez, la harpe de Merlin a réalisé mon vœu, celui de me trouver une vraie famille car tout comme Oliver Twist, je n’étais qu’un orphelin recueilli par une bande de malfrats qui m’obligeaient à commettre des actions qui me répugnaient.


-         La harpe de Merlin, m’écriai-je !  Elle existe donc ?

-         Mais naturellement qu’elle existe mon frère, en douteriez-vous ?


FIN

 

 

Azalaïs

 

http://marge-ougreve.eklablog.com/

 

10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 18:38

la première partie: ICI

 

Qu'est-ce que tu as?

 

 

Voilà, elle est finie, je suis assez contente de moi, elle tombe bien, je ne pensais pas adapter aussi bien ce modèle de robe à ma petite, c'est encourageant, je recommencerai...

C'est l'heure du marché, il fait beau, on va y aller toutes les deux habillées pareil et on va voir ce qu'en disent les voisines. Elle n'a pas l'air très en forme ma petite aujourd’hui, elle qui habituellement sautille et gambade partout devant moi, non, elle n'a pas de fièvre, allez on y va. Elle n'a pas oublié son petit panier bleu, on passe devant la boite aux lettres, je n'attends rien d'urgent, on prendra ça au retour. On remonte la minuscule rue Rouget de Lisle et on arrive sur le boulevard Victor Hugo, beaucoup de commerçants au marché aujourd'hui, mais qu'est-ce qu'elle fait sans arrêt dans mes jambes ? On nous fait des compliments sur notre nouvelle tenue, mais aujourd’hui elle n'y est absolument pas sensible, elle boude ?

Qu'est-ce que tu as ?

Bon ça passera, c'est un petit caprice.

Assez papoté, j'ai ce qu'il me faut, on rentre ! Elle est pressée de rentrer, elle aime venir au marché pourtant, je n'y comprends rien. On redescend la rue Rouget de Lisle, on arrive à la porte de l'immeuble et la voilà qui court jusque chez nous sans s'arrêter au courrier -c'est elle qui le porte le plus souvent- je la rejoins et elle est en larmes : Qu'est-ce que tu as ? J'ouvre la porte et elle se précipite à l'intérieur en jetant son petit panier bleu : « Tu as oublié de mettre ma culotte ! »

Je suis perplexe, comment ai-je pu faire une chose pareille ?

Viens, on va voir ça. Je la prends dans mes bras pour la consoler avant de vérifier : regarde, je t'ai mis celle qu'on a acheté jeudi dernier, tu ne te rappelles pas ? Elle est en nylon, toute légère et très fine, c'est pour ça que tu ne la sens pas, regarde dans la glace comme elle te va bien, elle a même un petit volant derrière pour faire gonfler un peu la robe qui tourne !

Là, c'est fini, ne pleure plus, viens on va faire cuire la ratatouille et on oubliera tout ça.

La journée se passe tranquillement, elle coud et je joue avec des bouts de tissus que je ramasse par terre, je demande si je peux les couper, je ramasse aussi les épingles avec l'aimant, j'adore ça !

Dix-neuf heures, il faut allumer un peu le chauffage, ce printemps est un peu frisquet. Elle prépare la soupe de légumes en écoutant la radio, on dîne toutes les deux en parlant de papa qui doit penser à nous et c'est l'heure d'aller au lit.

Le lendemain matin, je cherche mon petit panier bleu. Elle me dit que je l'ai jeté dans un coin hier matin parce que j'étais très en colère.

Je retrouve ce qui reste de mon panier sur le tuyau d'évacuation du chauffage au gaz, fondu, dégoulinant, difforme et pitoyable.

Depuis ce jour, je ne supporte pas que l'on s'en prenne aux objets lorsqu'on est en colère : il ne faut s'en prendre qu'à soi-même !

 


5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 17:48

la première partie ICI

 

Rien n'est irréparable...


[Vous savez, ce qu'il a le plus aimé, mon fils, dans votre livre c'est la chute.]

 

- La chute, ah bon !

