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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 18:29

Le tigre blanc

 

La photo était là sur la table

Le tigre blanc posait élégamment

Quand soudain chose incroyable

Il se mit à bouger nonchalamment

Puis sortit et devint incontrôlable

 

M'ignorant royalement

Le tigre fit le tour de ma maison

Provoquant moult éboulements

Ne comprenant rien à sa déraison

Je contemplais, ébahi, cet enchantement

 

Aussi mystérieusement que son apparition

Que je ne doutais pas être réelle

Le tigre à l'affût orchestra sa disparition

Et d'un bond replongeat à l'intérieur de la photo si belle

Me laissant dans le capharnaüm à guetter sa réapparition

 

Auryne

 

http://defis-d-ecritue.over-blog.com/

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 20:33

Arrière saison

 

 

La photo était là, sur la table du salon, oubliée depuis quelques temps avec d’autres clichés de vacances, on attendait pour les classer.

Mes yeux étaient tombés dessus et les survolaient : un paysage de montagne, un coucher de soleil, ma petite fille barbotant dans le ruisseau, un feu d’artifice raté, ma fille faisant sauter les crêpes, un papillon, puis un lis des Pyrénées. Je les voyais sans les voir, et les souvenirs remontaient dans le désordre, il faisait froid ce jour-là, il n’y avait pas eu assez de confiture, on avait vu l’arc en ciel, on n’avait pas mis le bon réglage, l’air était si doux, sous ce soleil déjà haut que le tigre, sortant du lis éclatant, avait eu besoin de s’étirer voluptueusement, pour se détendre un moment en notre compagnie.

Il avait fait le tour de la table, ronronnant doucement, piétinant les photos de ses petites pattes, jetant un œil à la fenêtre, visitant les lieux, reniflant la gamelle du chat qui n’avait rien dit, personne n’avait rien dit ! On se regardait, moment de grâce et de repos, clignant des yeux pour s’apprivoiser davantage.

L’été et la chaleur sont encore loin !

A l’instant où j’allais approcher la main pour le toucher, il recula pour retourner derrière le lis protecteur. Je sursautai, me levai de mon fauteuil, m’étirai à mon tour non sans remarquer des traces sur les photos, empreintes évidentes de son passage furtif.


Pasfrévin


http://les.jeudis.de.pasfrevin.over-blog.com

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 18:34

 

LE TIGRE DE PAPIER

 

 

La photo était là, sur la table,

Insolite doublement :

Un tigre venu d'ailleurs

dans un jardin, style européen.

Sans pouvoir détacher mon regard

Je demeurais très troublée

par ce superbe animal

aux yeux d'une tristesse infinie

mais surtout entachés de méfiance.

 

Félin hors de son domaine,

Aux aguets, prêt à bondir,

Pour s'enfuir de l'univers factice

et ses proies fantômes à dévorer,

Où un humain facétieux

l'a obligeamment posé !

 

 

--
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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 06:19
Bagdad, le tigre
 

La photo était là, sur la table, Une belle photo de tigre blanc dont la tête sortait du cadre,prête à se poser sur mes genoux afin de recevoir sa caresse, la dernière. Je devais le laisser partir afin qu'il retrouve ses congénères dans un des nombreux parcs naturels du Bengale dont j'étais une des soigneuses.
 
Un jour que je faisais mon tour dans le camion afin de compter, soigner, les animaux dont j'avais la charge, je trouvais un bébé tigre, seul dans un coin , ses parents gisaient, tués par des braconniers pour leur magnifique fourrure blanche qu'ils vendaient massacrant ainsi une espèce en disparition . Je pris l'enfant dans mes bras et l'ai ramené au centre pour le soigner.
 
