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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 11:57

 

Mes pensées les plus intimes

 

Dans le bus 342, direction le quartier Sainte Marthe, l'homme attendait que sa proie descende du bus.

Il attendrait qu'elle soit seule dans l'une des ces ruelles du quartier et assouvirait son fantasme !
Elle était impatiente de descendre et enfin rencontrer la grand-mère de son homme et surtout de le retrouver, lui, pour qu'il la serre dans ses bras.

Quand le bus s'arrêta, elle sauta sur le trottoir et regarda autour d'elle ... Elle se retourna vers l'homme descendu en même temps qu'elle.

 

"Bonjour Monsieur, excusez-moi, je cherche l'impasse Monte-à-regrets, vous savez où c'est ?"

 

"Ah Mademoiselle, vous tombez bien, je connais le quartier comme ma poche et j'habite tout près de cette impasse, si cela ne vous dérange pas, faisons le chemin ensemble, je serai votre guide " 

(Oh, elle est là près de moi, elle me parle, je sens son parfum à la violette et ce collier sur son cou, son cou, hum, son cou qui palpite, cette dentelle qui met son cou en valeur !!)

 

"Avec plaisir, Monsieur !"

 

Tous deux s'éloignèrent de l'arrêt du bus et s'enfoncèrent dans le dédale des ruelles du quartier Sainte Marthe ...

 

"Vous vivez dans ce quartier depuis longtemps ?"

 

"Oh oui, j'y suis né, je pourrai même vous raconter l'histoire de chaque ruelle "

(mais toi ma petite, tu ne vas pas vivre assez longtemps pour connaitre ce quartier, je sens l'envie irrépressible de serrer mes mains autour de ton cou qui monte qui monte, c'est orgasmique comme sensation)

 

"Cela doit être intéressant mais pour une prochaine fois, moi, je vais chez la grand-mère de mon ami"

 

"Une prochaine fois alors !"  

(Pas de risque qu'il y ait prochaine fois, ah, ah, ah)

 

"Vous la connaissez peut-être ? Elle s'appelle Madame Thomas."

 

"Ce nom ne me dit rien !"  

(Putain mais tais-toi, laisse-moi regarder ton cou sur lequel je vais refermer mes mains, oh ce désir qui monte, je le sens du bas de mon dos jusque dans mon sexe)

"Ah, on arrive bientôt, c'est la prochaine ruelle à gauche"

 

"Merci, beaucoup, je vous laisse et j'y vais vite, au revoir Monsieur"

 

(Oh non ma petite, pas au revoir, une fois dans la ruelle qui n'est pas celle que tu cherches, tu seras à ma merci et enfin j'atteindrai l'orgasme, j'ai hâte ...)

"Au revoir Mademoiselle et belle journée"

 

Elle se mit à marcher plus vite et tourna à l'angle de la ruelle. Tout y était sombre, elle voulut faire demi-tour mais l'homme était là qui lui bloquait le passage !

 

"Pardon Monsieur, laissez-moi passer s'il vous plait?"

 

"Oh non ma petite, la visite s'arrête là pour toi, c'est fini, tu es à moi !"

 

"Pourquoi moi ? Que me voulez-vous, j'ai peur, ils m'attendent"

 

(C'est vrai pourquoi elle, la dentelle sur son cou si rose a été le détonateur, en fait, il lui aurait suffi d'une écharpe pour qu'elle ne meure pas. Une fois encore j'ai cédé à l'appel de l'ange de la mort qui dort en moi)

"Le hasard, ma jolie, toi et ton coquillage sur ton cou ont fait le reste"

 

"Laissez-moi partir, s'il vous plait, pitié, j'attends un enfant"

 

(Enfin mes mains sur ton cou, ton corps qui bouge et ne se laisse pas faire, ton visage qui rougit, tes yeux qui demandent grâce, quel pied, je jouis et toi tu es morte et cerise sur le gâteau, l'enfant aussi. Je suis l'ange de la mort, je décide qui vit qui meurt !)