Dans son cerveau ça bouillonne. Chute, culbute, ruine, déclin, crash, effondrement, cascade, cataracte...

- Vous ne vous sentez pas bien, lui demande la Maman de Jérémy.

- Si, si, j'imaginais déjà...

- Mais vous êtes tout pâle, vous tremblez.

C'est vrai, il a l'impression qu'il va tomber dans les pommes. Pourquoi fallait-il qu'elle lui parle de la chute du livre ! Pour lui, en ce moment même, c'est la catastrophe totale.

Alors, un peu pris de court, il décide de ruser.

Faisant mine de réfléchir, il inspire longuement puis :

- Vous avez bien dit la chute ? Mais qu'est-ce qui lui a plu exactement à votre fils ?

Il reprenait doucement confiance en lui, ses mains cessèrent de trembler, il recommença à respirer normalement.

- Vous savez, moi je n'ai pas lu votre livre, mais il me semble, qu'il m'a dit, en substance, que pour une fois, on ne pouvait absolument pas deviner ce qui allait se passer. Je crois que c'est pour cette raison là, qu'il a tant aimé votre livre.

- Il cru défaillir, alors il se mit à cogiter très fort, ne trouvant rien de plus à ajouter, il salua la dame et s'adressa au lecteur suivant.

Après une dizaine de dédicaces, l'incident était presque oublié, quand un jeune homme se présenta devant lui.


- Bonsoir, je suis ravi de vous rencontrer car j'ai adoré votre bouquin. Malgré ses quatre cent pages je l'ai dévoré en deux jours ! Mais me permettrez-vous une question ?

Un peu inquiet, mais il lui fallait jouer le jeu, alors il accepta.

- Pourquoi n'avoir pas tué votre héroïne à la fin, vous ne trouvez pas qu'elle a assez souffert comme ça ?

Un grand sourire illumine son visage, ça y est, il se souvient, mais bien sûr, il ne l'a pas tuée car...

- C'est une bonne question mais je garde la réponse pour moi, désolé ! Bonne soirée !

 

 

Poupsan


poupecrit

3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 17:30

Première partie: ICI

 


ENFIN,  VOICI LE DISCOURS ….

DE  CE QUE J’AURAIS PU DIRE  !

 


 
Il y avait de quoi s’arracher les cheveux !
Mon discours avait cependant  été bien peaufiné..
Je l’avais appris presque par cœur.. Enfin presque !
Malheureusement,   incapable de remettre la main sur  les maudits feuillets mis en page par cette idiote de jeune secrétaire  et qui n’en a  pas pris de double… dont la femme de ménage, en  personne  soigneuse et rangée, pour ne pas faire désordre sur le bureau,  a mis aussitôt à la poubelle .. !
Je me pose des questions.. ne serait-ce pas  cela  le genre de « peau de banane » dont  mon grand père me parlait.. et dont il me disait qu’il fallait que je me méfie ?
 Allons, je dois avancer mais devant mon « marocain » vide je suis de plus en plus nerveux !
Pour une première approche en tant que jeune  leader de ce nouveau groupe, cela ne fait pas très sérieux ! J’ai beau tenter de me remémorer ce discours que j’avais appris cependant  par cœur aucun mot ne se suit.. tout arrive  en vrac.. et il faut que je démêle !!
Vous parlez d’une situation.. Elle est belle et bien compromise !

Soyons clair,  récapitulons :

Monsieur le Député, Monsieur le Conseiller général, Mesdames, Messieurs, chers amis !