J'ai passé des jours et des nuits à le nourrir, le tigre que j'ai appelé Bagdad s'en est sorti , aujourd'hui, devenu adulte il est temps pour lui de partir faire sa vie , trouver une des rares femelles encore vivantes et avoir des enfants, c'est le lot de tous les animaux. Bagdad était triste, moi aussi mais il le fallait et puis on se croiserait peut-être lors d'un de mes parcours .Je lui donnais sa dernière caresse, il s'est relevé et sans me regarder, il a franchi la petite barrière qui le protégeait du danger. Il est parti... Dans la photo, le tigre blanc a disparu.
 
Aimela
 
 
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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 20:58

Histoire d’ailleurs.

 

 

"La photo était là, sur la table...», un de mes amis me l’avait envoyé par internet, d’Afrique, où il voyageait actuellement afin de découvrir les cultures, les peuples, la faune, la flore. Il savait que j’adorais ce fauve et me l’avait expédié pour cette raison ! Je suis donc allée dans un photo maton pour la sortir en grand format dans le but de pouvoir l’accrocher au mur de mon salon. Toute fier de cette magnifique photo, je lui fabriquais un cadre et l’accrochais bien en vue chez moi espérant attirer l’œil de mes futurs visiteurs.
Au fil des jours, j’avais l’impression que la photo bougeait, le félin n’avait pas la même position, mais je pensais rêver, cela n’était pas possible voyons ! Puis un jour en rentrant je trouvais la photo étalée sur la table du salon ! Comment avait elle pu arriver là ? Je décidais de la raccrocher pensant à un courant d’air un peu violent qui l’avait déstabilisé, je laissais souvent la porte fenêtre ouverte pour aérer la pièce pendant mon absence. Mais le lendemain elle était encore là à me narguer alors que cette fois la fenêtre était fermée ! Puis je vis le félin sortir une patte en s’étirant puis une deuxième patte en me regardant puis se mettre debout, sortir son corps et ses 2 pattes arrières ! Il était là devant moi, immense, l’air fier, me regardant de haut et poussant des grognements faisant vibrer vitres et murs de mon appartement, et moi d’être subjuguée et atterrée devant lui ! J’avais trop peur pour bouger mais en même temps je le trouvais sublime, sauvage, nature. Comment pouvait-il être devant moi ? Qu’allais-je en faire ? Au bout d’une heure, vu sa taille et son poids, il avait saccagé tout mon salon, en avançant, se levant sur ses 2 pattes arrières, tournant en rond, remuant la queue et grognant à tout va essayant de me faire peur ! Il ne fallait pas qu’il sorte de là, il fallait que je trouve une solution pour le remettre dans la photo c’était urgent ! Je devais contacter mon ami en Afrique afin de lui parler de mon problème et trouver une solution. Seulement le félin n’avait pas l’intention de me laisser faire un pas car dès que je bougeais il avançait une patte l’air féroce faisant de mine de m’attaquer ! Après mûre réflexion, je me dis que si je ne bougeais pas il finirait par se lasser voire même s’endormir au bout d’un moment ! Il suffisait de prendre son mal en patience, ce que je fis. 2 heures plus tard, le voilà affalé sur le sol à ronfler bruyamment. Je décidais de me diriger vers l’ordinateur pour envoyer mon message urgent à mon ami en Afrique espérant qu’il l’aurait rapidement, vu que je n’avais aucun autre moyen de le contacter ! J’attendis des heures avant de recevoir ce message : le compte mail de votre correspondant a été fermé nous en sommes désolé ! J’en restais bouche bée ! Aucune autre solution ne me venait à l’esprit ! Il ne me restait plus qu’à enquêter auprès de nos amis communs en France afin de savoir, déjà, dans quel pays d’Afrique il s’est rendu, après je n’aurai qu’à faire des recherches sur internet pour voire si il n’existe pas des rituels de ce genre qui consiste à emprisonner l’âme d’un animal ou autre dans une  photo ! Ou quelqu’autre raison qui fasse que cet animal soit sorti de cette photo !