 

L'homme reprit tranquillement son chemin vers l'arrêt du bus en tenant dans sa main un collier en coquillage.

 

Cécile Mdl

http://moi.emois.mes-moi.over-blog.com

 

Ce récit a été publié par son auteur à l'adresse suivante :

http://moi.emois.mes-moi.over-blog.com/article-mes-pensees-les-plus-intimes-115647385.html

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 08:21

Rencontre au coucher de soleil

 

En fin de journée, deux prétendants à l’amour se retrouvent pour la première fois. Ils se sont rencontrés sur Internet, dans un site de rencontres. Lui, Jean-Christophe, a quarante-quatre ans, mais il ne l’a pas mentionné clairement dans son profil, car il a coché la tranche des 35-40 ans.  Ce n’est pas très loin de 40 en fait… Sophie ne le sait pas.

Sophie, la femme qu’il rencontre ce soir, c’est moi. Pas encore vingt ans, mais je me suis un peu vieilli. Tout le monde me dit que je fais plus que mon âge… alors la case des 25-30 ans semblait être faite pour moi.

Nous nous sommes donnés rendez-vous sur un banc public, près de la place Valentin. Nous sommes bientôt à la mi-février, c’est bientôt la fête des amoureux, alors trouver cette place à mi-chemin de notre appartement respectif, c’est un signe ! On croit toujours que la sphère virtuelle est grande, immense, mais si on regarde bien, certains de nos contacts habitent à deux pas de chez nous !

C’est moi qui ai choisi l’heure de rencontre. Je voulais un moment magique, avec un coucher de soleil prévu ce soir à dix-huit heures, cela ne peut être que romantique. Nous voir en fin de journée, cela nous laisse le temps pour nous découvrir, manger au restaurant et rentrer pas trop tard, avant minuit.

 

On s’est envoyé une photo, on sait donc à quoi s’attendre. Mais reconnaître une personne d’après une photo, ce n’est pas si évident que ça. Alors, pour être sûrs, on a décidé qu’on mettrait un pin’s de Monsieur Heureux, un bête smiley en fait, sur notre veste.

 

Jean-Christophe et moi, on a chatté pendant une semaine et demi, avant ce soir. C’est peu et beaucoup à la fois. Tous les jours, tous les soirs, on parle durant deux à trois heures, sans jamais avoir de blancs entre nous, sans jamais hésiter sur notre conversation.

 

Ah ! Le voilà. Le soleil couchant reflète sur son pin’s, je ne peux pas me tromper. Il est en contre-jour en fait, je ne distingue pas vraiment son visage. Il s’approche d’un pas sûr vers moi. Je n’ai pas le temps de comprendre ce qui se passe dans mon ventre, qu’il se tient déjà là, en face de moi :

-          Sophie, c’est toi ?

« Ben oui, qui veux-tu que ce soit d’autre, qui t’attend comme ça, plantée droit comme un i à regarder tous les mecs passer ? »

-          Bonjour Jean-Christophe. Ça fait plaisir de te voir en chair et en os !

« heu, il n’est pas vraiment comme sur la photo, il paraît plus vieux ! Il a le ventre d’une femme enceinte qui doit bientôt accoucher, et…Mon Dieu ! Je distingue quelques cheveux blancs déjà près de ses tempes !! »

-          Tu es ravissante, ce soir. La couleur mauve te va très bien, je trouve qu’elle se marie parfaitement avec la couleur de tes cheveux. Je n’aurais pas cru que tu serais rousse, cela ne se voit pas sur les photos que tu m’as envoyées.

« Moi qui me trouve toujours moche, c’est super gentil ce qu’il vient de me dire. Je dois sûrement rougir ! Mais, je ne suis pas rousse ! »

-          En fait, c’est auburn… ça se voit beaucoup plus à la lumière du jour, surtout avec ce soleil qui rase l’horizon.

-          On ne s’est jamais posé la question, mais tu as quel âge en fait ? Juste vingt-cinq ans, c’est ça ?