Si je suis là devant vous, c’est que ma loyauté, mon sérieux, ma jeunesse  ont  conquis les leaders de notre nouveau  groupe.. RAF  (rien à foutre)
Ils m’ont donnés  toute leur confiance.. J’en suis très honoré et ferai tout pour ne pas décevoir. Je suis la personne qu’il vous faut. Je suis  certain que vous serez étonné devant mon idéalisme,  mes idées d’avant-garde.
Je suis un travailleur acharné, consciencieux, ponctuel, fidèle.
 Ma mémoire  ne me fait jamais défaut, je me souviens du moindre détail.   Je sais remettre en place dans un conteste actuel ce qui a été prononcé par l’opposition quelques années plus tôt. J’ai les dents longues et souhaite vous apporter toutes les solutions à vos problèmes.
Demain, je vous promets une vie meilleure, demain,  si vous votez pour moi bien entendu, vous réaliserez des bénéfices surprenants.   Demain,  le monde entier nous regardera avec envie, devant nos usines ré ouvertes et les travailleurs à leur poste,  demain plus de corruption, ni de promesses non tenues.
 Demain les coiffeurs…….. non c’est un peu trop quand même !!
Enfin je verrai bien selon l’ambiance... je finirai par une touche de  pommade quelconque… !

 

 

M’mamzelle Jeanne


http://endirectdechezmoi.over-Blog.com

3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:31

 

première partie: ICI

 

L’atelier du photographe
(second tableau)

 

Le rideau est tombé tandis que la lumière revient dans la salle. Les spectateurs se demandent s’il y a ou non un entracte. Ils sont indécis. Doivent-ils ou non quitter leur siège et essayer de trouver dans le théâtre de quoi se restaurer ? Il est trop tôt et ils sont un peu déçus de la brièveté de ce qu’ils pensent être un premier acte.

Au moment précis où certains se lèvent, un énorme bruit les fige. Que se passe-t-il ? On aurait cru un coup de tonnerre, ou plutôt le résultat de la maladresse de déménageurs dans un escalier. Le silence qui suit est pesant. Qui est mort dans cette aventure ?

Les luminaires s’éteignent en même temps que le rideau s’ouvre.

Sur scène, l’homme gît à terre, dans une posture étrange. La femme est penchée sur lui et tâte son cou pour y chercher un signe de vie.

 

– Ouf ! J’ai bien cru que je l’avais tué !

 

Ouf de soulagement aussi dans la salle… tous les spectateurs avaient retenu leur souffle en même temps.

 

– Mais aussi… Qu’avait-il besoin de vouloir me montrer sa force ? Incroyables hommes qui pensent toujours qu’on ne pourra pas se défendre, ou mal…

 

L’homme ouvre les yeux. Son visage est tourné vers la salle. Il écarquille les yeux, ouvre la bouche et essaie de se relever sans y parvenir.

 

– Mais que m’avez-vous fait ?

– Rien !

– Mais encore ? Je ne peux plus bouger !

– Ça… Je n’y peux rien. C’est votre faute ! Il ne fallait pas m’attaquer !

– Je n’ai pas…

– Si ! Et nous avons ici tant de témoins que vous ne pourrez même pas porter plainte. D’ailleurs, je vous le déconseille. Je n’ai fait que me défendre…

– Mais…

– Oui, bien sûr, vous ne saviez pas que j’étais ceinture noire 3e dan de Karaté. Je peux encore m’améliorer… Vous aussi !

– Moi ? Mais je ne vois pas du tout à quoi vous faites allusion…

 

Elle s’assoit sur le sol près de lui et repousse – presque tendrement – la mèche de cheveux qui lui barrait le front.

 

– Comme j’ai un peu de temps avant que vous ne retrouviez le plein usage de vos membres, je vais vous expliquer.

 

Il fait une moue qu’elle semble ne pas voir.

 

– Vous êtes photographe depuis peu… avec un peu de succès mais peu de talent.

 

Il voudrait ajouter quelque chose, mais elle a mis sa main de telle sorte qu’il ne peut plus parler. Il souffle bruyamment par le nez.

 

– Beurk !!! Vous n’avez pas honte de vous moucher dans ma main ?

 

Elle se frotte la main avec le mouchoir qui lui a servi précédemment à se sécher les cheveux.

 

– Il ne fallait pas m’empêcher de parler ! C’est votre faute !