Me voilà le combiné à la main cherchant à tout prix une réponse. L’un d’entre eux me dit : « il est en Afrique » et moi de répondre « merci je le savais déjà mais où en Afrique ? C’est urgent j’ai un sérieux problème et je ne peux pas le joindre ! » Après plusieurs coups de fil je trouvais enfin quelqu’un qui me réponde : une femme qui travaillait avec lui sur un reportage et qui était très inquiète de ne pas avoir de nouvelles depuis un mois alors qu’il lui en envoyait une fois par semaine pour l’article. Elle me dit qu’il était en Afrique du sud la dernière fois qu’elle a reçu un de ses messages mais elle ne savait pas où exactement il lui a juste dit qu’il vivait dans une tribu du nom de Moualam. Je la remerciais car ses renseignements étaient très précieux pour moi et lui dis que je la tiendrai au courant si jamais j’avais de ses nouvelles.
Je me mis en quête d’identifier cette tribu d’ Afrique du sud afin de voir leurs rituels, pourquoi on m’avait envoyé cette photo magique, pourquoi le tigre était dans mon salon et comment le remettre dans la photo ! Cela me prit du temps et en attendant le tigre se réveilla dans un bâillement horrifiant ! Peut être avait il faim ? Soif ? Il fallait que je lui trouve quelque chose avant qu’il ne me mange moi, donc, avant qu’il ne soit complètement réveillé je me rendis dans la cuisine pour y trouver de la viande et de l’eau et repartis dans le salon le lui apporter. Il était debout le regard féroce prenant son élan pour se jeter sur moi ! Doucement je lui tendis les gamelles et il dévora tout ce que je lui avais apporté ce qui me laissa un peu de répit pour retourner faire mes recherches à l’ordinateur, espérant qu’il se rendorme après son repas !
Je découvris des choses étonnantes sur cette tribu, comme le fait qu’ils communiquaient beaucoup avec les esprits, quels qu’ils soient, et qu’ils savaient leur redonner vie et corps, mais aussi les conserver. Lorsqu’un de leur proche mourrait ils enfermaient son esprit dans un objet précieux lui ayant appartenu (comme une bague, un instrument de musique, un habit…) afin de le garder à vie auprès d’eux et que cette âme veille sur eux. Mais je ne comprenais toujours pas pourquoi j’avais reçu l’âme de ce tigre dans cette photo ! Surtout qu’il me l’avait envoyé sans aucun  message,  alors je me dis que j’avais surement loupé quelque chose et je suis retournée sur la photo. Et puis je vis une inscription en bas de l’image, si petite que même de bons yeux ne l’auraient pas vue ! Il y était inscrit : « mort de n’être qu’un tigre, tué par un chasseur ainsi que son maître, votre ami, je sais qu’il aurait voulu qu’on vous envoie cette photo et je suis sa volonté » quelqu’un l’avait traduit du Moualam pour moi. Je compris donc que mon ami était mort et que l’on m’avait envoyé ce cadeau en souvenir de lui. Et je su ce que je devais faire pour que l’animal réintègre son domaine je devais lui dire que j’avais eu le message que je l’en remerciais  mais qu’il n’avait plus besoin de rester avec moi. Le tigre se leva comme hypnotisé et regagna sa demeure : la photo.