« Punaise, s’il sait que je n’ai que dix-neuf ans, il va tout de suite s’enfuir, il va me prendre pour une gamine. »

-          Exact, le mois passé, j’ai soufflé vingt-cinq bougies ! Bien deviné. Et toi ?

« S’il me dit qu’il a trente ans, je ne le crois pas ! »

-          En fait, j’ai bientôt quarante-cinq, mais comme j’ai l’impression que je n’ai pas vieilli ces dix dernières années, j’ai un peu triché en mentionnant ma tranche d’âge !

« Quoi ? Quarante-cinq balais ! Mais il est super vieux, il pourrait être mon père ! »

-          Oh ! Ben, c’est vrai que tu ne les fais pas. Mais ça fait quand même une sacrée différence entre nous, non ?

-          Oui, vingt ans, c’est beaucoup. Mais, cela ne me gêne pas. Et toi ?

« C’est-à-dire que je n’ai jamais connu pareille situation. Je ne m’étais même jamais posé cette question. C’est vrai que mis à part ses cheveux blancs, on ne dirait pas qu’il a presque cinquante ans ! Et puis, moi, je suis encore jeune pour avoir un enfant, les hommes n’ont pas de problème d’âge pour procréer. »

-          Aucunement ! On a tellement de points en commun que cela ne me dérange pas.

-          Très bien. Si on marchait un peu pour nous ouvrir l’appétit ? Après, nous irons dans un bon restaurant.

« Mais que fait-il ? Il me prend déjà la main ? Mais, mais, elle est poilue ! Il a des poils partout ? Ah ! Non, hein, ça je déteste. L’âge, les poils, il va trop vite, ça ne pourra jamais coller entre nous. »

-          Heu, Jean-Christophe, je dois te dire quelque chose.

« Je vais lui dire que je ne suis pas adulte, ça va lui faire peur de sortir avec une mineur. »

-          Dis-moi tout ma chère Sophie.

-          En fait, je… J’ai, je n’ai que dix-sept ans. Je suis désolée, on me dit toujours que je fais plus âgée, et les garçons de mon âge sont vraiment des gamins, alors, tu comprends,  j’espère. Excuse-moi, mais je crois que, cela te poserait des prob…

-          Vingt-cinq ou dix-sept, quelle différence ? Tu me plais et je crois que c’est réciproque, non ?

« Mais, c’est un malade ! »

- Sophie ! Sophie ! Mais reviens ! Où cours-tu comme ça ?

 

Cécile


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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 20:05

Clin d’œil amical :

 

Quichottine et Polly, chevilles directrices et ouvrières de la Petite Fabrique d’Écriture, communiquent par l’intermédiaire de leur ordinateur. ABC a réussi, en catimini, à se brancher sur la même longueur d’onde. (ABC, sera donc la voix off entre parenthèse)

 

P : C’est toi qui as reçu la participation d’ABC ?

(Quelle question, si ce n’est pas toi, c’est forcément elle)

Q : Oui, j’ai publié son article.

(Merci, c’est gentil)

P : L’as-tu lu, avant de le publier ?

(Je suppose, si elle ne l’a pas lu, son lutin bleu s’en sera chargé. Il la surveille, la seconde, ne la quitte jamais)

Q : Parcouru, j’étais pressée, j’y reviendrais, en un mois, j’ai le temps. Pourquoi ?

(C’est bien ce que je pensais…)

P : N’avais-tu pas dit qu’il fallait se mouiller et être un des personnages du dialogue ?

(Et toc, elle a lu. Je vais devoir reprendre ma copie)

Q : (sur un ton détaché et un peu vague) Oui, c’est vrai…

(Dis-le, que toi aussi tu es à côté de la plaque)

P : Et tu acceptes tout de même son texte sans sourciller, toi qui te donne tant de mal pour rédiger les consignes.

(Forcément, puisqu’elle n’a pas laissé le temps au lutin bleu de lui faire remarquer la coquille. Cela fait déjà une bonne heure qu’il lui fait des signes, en vain)

Q : Je suis cool avec les consignes. D’ailleurs moi-même…

(À, enfin, elle va  avouer qu’elle a biaisé la consigne dans son propre texte)

P : Quoi toi-même ?