– Ah… vous vouliez sûrement défendre votre talent ? Mais, mon cher, quand je dis quelque chose, c’est parce que je sais de quoi je parle ! Vous seriez un bon peintre si vous le vouliez, vous avez tout ce qu’il faut pour cela.

– Ah ? Mais qu’en savez-vous ?

– Je viens de visiter votre grenier !

– Vous n’en aviez pas le droit !

– Mais si ! D’ailleurs, vous n’avez rien dit pour m'en dissuader.

– Forcément… j’étais K.O.

 

Elle éclate de rire et reprend avec peine son sérieux.

 

– Pas autant que je l’aurais voulu. Je n’ai pas eu le temps de tout voir… Ils me sont tous tombés dessus !

– Qui ?

– Mais les tableaux voyons ! Je suis désolée, il me semble que votre “origine du monde” est un peu abîmée. Il faudra la repeindre.

– Mais…

– C’est pas grave… elle n’était pas à la mesure de votre génie !

– Ah bon ? J'ai du génie maintenant ? Vous m'en voyez ravi !

 

Il se redresse légèrement et prends appui sur ses avant-bras.

 

– Mais que voilà une riche idée ! Vous voulez vous lever ?

 

Le ton est menaçant. Elle n’a pas l’air d’apprécier ce retour à la vie trop rapide.

 

– En fait… (Il laisse sa voix en suspens… elle s’arrête dos à la scène. Elle était en train de quitter les lieux avant qu’il ne se lève tout à fait.) … je voulais savoir d’où vous tenez que je suis nul en tant que photographe…

– Il suffit de regarder vos photos !

– Vous les avez vues ?

– Je ne vois qu’elles depuis un certain temps… et j’avoue que vous me décevez beaucoup !

– Pourquoi ?

– Elles étaient bien meilleures du temps de l’argentique. Vous preniez le temps nécessaire pour connaître votre modèle, trouver le plus bel angle, jouer avec les ombres pour que la lumière soit votre complice…

– Ah… et plus maintenant ?

– Non, maintenant, vous vous moquez de vos modèles, vous les mitraillez pendant des heures sans plus jamais les regarder !

– Ah bon ? Ce n’est pas vrai !

 

Elle se tourne vers lui, s’approche et se penche de nouveau, presque jusqu’à ce que leurs nez se touchent.

 

– M’avez-vous déjà vue ?

– Non ! Bien sûr ! Je m’en souviendrais ! Vous avez un visage… intéressant!

– Ah…

 

Elle hoche la tête, se redresse et s’éloigne. Elle dépose sur la chaise un appareil photo.

 

– Voilà… vous l’avez oublié chez moi tout à l’heure !

 

Elle sort et claque la porte rageusement.

Lui se relève, rajuste ses vêtements. La dernière feuille du philodendron hésite avant de quitter doucement la tige où elle résistait jusqu’alors.

Il prend son APN et regarde les derniers clichés pris. Elle est sur l’écran, comme un vivant reproche.

 

– Rira bien qui rira le dernier... Je la peindrai !

 

Le public applaudit à tout rompre tandis qu’il installe sur le plateau un chevalet où l’on voit l’ébauche de son prochain tableau : une jeune femme nue, assise sur la chaise et à peine voilée par un léger drap blanc.

 

Fin du second tableau.

Quichottine

 

Publié chez Quichottine le 3 février 2014.

http://quichottine.fr/2014/02/latelier-du-photographe-fin.html

2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 20:15

la première partie ICI.

 

L'oreillette du coeur.

 

Dans les couloirs, une agitation croissait. Le directeur inquiet, abandonna son acteur abattu et sortit.

La dame de l’entrée des artistes tentait, tant bien que mal, de retenir une jeune fille. Cette dernière se débattait, toutes griffes dehors, et quelques figurants faisaient barrage à l’intruse.

- Mais laissez-moi passer, hurlait-elle.

- Impossible, dit la dame, les comédiens se préparent, vous reviendrez après la séance.

- Mais Monsieur Gérard me connaît, dites-lui qu’Anna est là, dites-le lui au moins.