 

 

                                        Anne D.

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 20:53

 

Dans l’œil du tigre

 

La photo était là sur la table marquetée d’ivoire et le vieux maharadjah à l’agonie ne pouvait en détacher ses yeux rougis et mourants. Dans son cadre chantourné en bois de santal, le cliché représentait un majestueux tigre du Bengale, un mâle à la charpente musculeuse, au poil abondant et aux zébrures d’un noir d’ébène sur une fourrure d’un roux d’incendie. Hypnotisé par la bête, prête à bondir, il sembla au souverain malade qu’elle jaillissait hors du cadre, et il se remémora soudain la chasse grandiose, au terme de laquelle il l’avait tuée.

C’était un temps qui lui semblait à des années-lumières que celui où il venait d’épouser la jeune maharani. Il était alors au faîte de sa puissance et de sa richesse et son regard de cobra noir ne supportait pas que quiconque le regardât dans les yeux. Et c’était pour l’amour d’elle, pour éblouir sa très jeune épousée, aux yeux vert de jade et aux cheveux luisants de nuit, qu’il avait organisé cette chasse somptueuse, qu’aucun de ses sujets n’avait jamais oubliée.

Elle avait rassemblé des centaines d’éléphants, caparaçonnés d’or et d’argent, aux trompes lentes et dansantes comme des najas. Les pachydermes étaient escortés par d’innombrables fantassins armés de fines dagues, à la courbe empoisonnée, et d’une cohorte de cavaliers aux destriers fougueux et au sabot sûr. Un seul regard ne pouvait embrasser la piétaille servile et colorée de sa cour, où se mêlaient, dans un kaléidoscope d’étendards et de lances, le tintamarre de ses bouffons, de ses serviteurs, de ses piqueurs et de ses veneurs.

Comme un camée artistiquement ciselé, il avait gardé au cœur la vision enchantée de sa jeune femme, drapée, telle une momie pharaonique, dans son sari rouge aux fils étincelants, sur lequel ses lourds bijoux d’or fin jetait des reflets intermittent. Jamais il ne l’avait autant aimée, tandis qu’elle descendait de sa démarche dansée les grands escaliers de marbre rose de son palais, avec, à son petit poing d’enfant, le faucon le plus grand de sa volière.

En ce jour d’été suffocant et mémorable, c’est le plus grand tigre de ses annales de chasse que ses gens avaient rabattu. Une bête de trois cents kilos qui terrorisait les villages de la contrée par ses longs feulements nocturnes et ses attaques inattendues. Cela faisait des années que ses équipées meurtrière abandonnaient aux abords des villages endormis des vaches sanguinolentes et des petits enfants horriblement mutilés, recouverts de feuilles et de terre. Ses carnages lui avaient donné une dimension mythique et les paysans terrifiés chuchotaient que l’animal était la réincarnation de Civâ le Destructeur. Le jeune maharadjah qu’il était alors s’était trouvé investi d’une mission quasi-mystique : il lui fallait tuer le « mangeur d’hommes » et délivrer son peuple du Mal.

Tel le Koh-i Noor, le diamant des rois, le souvenir éclatant de cette journée gisait au fond du coffre de sa mémoire vacillante et lui apparaissait comme un Nirvanâ disparu à jamais. Le film sépia de cette chasse se déroulait dans son esprit toujours de la même manière, avec cette vitesse accélérée, qui donne aux personnages l’allure de marionnettes pressées par un temps inexorable. Il se souvenait du battement rythmé des mridangam, du piétinement des chasseurs haletants dans les herbes sèches, des appels enfiévrés des rabatteurs, du mouvement balancé du howdah, le palanquin rutilant de pierres précieuses, dans lequel il avait pris place avec la maharani. Et il demeurait hypnotisé par l’empreinte de la bête aux abois, cette « fleur noire à quatre pétales », qui avait éclos sur les sentes poussiéreuses du Bharatpur.

Mais, surtout, était figé en lui le moment unique où, à la fin de la languissante et harassante journée de chasse, le tigre royal, avait surgi à quelques mètres de son éléphant pétrifié. Il se rappelait ce face à face comme un moment d’éternité, suspendu entre la vie et la mort. Jamais il n’avait oublié la beauté puissante de « la monture de Durga », ramassée et prête à bondir. Il voyait encore les plus infimes détails de la tête du félidé : le blanc neigeux de ses oreilles rondes, élégamment ourlées d’un liseré noir, le museau rose et duveteux, ombré par les vibrisses prophétiques, le cou magnifique, cravaté de sa collerette épaisse comme le cœur de la jungle, les canines affûtées ainsi que des katar d’argent.