(Et bien voilà : Polly n’a pas lu le texte de Quichottine qui n’a pas lu le mien, bravo les filles !!!)

Q : Polly, au fait, As-tu bien relu ton texte ?

(2 – 0, la balle au centre)

P : Qu’est-ce qu’il a mon texte ? Il y a bien 2 interlocuteurs et un commentaire explicatif. Je suis bien partie prenante dans l’aventure.

(Tiens, elle, c’est la consigne qu’elle n’a pas lu)

Q : Pas de voix off et pourtant, toi aussi tu as publié ton texte.

(Oh là, doucement les filles, au secours lutin bleu, je croyais que c’était juste un jeu)

P : Dis Quichottine, on ne va tout de même pas tout effacer.

(Je respire, je sens le vent tourner, mon texte va rester, elles vont finir par s’embrasser et se mettre à rigoler)

Q : La Petite Fabrique d’Écriture propose des mots, des photos, des thèmes, ses membres jonglent avec. Tant qu’ils jonglent, continuons à en profiter sans les enfermer dans nos consignes du moment qu’ils en gardent au moins l’esprit.

(Ouf, tout est bien qui finit bien. Merci Quichottine, merci Polly, et vous les autres amusez-vous et n’oubliez pas de participer)

 

ABC se déconnecte, sans bruit, laissant Quichottine et Polly à leur conversation. La suite viendra peut-être avec le prochain texte, qui sait ???

 

ABC

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 12:23

Spécial Saint Valentin : Petit déjeuner chez Léon

 

 

9 heures du matin, attablés l'un en face de l'autre…

 

— Tiens, Bobonne ! Parlent d'un truc dans l'journal. J'pense que tu dois être bien atteinte, toi. Y'a pas d'erreur. Écoute ça : C'est le... syndrome mé... tabolique... dangereux, 180 000 morts par an ! Ça alors, c'est tout à fait ça !

 

(Augmentation du tour de taille, plus de 88 cm pour les femmes.  Une bagatelle pour une grosse barrique comme toi ! Plus besoin de balance, qu'y disent, un bon vieux centimètre et basta !)

 

De la pression artérielle : ça aussi, tu l'as. Voilà ce que c'est de toujours me gueuler dessus à longueur de temps... (Mais fais pas ces yeux vagues ... on dirait une baleine à l'étal !)

 

— Oui,... je crois !

 

— Taux de sucre et de graisse importants.  Ça t'fait la peau dure. (Avec tous ces gâteaux et toutes ces glaces que tu t' goinfres, heu, ce serait pas étonnant.)

 

Et pas beaucoup de cholestérol. (Hein ?... Ah !... Ouais, beh tu t'en es bien vantée l'aute fois au Père Jean.) Hé ben, c'est pas bon ! Pas bon du tout ! Non...

 

Mais çà...çà y disent que faudra te bouger le train, et sortir de ton immobilement, et faire du jogging.

 

— Oui,... je crois !

 

— Ah ! ... Donne la télécommande que je mets le son plus fort. Elle chante bien Mireille Mathieu. Et belle en plus, regarde ! Qu'est-ce tu racontes Léon ?

 

— Ouais... un truc dans l'...

 

— Ah ! Je croyais que tu lisais ton canard. Bouffe donc ! Tiens, passe-moi le pinard ! 

 

 

Cavalier

 

 

Pour la seconde voix off nous écouterons religieusement  ceci :

 

http://www.youtube.com/watch?v=PyAsYv48gd4

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 12:21

Spécial Saint Valentin : Au printemps, toujours

 

Pantoum malais à trois voix : -- Elle et — Moi, et (la voix off) dans ma tête…

Au printemps, toujours

-- Le printemps survivra toujours,
Et les papillons tourneboulent…
(Constance est chimère d’amours,
Par tous ces nectars qui me saoulent…)

— Et les papillons tourneboulent
Les tourtereaux sous ce jasmin.
(Par tous ces nectars qui me saoulent,
Je ne veux pas savoir demain…)