Le directeur maussade trouvait que ça commençait à peser, entre son premier rôle démissionnaire et cette  hystérique batailleuse, il soupira de fatigue. Il s’approcha, pria la jeune fille de se taire et se tenir tranquille. Tout comédien avait besoin de silence avant le spectacle. A peine dix-huit ans, soupira-t-il, et virago comme pas deux ! Elle ne se laissa pas impressionner, et le regardant droit dans les yeux, dit calmement que Monsieur Gérard avait sûrement besoin d’elle en ce  moment.

- Petite prétentieuse, dit la dame de l’entrée des artistes. Gérard n’a besoin de personne avant son entrée sur scène.

- Mais j’avais quelque chose à lui remettre… peut-être en aura-t-il  besoin….

- C’est quoi ? dit une actrice apprêtée en Bérénice, qui venait de sortir de sa loge, et qui toisa la jeune fille de bas en haut, de haut en bas. Quel boucan aujourd’hui! se plaignit-elle s'adressant au directeur du théâtre.

- Marcel vous me décevez ! Entre Gérard qui fait son caprice de star et cette petite énervatée, impossible de me reposer. Le spectacle risque d’en être gâché.

- Mais il l’est ! Gérard ne veut pas jouer. Il a perdu son oreillette.

- Oh ! L’imbécile ! Depuis le temps que je lui recommande de mémoriser ses textes !

- Justement, dit Anna, j'ai...

L’ogre venait de sortir de sa tanière, tout chamarré d’une toge à la Titus, il reconnut la jeune fille. Un sourire charmeur remplaça instantanément le masque tragique qu’il portait deux secondes plus tôt.

- Anna? Mais quel réconfort de vous voir ici ! Laissez-la passer, centurions ! N’est-elle pas, parmi nous, fleur de lys royal. Venez, mon enfant, je vous emmène à Rome.

La jeune fille, tout à coup intimidée, suivit l’immense acteur pendant que la troupe silencieuse haussait les épaules. Bérénice, elle-même, eut une moue de dépit. A peine la porte de la loge close, Gérard perdit de sa superbe.

- Petite Anna, merci d’être venue dans l’antre de l’ogre. Tu as été si gentille hier ! J’étais dans un triste état, n’est-ce pas ? Que n’ai-je dit pour que tu forces ce barrage d’épouvante ?

- Rien de bien important, vous savez. A l’hôtel, on a l’habitude de faire face à l’ivresse et même pire. Comme je savais que vous jouiez ici, et que ce soir vous ne reviendrez pas à l’hôtel, j’ai trouvé ça en faisant votre chambre.

Elle sortit de son sac l’oreillette.

- Magnifique, tu me sauves !

- Je l’ai trouvé sous le lit…

- Tu aimes le théâtre ?

- Pas vraiment, les seules fois où j’y suis allée c’est avec l’école et…

Mais il n’entendit pas la réponse, il appela Marcel et lui demanda expressément de loger Mademoiselle à la meilleure place.

- Je ne peux, répondit le directeur, tout est complet !

- Débrouille-toi ! Installe le ministre sur le strapontin, débrouille-toi, Anna doit être à la meilleure place, tu m’entends ! Si je ne la vois pas, je ne joue pas.

Et le directeur très contrarié s’en fut en criant à la volée qu’il allait démissionner.

- Voilà Anna ! Et rien que pour toi, je ne la porterai pas cette oreillette, je vais la mettre sur mon cœur, dans cette poche secrète, et chaque fois que tu me verras taper au cœur, c’est à toi que je m’adresserai.

Quand le rideau tomba sur la scène finale, Anna reniflait. A côté d’elle un monsieur très important lui tendit un mouchoir.

-  Merveilleux artistes, lui dit-il.

- Oh ! Oui ! Il a tapé cent fois sur son cœur ! J’ai compté, vous savez.

 

 

Polly


les cris conjurés.