Et, dans cet instant, qui lui avait semblé infini, l’homme et l’animal avaient affronté leurs regards de despotes. Les yeux mordorés de voleur de femmes du maharadjah avaient plongé dans le puits sans fond de l’iris turquoise du tigre et le prince avait cru s’y noyer. Alors que le soleil sanglant sombrait derrière une haie touffue de banian, de cassia et de pipal, il avait éprouvé le vertige de la « petite mort », semblable à celui que lui accordaient les étreintes parfumées de la maharani. Il avait fermé les yeux et il avait eu la tentation de ne pas résister à ce vacillement fatal. En un millième de seconde, il avait senti la main satinée de son épouse sur la sienne, il avait dessillé ses paupières crispées, il avait épaulé son fusil de chasse aux incrustations d’émeraude et de rubis et il avait tiré un seul coup. Le félin roux avait poussé un long feulement inarticulé d’orgueil et de détresse et s’était effondré en un long basculement orange et noir sur la terre ocrée. Du haut de son howdah, sa jeune épouse avait jeté un œil incrédule sur l’animal vaincu et elle avait  murmuré avec crainte et admiration : « Il est encore plus grand mort que vivant ! »

Peu de temps après cette chasse, dont la renommée avait rendu le maharadjah célèbre dans le Bengale et l’Inde entière, le photographe de la cour lui avait apporté les clichés réalisés pendant la battue. Le prince en avait conservé cet unique cliché du fauve prêt à bondir et qu’il avait disposé parmi ses amulettes et ses objets de prédilection.

Puis, plus rien n’avait été pareil : c’était comme si la mort du tigre avait arraché au maharadjah des lambeaux de lui-même. Inexplicablement, il avait renoncé à chasser et avait entrepris de longs et lointains voyages vers l’ouest, dans des palaces pour happy few. La maharani, qui ne lui avait pas donné d’enfants, avait été victime d’une tumeur maligne. Son époux aurait préféré disparaître avant elle et la savoir brûlée dans le sati,  l’incendie du bûcher des veuves, plutôt que de la voir enlevée à lui par une mort difforme et puante. Ses années avaient alors passé dans une incommensurable mélancolie, qu’avait seulement illuminée sa rencontre avec la « grande âme » du Mahatma Gandhi. Enfin, les Anglais avaient déserté les Indes de Victoria, et il s’était retrouvé solitaire, au milieu de ses chiens et de ses éléphants qui ne chasseraient plus.

En ce soir d’octobre du calendrier lunaire, amaigri et las, il attendait donc la mort, le regard fixé sur la photo du tigre de sa flamboyante jeunesse. Happé par les pupilles sépia et hypnotiques de son fier adversaire, il essaya encore de leur résister. Ce fut en vain : il ferma les yeux. Et, cette fois-ci, il ne les rouvrit pas.

 

 

Catheau

 

ex-libris.over-blog.com

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 20:49

Le jeu des sept familles

 

 

 

La photo était là, posée sur la table

 

Loin de douter de la férocité d’un tigre, l’enfant l’attira vers lui et d’une voix caressante dit :

- « viens, nous allons jouer ensemble si tu le veux »

 

L’animal ne s’était fait prier. L’innocence de l’enfant ne répondait-elle pas à la bonté, la douceur, l’esprit pacifique qu’il était ?

 

Dans sa main, le félin ne demandait qu’à se faire adopter, tel un gros chaton

 

Ainsi l’enfant lui parlait :

 

-«  tu seras roi de la famille, le plus grand roi de toutes les familles des félins.

 

J’en compte sept dans mon jeu de cartes, mais tu détiens la meilleure place.

 

Allez, retourne en cage maintenant, juste pour y dormir. Quand tu voudras te libérer, il suffira démettre un long feulement et je viendrai t’ouvrir !

 

 

Mamylilou

 

 

 

http://reveries.over-blog.net/

 

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 20:44
Une enquête étrange

 

La photo était là sur la table.

Le commissaire Boulin contempla le frémissant tigre des neiges prêt à sortir du cadre.

- "Si seulement tu pouvais parler ! Je parie que tu as tout vu !"