-- Les tourtereaux sous ce jasmin,
Clament leur flamme dessillée !
(Je ne veux pas savoir demain,
En chenille bien rhabillée…)

— Clament, leur flamme dessillée
Et puis le vent dans les pruniers…
(En chenille bien rhabillée,
Il sort de l’eau de mes paniers…)

-- Et puis le vent dans les pruniers
Prendra des fleurs comme oriflamme ?
(Il sort de l’eau de mes paniers,
Quand feu de paille trop s’enflamme…)

— Prendra des fleurs comme oriflamme,
L’amour qui aime le velours !
(Quand feu de paille trop s’enflamme,
Le printemps survivra toujours…)


Cavalier

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 12:18

Soirée familiale !!!

 

Sur le canapé du salon un adolescent, le nez dans une BD., Sur un fauteuil son père, feuilletant son quotidien, sur un autre sa mère toujours en mouvement avec ses aiguilles à tricoter. Un dialogue s’amorce, le fiston écoute d’une oreille.

 

-         Je ne sais plus par quel miracle…

(Tiens nous allons avoir une petite leçon de catéchisme)

-         Inutile de recommencer avec tes miracles, je t’ai vingt fois expliqué qu’il n’y avait pas de miracle, simplement du hasard. Le hasard, la rencontre de deux séries causales indépendantes, comme le disait mon professeur de Philo… Il n’y a rien de miraculeux dans le fait de m’être retrouvé, dans l’avion Paris - Alexandrie, assis à côté d’Arthur que je n’avais pas revu depuis dix ans… Il n’y a rien de miraculeux d’avoir garé notre voiture le long de celle de ta sœur quand nous sommes allés à Anvers, alors que nous la croyions chez elle à Perpignan… Il n’y a rien de miraculeux, non…

(Silence le professeur à parler, il a bien étalé sa science, la voilà coincée, comment va-t-elle s’en tirer. Il ne lui manque plus qu’à sortir son petit exemple choc de derrière les fagots, et elle rentrera dans sa coquille. Va-t-elle réagir pour une fois ?)

-         Pourquoi non ?

(C’est mou, mais mieux que de s’écraser)

-         Mon troisième exemple, bien loin du miracle et du hasard, relevait plus de la superstition.

(Tiens, voilà autre chose !!!)

-         Et alors ?

(Chic, elle ne cède pas)

-         Alors ? Je n’ai jamais eu de cours de philo sur la superstition.

(Évidemment en dehors de ses cours et de ses bouquins, il est sourd et aveugle)

-         Mais…

(Pas assez énergique ce mais)

-         Mais rien, bonsoir.

(Qu’est-ce que je te disais, « coucouche » panier, le sujet est clos… Elle abdique)

 

Le fiston baye, s’étire, murmure un vague bonsoir et file dans sa chambre, elle continue, sans enthousiasme, quelques rangs de son tricot, lui se lève et allume la télévision.

 

ABC

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 10:13

L’emmerdailleuse.

 

- Dixième.

Jean-Louis et Katia, nos acteurs, descendent tranquillement le chemin, dans un semblant de discussion animée et s’arrêtent à un moment parce que Jean-Louis ne peut parler et marcher en même temps :

- Je l’ai accompagné jusqu’au début…

Katia éclate de rire, on attendait « jusqu’à la fin » et toute l’équipe aussi, sauf Bruno peut-être qui s’impatiente.

Derrière nous on entend un panier à roulettes qui descend de la petite route, je me retourne et distingue une fine silhouette toute noire, chapeau compris qui avance vers nous.

- Onzième, cette fois Jean-Louis tu fais attention, dit Bruno.

La silhouette décidée nous rejoint et avant que le moteur de la caméra ne se mette en marche nous interpelle avec une pointe d’agressivité mêlée de désapprobation.

- Vous faites quoi là ?

- Ben on tourne, dis-je

- Vous savez le droit à l’image ?

- Ben oui on sait !

- Parce qu’il y a des lois.

