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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 13:12

 

C'est toujours la dernière fois

 

tu paradais dans le chœur

toi fillette en robe blanche

trop tôt finit le dimanche

dans un éclair sans bonheur

 

jamais on ne se baigne en la même rivière

elle emporte en fureur au milieu du courant

rêve d'éternité comme espoir encombrant

nous en gardons toujours une saveur amère

 

au début de ce chemin

toi jeune femme si belle

que tu ne verrais demain

le savais-tu la rebelle

 

ces quelques mots cruels résonnent comme un glas.

mais la première fois n'est qu'un trop court mirage

le livre à peine ouvert vient la dernière page

chaque pas dans la vie peut être un dernier pas

 

dans le miroir te regarde

toi le jeune homme effronté

pour avoir baissé la garde

un vieillard déconcerté

 

mais on le sait pourtant jamais ne recommence

le moindre événement nulle chose ici-bas

ne connaîtra vraiment une seconde chance

l’histoire continue sans repasser les plats.

 

jean-marie

 

www.passage1.com

 

 

Le texte de Jean-marie a été pulié sur son blog, avec de superbes illustrations, à l'adresse suivante :

http://www.passage1.com/article-c-est-toujours-la-derniere-fois-86026842.html

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 13:15

 

 Solitude, la dernière fois ?

 
Et si c’était la dernière fois ?
J’avais préparé quelques cigarettes
Je l’avais déjà vu ramasser des mégots
ils sont si longs les jours
en maison de retraite
et l’argent si absent
fumer y est un luxe
mais quoi
je n’allais pas lui faire la morale
fumer tue
mais mourir à petit feu
dans la monotonie de l’enfermement
privée de la vie qui fut sienne
n’est-ce pas plus terrible encore ?
J’ai traversé la grande salle
échangé quelques sourires.
Je ressens toujours un malaise
à les voir ainsi alignées
ce sont essentiellement des femmes
ici le féminin l’emporte
au diable les règles de grammaire
j’accorde avec le plus grand nombre
Entre ces murs
le temps s’égrène au rythme de la télé
parfois un menton tombe sur la poitrine
les yeux s’abandonnent
ou le regard est vague
perdu dans quelque recoin de mémoire…
Mais elle n’était pas a sa place habituelle
J’avais fait sa connaissance
lors d’une visite, voici deux ans
Elle était la seule, dans le couloir
assise dans son fauteuil roulant
près de la  baie vitrée
à faire des mots croisés
« Pour entretenir la tête » comme elle disait
Elle m’avait demandé une cigarette
Je ne fume pas
Mais les fois suivantes
J’essayais d’y penser
Nous parlions un moment
C’était toujours un plaisir
Je l’aimais bien Solitude
Elle était originaire des îles
un jour elle m’avait raconté
une expédition sur la plage
un souvenir de Ti punch
les rires, la mer, sa jeunesse
le temps de son bonheur
Mais la vie change
le temps passe
et elle s’était retrouvée là
comme beaucoup
à le tuer
à coup de mots croisés
et de quelques cigarettes
heureuse encore d’avoir un toit
« on ne peut pas tout avoir, n’est-ce pas ! »
me disait-elle avec un sourire.
Je croisais une aide-soignante
« je n’ai pas vu Solitude, savez-vous… »
son visage, ses yeux qui brillent soudain…
je n’avais plus à redouter sa réponse
Et si c’était la dernière fois ?
je resterais plus longtemps
à échanger des petits riens
pour le plaisir
rien que pour le plaisir.

 

Adamante


http://adamante-images-et-reves.over-blog.com

 

La participation d'Adamante à ce jeu a été publiée sur son blog avec une superbe illustration à l'adresse suivante :

http://www.adamante-images-et-reves.com/article-solitude-la-derniere-fois-85800517.html

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 08:55

 

Je n’aime pas les dernières fois…

 

La première fois…comme une évidence

Pas dans ton pas, j’aurais été au sommet de toutes montagnes

Pas après pas, dans la nuit ou le brouillard, et plein soleil

Et chaque dernière fois était promesse de nouvelle fois

Comme une première fois

 

 

La dernière fois,

Trop vite, le temps pressait, la route à prendre.

La dernière fois, trop fatigué, Toi, moi,

À peine le temps d’un au-revoir.

Un au-revoir ?

Le cœur si triste parce que dans cette dernière fois,

Il n’y avait pas cette promesse de prochaine,

De nouvelle première…

 

Cette dernière fois serait-elle signe de

« Non-revoir » ?

Ce serait donc,

« La dernière fois »….

 

« Nous devrions avoir la mémoire des silences comme celle des paroles » dit Mgr Ghika,

Entends-tu mes silences pour contrer cette « dernière fois » ?....

 

 

Mahina

 

http://adishatz.over-blog.net

 

 

Le texte a été publié chez son auteur à l'adresse suivante :

http://adishatz.over-blog.net/article-je-n-aime-pas-les-dernieres-fois-85840313.html

 

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 16:36

 

La dernière fois... 