Puis son regard balaya la pièce bien rangée glissant jusqu'au visage grimaçant, aux yeux révulsés, aux mains suppliantes du cadavre de la petite mamy.

Que s'était-il passé ? Aucune trace dans la neige autour de la petite maison. Comment d'ailleurs s'était-elle nourrie cette semaine ?

Le commissaire pensif, revint à la photo. Elle l'intriguait, le fascinait.

-"Devaux, emporte cette photo au bureau. Je l'examinerai demain. Tiens, j'en profite pour te confier les étrennes de Rosa.  Et après, rentre vite chez toi, bon réveillon !"

 

Rosa était fatiguée mais heureuse. Le réveillon s'était bien passé. Pas de dispute, tout le monde s'était contrôlé malgré les excès. Sa cuisine avait été appréciée et Titi, son fils, avait été sage.

Elle venait donc, de bon cœur, faire, comme chaque nuit, un peu de ménage.

Elle remarqua à peine la photo posée sur le bureau cachée en partie par la pochette cadeau. Un coup d’œil… un sourire ... le commissaire connaissait son péché mignon.. des truffes au chocolat ! Et les meilleures, si elle en croyait la marque !

Chantonnant, elle alla chercher ses balais et commença le travail.

Dans le bureau à côté... des moustaches frémirent....un déplacement d'air ...Rosa alla remplir son seau aux toilettes ... un froissement ... Rosa essora la serpillère... un petit galop... Rosa leva la tête : "Il y a quelqu'un ?" ...une chute dans le bureau voisin.

Rosa passa la tête " Oh le sac est tombé !". En le ramassant, elle retira un poil de la moquette " Ah l'adjudant Michel et ses chats !". Et retourna à son travail, sous le regard d'une ombre dissimulée derrière les dossiers.

Quelques bureaux plus loin, Rosa se redressa, massa son dos meurtri, rangea son matériel.. manteau, sac .. "Oh J'oubliais mes truffes !"

Le sac avait encore basculé sur la table et cela fit rire Rosa, ce sac culbutos.

 

Assis à son bureau, le commissaire lisait les résultats de l'autopsie de la mamy.

-"Nombreuses blessures internes, semblables à des griffures et des morsures"

Songeur, il reprit la photo du tigre, la tournant et la retournant.

Un tout petit message au dos : mode d'emploi = 1kg de chocolat tous les mois

Qu'est-ce que cela voulait dire ?

 

 

Dans son coin, Titi bougonnait. Il avait eu beau protester de sa bonne foi. C'était trop injuste. Il était puni.

Pourtant, il le savait bien. Ce n'était pas lui qui avait mangé toutes les truffes !

 

 

Martine du JdV


http://lejeu-du-vendredi.over-blog.com/

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 12:00

 

Le tigre largentic

 

La photo est là sur la table.

Ma maman vient de rentrer de lopital. Mon papa est allé la chercher.

La photo est là sur la table. Papa l'a déposée. Avant, il l'a montrée à tout le monde. Il est beau le petit frère, hein !

 

A cause du petit frère, maman est en vacances. Elle veut aller promener le petit frère, profiter du beau temps. Alors, on va tout le temps au jardin zolo logique. Tu peux courir sans danger, elle dit. Elle ajoute toujours, sauf si tu entres dans la maison du tigre. Mon papi fait partie des Amis du Zo et on peut entrer gratuitement. Sinon, ça aurait fait trop cher.

 

Ce que je préfère au jardin zolo logique, c’est me mettre accroupie là où le chemin s’arrête et où commence la pelouse. Il y a un endroit avec une racine d’arbre qui fait des bosses et des trous. Je regarde les fourmis qui montent et qui descendent. Je mets des petits morceaux de bois, des petits tas d’aiguilles de sapin en travers du chemin. Et je regarde comment elles font, les fourmis. Et je prends une baguette et je tape un peu dessus, pas fort, juste un petit peu. Pour voir ce que ça fait. Des fois, y’en a qui veulent plus marcher même si je les pousse. Alors, j’ai construits un cimetière à fourmis à côté. Et je cueille des pâquerettes pour leur mettre.