2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 18:03

première partie ICI

 

 

Merci à Elles*

 

Je reviens le chercher

Je savais qu’il serait là

Je savais qu’elles me pardonneraient

En gardant le sujet précieusement

Je reviens le chercher

Ben tant mieux, je n’m’étais pas trompé

Et je vois que de leur côté

Elles sont toujours très ordonnées

 

Avec elles je m’étais brouillé

Malgré elles j’avais oublié

Le sujet du mois de janvier

Moi, j’n’y ai rien gagné

Elles, elles ne m’ont pas perdu

Permettant qu’en février

J’puisse recommencer

À jouer

 

Je reviens le chercher

Confiant dans leur générosité

Et heureux de le retrouver

À la Fabrique, bien rangé

Je reviens le chercher

Plein d’allant pour l’reste de l’année

Avec ma bonne volonté

La mémoire sans trous de passoire

 

Je reviens le chercher

 

*Elles : Polly, Quichottine et Azalaïs que je remercie :

- Pour m’avoir pardonné de les avoir, en janvier, prises pour des furies.

- Pour toujours, en bonnes administratrices, garder les sujets de l’année en mémoire.

- Pour me permettre, malgré mon étourderie, de continuer à jouer.

 

L’auteur tête en l’air

 

ABC

http://detente-en-poesie.over-blog.com

 

2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 00:31

C'est avec un retard indépendant de ma volonté que je viens de publier ma propre participation au jeu du mois de janvier.

 

Comme je l'avais proposé à ce moment-là, l'objet indispensable va maintenant vous être rendu dans des circonstances que je vous laisse libre de choisir.

 

Souvenez-vous de la consigne :

"En février, vous serez peut-être amenés à imaginer un héros salvateur qui résoudra le problème tout simplement ou, d'un coup de baguette magique, donc, n'anticipez pas."

 

Cette précision était mise entre parenthèse... la voici donc devenue notre consigne de février.

 

  • ABC devra donc trouver de quoi remplir sa page blanche
  • Poupsan se rappeler de la chute de son livre
  • Clément devra au moins retrouver son amour-propre
  • Mam'zelle Jeanne les mots de son discours
  • Polly l'oreillette manquante
  • Azalaïs la statuette de l'archange
  • Pour CB Moore, il faudra revenir à la vie... c'est difficile mais pas impossible...
  • Martine devra écrire une nouvelle chanson... avec ou sans clé
  • Pasfrévin se rendre compte que sa maman n'avait pas oublié de lui mettre une culotte...
  • Quant à Elise, Anne D et Carole, je suis certaine qu'elles pourraient toutes les trois proposer des solutions à la fée Aglaé.


Et toute nouvelle participation sera la bienvenue, même si l'un ou l'autre d'entre vous désire continuer l'une des propositions de janvier.

Merci encore à tous.

 


Nous

  • : Le blog d' azacamopol
  • Le blog d' azacamopol
  • : Le blog a été ouvert le 24 janvier 2008. Jusqu'au 1 mars 2017, Azalaïs, Lilousoleil, Polly et Quichottine vous y ont proposé des jeux d'écriture en toute simplicité.
  • Contact

Bienvenue

L'inspiration de Fragonard

La consigne a retrouvé sa place dans les pages, module de droite.

 

Avez-vous pensé à offrir un petit texte de présentation à la Petite Fabrique d'écriture afin de figurer dans liste de ses membres ?

Rechercher

Important

Important !

 

Depuis le 1er mars 2017, les nouvelles publications sont effectuées sur notre nouveau blog.

 

Nos "annales" continueront à être publiées sur ce blog, à raison d'une publication par mois.

 

Merci.

Jouer avec les mots


Vous avez envie de vous amuser avec les mots ?
Vous aimez écrire à partir de jeux, de thèmes, d'images et
vous n'osez pas vous lancer ?
La Petite Fabrique d'Ecriture vous convie à ce un moment de détente.
En toute simplicité, venez jouer avec les mots selon
une consigne donnée, à laquelle vous participez ou non selon votre envie
et votre inspiration.
Rien n'est obligatoire sinon s'amuser.