- Ben oui, on sait.

- Mais vous tournez quoi ?

Bruno patient explique pendant qu’on piétine entre micro, caméra et répliques que Jean-Louis répète pour ne pas perdre le fil.

Elle insiste.

- Mais pourquoi une fiction vous feriez mieux de faire un documentaire sur toutes ces antennes qui enlaidissent le paysage là-haut.

- Ah ? On n’avait pas vu ! Répliqué-je

Enfin elle nous laisse après maints commentaires sur ces antennes affreuses.

- Il faudra bien qu’un jour la mairie s’en occupe, en plus tout près de ma maison!

Le tournage reprend cinq minutes jusqu’à ce qu’elle revienne.

- Vous pouvez me donner le numéro de votre association.

- Vous avez Internet, lui demandé-je.

- Non.

Bruno toujours courtois pendant que Jérôme est presque énervé, et ça c’est un exploit, lui donnerait presque son numéro personnel si je n’intervenais. On cherche un stylo, un morceau de papier, on finit par trouver un mouchoir, mais non c’est pas commode, finalement une vieille note fera l’affaire : on est sauvé !

- J’étais journaliste au Progrès de Lyon, je connais bien toutes les lois sur l’image.

 - Ah ! Vous connaissiez aussi sans doute Jean-Marc D, alors, demandé-je histoire de la tester.

- Oh ! bien sûr, il est devenu enseignant, il a réussi le concours ! Quel courage ! Il paraît qu’il est en Bretagne actuellement. Bon, je vous laisse travailler.

Satisfaite, elle nous quitte enfin.

La séance de prise de vues recommence tant bien que mal.

Mais le panier à roulettes remonte.

 -Vous êtes assis sur l’escalier que mon grand-père a fait, il a toute une histoire, vous savez. Jean-Louis commence à s’agiter et regarde sa montre, il doit partir à 17 heures au plus tard, j’interviens pour qu’on reprenne rapidement.

- Bon, on tourne, sinon on est encore là à la nuit !

- Nous sommes pressés, dit Jean-Louis s’excusant presque.

Le moteur tourne enfin, pas longtemps, elle descend l’escalier, toujours avec son panier à roulettes.

- Vous savez cette maison a une histoire, mon grand-père a tout fait, aujourd’hui elle est louée parce que trop grande pour moi, il serait intéressant de la raconter.

- Bien sûr, Madame, dit Bruno, faites nous un récit et envoyez-le à l’association, on verra ce qu’on peut en faire.

Elle descend enfin la petite rue, son panier à roulettes derrière elle.

Et comme on veut filmer Jean-Louis descendre la même rue, on attend que la petite silhouette noire disparaisse au loin.

- Il vaut mieux ne pas la prendre dans le champ, dit Jérôme, elle nous ferait un procès pour le droit à l’image.

 

 

Polly

 

 

 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 22:46

 

Ce que Monsieur de La Fontaine n’a jamais su…


On dit, depuis fort longtemps, que Dame Tortue et Sire Lièvre décidèrent un jour de participer à une course dont le vainqueur pourrait s’enorgueillir.


Ils se mirent en chemin, l’un plus rapide, l’autre bien lent… la tortue ne sachant déposer sa maison pour être plus légère.


Comme chacun le sait, c’est pourtant cette dernière qui arriva en tête, ce qui fit écrire aux fabulistes d’autrefois qu’il ne servait à rien de courir et que l’essentiel était bien de partir à point.


Ils omirent pourtant l'épilogue.


Ils arrivent tous deux, si proches que notre gentilhomme à grandes oreilles se croit déjà vainqueur, il parade, salue, et fait maintes pirouettes devant ses congénères féminines.


Dame Tortue le surveille du coin de l’œil, et, sans rien dire, franchit paisiblement la ligne d’arrivée.


- Mais ? Que se passe-t-il ici ? Madame vous avez triché !