 

Après, quand maman elle parle tellement avec sa copine qu’elle m’a oubliée, je vais voir la cage au tigre. Je me demande comment on peut entrer dedans. Je peux jamais essayer pour de vrai. Y’a trop de monde dans ce zoo !

Et puis c’est le dernier jour.

Maman, elle dit, demain je recommence le travail, alors on va faire une photo du tigre. Elle nous prend les enfants devant la cage. Mais moi, je demande une photo du tigre sans personne. Et comme la pellicule est finie, on va chez le photographe. Maman ne veut que largentic. Le luméric c’est pour les fofotografes, elle dit. Je vais avoir un tigre largentic au-dessus de mon lit.

Toutes les nuits, en me couchant, je fais un bisou à mon tigre largentic.

Ce soir, son museau remue un peu. Pourtant quand je le regarde, il fait semblant de rien. Au bout de trois jours, il sort une patte du mur. Alors, je me lève de mon lit et j’attrape … le vide. C’est comme maman avec sa grimace, il veut pas me montrer. Le septième jour, il sort la tête. Et là, je bondis parce que je le guettais et je me retrouve pendue à son cou.

Il se dégage. Et me laisse retomber dans mon lit. J’arrive pas à m’endormir. Je vais chercher une cuvette avec de l’eau et je lui apporte. Il boit tout, tout vite.

Le lendemain, il descend du mur.

 Je m’habille vite fait, grimpe sur son dos. Et il m’emmène par le chemin du bord de la maison vers les champs. Il court. Je serre tout fort sa crinière. Je suis sur un Mamac-lançoire. J’ai un peu peur. Et je ris très fort.  Loin devant, je vois deux grandes ombres. Le tigre largentic va plus vite. Nous arrivons chez la girafe luméric et le nistiti luméric. Et puis, c’est la rivière turquoise et orange. Mon grand-père, celui du zo, il m'apprend les couleurs. L’eau brille. On dirait qu’il y a tout plein de lumières dans le fond.

Le tigre largentic, la girafe luméric et le ouistiti luméric sautent presqu’ensemble. Au milieu de la rivière, j’entends un drôle de bruit. Ça fait comme quand papa déchire les enveloppes du facteur. Nous atterrissons de l’autre côté. Je me retourne. Un cascade cache d’où je viens. C’est drôle, de l’autre côté, on la voyait pas.

 

 

 «Bienvenue au Royaume de la Lularmégentic. Tu es convoquée au Tribunal des fourmis. »

Un tribunal de fourmis, chic ! c’est drôlement bien cette promenade. C’est drôlement mieux que le zolo logique. Le tigre largentic continue. Plus loin, je vois des cages noires dedans. Je veux voir. Alors, on s’arrête devant. Il y a des enfants, des papas et même des mamans. Je dis c’est quoi ?

C’est des enfants qui sont méchants avec les bêtes. Ils jouent avec les coccinelles. Ils arrachent leurs ailes ou les pattes des sauterelles. Les papas, ils écrasent les lapins avec leur voiture par exemple. Les mamans, elles tiennent les oies pour les faire manger de force.

 

Et le tribunal des fourmis alors ?  

Je pense à mon petit bâton au zolo logique. Et d’un seul coup, j’ai très peur. Je me mets même un tout petit peu à pleurer. Je demande ils vont où après la cage, les enfants et les papas et les mamans ? Ça dépend du tribunal. Y’en a qui restent longtemps. D’autres y doivent travailler pour les bêtes. D’autres qui pourront retourner dans leur maison. D’autres, on les voit plus jamais. On sait pas ce qu’a décidé le tribunal.

 

Et moi, y va décider quoi le tribunal ?

Tu pourrais être condamnée à tisser des couvertures avec du fil d’araignée, et puis le soir à faire des tas d’aiguilles de pin et puis la nuit à dormir dans la cage avec les autres enfants.