- Que nenni ! Tandis que vous vaquiez ici et là, j’ai avancé…

(Eh oui ! pauvre benêt ! il ne fallait pas tant ôter votre bonnet ! Tralalalère, j’ai gagné, et j’en suis si heureuse que je sauterais bien sur la pointe des pieds si je n’avais pas cette carapace à transporter…)


- Soit, je m’incline, puisqu’il le faut, et salue votre bravoure et votre perspicacité.


- Merci, Messire. J’admire votre prestance et votre allure. À d’autres concours vous gagnerez sans aucun doute ! (Et blablabla… compliment pour compliment, il ne faudrait point qu’il me damât le pion ! Mais qu’il est sot, le sire ! Il ne me tiendra pas rigueur de sa défaite, c’est certain… il perdra un peu de ses admiratrices à ce jeu-là !)


- Dame Tortue, acceptez, je vous prie, de vous joindre à nous pour le banquet final que j’avais commandé…


- Je ne le puis messire, vous savez bien que je suis végétarienne… et l’on m’a parlé de civet.


- Qui donc ?


- Le sieur Renart et ses amis. Ne les avez-vous pas invités ? Ils sont tous là à vous attendre : le Roi Lion, Maître Loup, Dame Belette, et même Raminagrobis qui veillera au partage.

(Ah ! Te voilà marri, soudain de l’avoir fait ! Tu ne t’y rendras pas toi non plus… Je ris ! Je ris !)


- Vous avez raison de m’en faire souvenir. Mais je crois que l’on m’attend ailleurs…


Sire Lièvre s’enfuit, sous les bravos de ceux qui croient le voir partir pour un dernier tour de piste… et, croyez-le ou pas, il court encore !

 

Quichottine

http://quichottine.blogspot.fr

 

...

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 00:00

 

Notre jeu de janvier a donné lieu à de très belles participations. Merci encore à tous ceux qui partagent ainsi leur envie d'écrire et d'être lus.

 

Ce mois-ci, pas d'image, même si vous avez tout loisirs de trouver celle qui correspondra à votre mise en scène.

 

En février, il sera question de...

 

La voix "off"

 

Nous allons imaginer un dialogue à trois voix... pour deux protagonistes.

 

Deux êtres, hommes et/ou femmes se rencontrent dans un cadre que vous définirez.

 

(Arrivée d'une course, podium d'un concours, pot de départ dans une entreprise, soirée électorale... tout est permis.)

 

Vous devez absolument être l'un des deux personnages. Vous ignorez ce que pense vraiment l'autre, mais vous devez participer à la conversation et répondre à ses questions ou à ses compliments.

 

Vous ajouterez entre parenthèses ce qu'un réalisateur appellerait la "voix off", celle qui traduit les phrases dites en leur rendant la vérité de vos propres pensées.

 

Amusez-vous, surtout, et pensez à utiliser les mots qui peuvent avoir plusieurs sens en fonction du contexte.

 

N'oubliez pas de respecter les consignes d'envoi de vos textes... pour en faciliter la publication ici. Merci !

 

...

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  • : Le blog a été ouvert le 24 janvier 2008. Jusqu'au 1 mars 2017, Azalaïs, Lilousoleil, Polly et Quichottine vous y ont proposé des jeux d'écriture en toute simplicité.
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L'inspiration de Fragonard

La consigne a retrouvé sa place dans les pages, module de droite.

 

Avez-vous pensé à offrir un petit texte de présentation à la Petite Fabrique d'écriture afin de figurer dans liste de ses membres ?

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Depuis le 1er mars 2017, les nouvelles publications sont effectuées sur notre nouveau blog.

 

Nos "annales" continueront à être publiées sur ce blog, à raison d'une publication par mois.

 

Merci.

Jouer avec les mots


Vous avez envie de vous amuser avec les mots ?
Vous aimez écrire à partir de jeux, de thèmes, d'images et
vous n'osez pas vous lancer ?
La Petite Fabrique d'Ecriture vous convie à ce un moment de détente.
En toute simplicité, venez jouer avec les mots selon
une consigne donnée, à laquelle vous participez ou non selon votre envie
et votre inspiration.
Rien n'est obligatoire sinon s'amuser.