Ou alors, il y aurait une libellule qui viendrait te chercher et t’emporterait en plein vol loin au-dessus de la forêt et alors … Regarde, c’est à toi. On vient te chercher. Est-ce que tu vois une libellule ?

Là-bas, un dragon à rubans !

Ah ! C'est une autre histoire alors.   

 

 

L’œil qui court

 

http://loeilquicourt.over-blog.fr/article-le-tigre-largentic-64557059.html

    

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 06:27

Le dernier « roman » de Vost Eshnapur :

 

« La photo était posée là, sur la table… »

 

Tout au long de sa dernière livraison au titre sonnant comme un manifeste, l’auteur nous invite à revisiter le parcours personnel et pictural du grand Fritz L.

 

Chacun a gardé en mémoire cette scène d’anthologie : Fritz L. s’inclinant sur le tombeau hindou de Liliom, son ami d’enfance et plus proche collaborateur. Personne n’a oublié la phrase sibylline prononcée alors : « Les bourreaux meurent aussi. »

 

Dans cette « biographie rêvée » selon les mots de Vost Eshnapur, nous entrons véritablement dans le secret derrière la porte, la scène inaugurale qui marqua à jamais Fritz L. dans sa chair. Dans la rue rouge de son enfance, le jeune Fritz va croiser la route du Tigre du Bengale, félin tacheté en furie. Cette épreuve traumatique, chasse à l’homme dont il faillit être la cinquième victime va être le révélateur de l’invraisemblable vérité sur sa mère, celle qu’il nomma longtemps la femme sur la lune.

 

Dès lors, laissant de côté règlement de comptes stérile, il deviendra le scrutateur des désirs humains de son siècle.

 

Nous accompagnons Fritz et ses muses ; la femme au gardénia, son énigmatique maitresse qui l’introduisit dans le monde de l’image ; nous sommes entrainés dans le sillage de la femme au portrait, amante au casier judiciaire inquiétant, surnommée par ses détracteurs, l’ange des maudits.

 

Nous découvrons Moonfleet où Fritz L. se retira au soir de sa vie, fatigué des guérillas que son art avait provoquées. « J’ai le droit de vivre ! » avait-il dit à cette occasion.

 

Au moment de rejoindre la mort lasse, Fritz L. laissera à la postérité une dernière énigme tel le « Rosebud » de Kane :

 

« Le démon s’éveille la nuit. »

 

Dan Rodgerson

 

http://lire.ecrire.rever.peut-etre.over-blog.com/


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  • : Le blog d' azacamopol
  • : Le blog a été ouvert le 24 janvier 2008. Jusqu'au 1 mars 2017, Azalaïs, Lilousoleil, Polly et Quichottine vous y ont proposé des jeux d'écriture en toute simplicité.
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L'inspiration de Fragonard

La consigne a retrouvé sa place dans les pages, module de droite.

 

Avez-vous pensé à offrir un petit texte de présentation à la Petite Fabrique d'écriture afin de figurer dans liste de ses membres ?

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Important !

 

Depuis le 1er mars 2017, les nouvelles publications sont effectuées sur notre nouveau blog.

Le nouveau blog a été supprimé le 19 août 2020 sans sauvegarde, j'en suis désolée.

Si vous désirez que les texte parus sur Wordpress soient de nouveau publiés ici, vous pouvez me les envoyer à l'adresse habituelle.

Merci !

 

Nos "annales" continueront à être publiées sur ce blog, à raison d'une publication par mois.

 

Merci.

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Jouer avec les mots


Vous avez envie de vous amuser avec les mots ?
Vous aimez écrire à partir de jeux, de thèmes, d'images et
vous n'osez pas vous lancer ?
La Petite Fabrique d'Ecriture vous convie à ce un moment de détente.
En toute simplicité, venez jouer avec les mots selon
une consigne donnée, à laquelle vous participez ou non selon votre envie
et votre inspiration.
Rien n'est obligatoire sinon s'amuser.