 

la dernière fois que tu m'as parlé,

tu m'as dit:

« attends que je ferme la fenêtre,

des enfants jouent dans la cour de récré à côté »

 

tu m'as dit aussi:

« le patron vient de sortir de mon bureau,

j'ai eu du mal à retenir un fou rire:

ses chaussettes étaient dépareillées! »

 

et puis:

« attends, je pose le téléphone,

je vais fermer la porte »

 

et tu as continué:

« le café de la machine est vraiment dég...

oups, mauvais – tu sais que je n'aime pas les grossièretés,

.. je préfère le tien! »

 

et tu as ajouté:

« je serai en retard ce soir, mon dernier client

a décalé son rendez-vous,

quelle guigne! »

 

et puis tu as conclu:

« il faut que je raccroche,

mon collègue me fait de grands signes »

 

et , avec un rien de tendresse dans la voix:

« je t'aime, à ce soir ».

 

C'était la dernière fois

que j'ai entendu le son de ta voix au téléphone.

 

*

*

*

 

c'était il y a cinq minutes, une éternité,

j'ai une furieuse envie de te téléphoner encore.

 

ANNETTE

30/09/2011

 

http://creazinzinlassos.over-blog.com

 

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 15:59

 

In letzter Zeit 

 

Dans le lourd carrosse qui cahote vers la frontière française, Maria-Antonia dodeline de sa jolie tête au front un peu grand. Elle frissonne dans sa robe de velours bleu et serre frileusement ses petites mains diaphanes dans son manchon de vison des Carpates. Cela fait déjà cinq jours qu’elle a quitté la Hofburg et, au souvenir du départ dans ce froid matin du 21 avril 1770, son cœur se fendille comme les fines plaques de gel sur les bassins des jardins autrichiens.

Elle revoit Marie-Thérèse de Habsbourg-Lorraine, si maternelle, qui s’efforce de faire bonne figure. Sa bonne mère lui tend un paquet carré de lettres d’instructions scellées : « A lire tous les jours », lui confie-t-elle en l’embrassant. « Vous savez qu’il me faut être pour vous père et mère, vous donner mon avis et vous aider […] A votre âge, vous avez besoin de conseils. » Puis elle l’a confiée à la comtesse Windischgrätz, son Obersthofmeisterin : « Chère comtesse, je vous remets ma dernière fille très aimée. Prenez-en bien soin jusqu’à la frontière. » C’est la dernière fois- in letzter Zeit- que Maria-Antonia entend sa voix.

En posant sa jolie chaussure en chevreau sur le marchepied du carrosse, elle se demande encore comment elle n’a pas fait volte-face et n’a pas couru se jeter dans les bras de Marie-Thérèse. Pourquoi est-ce elle, sa dernière fille avec ses quinze ans, qui monte dans cette voiture lourdement capitonnée ? Pourquoi n’est-ce pas Maria-Carolina, bien plus jolie et plus volontaire qu’elle-même, si paresseuse et si indocile ?

Depuis les cinq jours interminables de ce voyage à travers les plaines et les forêts allemandes, la future Dauphine de France a eu tout le temps de ressasser tous ces événements, qui se sont soudain précipités et qui l’ont menée dans ce carrosse. Cela fait cinq ans déjà qu’elle sait qu’elle est promise au Dauphin Louis de France, qui n’est encore que duc de Berry. Le roi Louis XV a donné son accord à cette union, à condition « qu’aucune déformation physique n’intervienne avant le mariage ».

Mais pour cela, elle est tranquille, cette petite princesse qui accorde déjà un grand intérêt à sa propre image. Elle connaît la séduction de sa grâce primesautière et enfantine, les agréments de sa jolie figure, rehaussée avec art par la poudre et les boucles que son friseur, Monsieur Larseneur, sait ajuster sur son front haut. Elle est sûre de cette qualité qui lui vient de sa mère, celle de « toujours dire aux gens les choses les plus aimables ». Elle a appris à jouer de son ascendant sur les hommes, à commencer par Monsieur Matthieu-Jacques de Vermont, son précepteur français. « Vous assujettissez trop l’abbé », l’a morigénée sa mère. A quoi elle a répondu sans vergogne : « Non, maman, je vois que cela lui fait plaisir. » Et puis, quoi, Madame von Brandis sa gouvernante lui a affirmé que le Dauphin avait éprouvé un grand contentement à la vue de son portrait réalisé par Monsieur Ducreux, vous savez, le pastel où elle tient une rose blanche dans la main gauche.

Par moment, pourtant, elle a bien eu l’impression que Marie-Thérèse n’avait commencé à s’intéresser à son éducation uniquement parce qu’elle allait devenir reine de France. Elle s’est étonnée un temps de la venue à Vienne de tous ces Français, attachés à sa personne : son dentiste, ses couturiers, ses coiffeurs, son maître de ballet, le célèbre Jean-Georges Noverre. Et même, ne lui a t-on pas accordé le privilège insigne de jouer du clavecin avec le jeune Wolfgang-Amadeus Mozart ?

Si ces pensées l’ont un peu assombrie un temps, elle a vite retrouvé sa légèreté et son insouciance. Au milieu de ses très nombreux frères et sœurs, dans une étiquette bien éloignée du froid cérémonial à l’espagnole, elle a continué à « s’instruire en s’amusant » et à participer aux bals masqués, redoutes, mascarades et carrousels. Elle a oublié bien souvent qu’il lui faudrait un jour quitter Schönbrun et le joli château de Laxenburg, où elle aime tant se divertir l’été, dessiner avec Maria-Carolina, courir dans le parc avec son dernier frère, ou encore participer à de petits concerts familiaux. Ils ont bien raison ceux qui disent que Vienne, c’est « la plus charmante cour d’Europe ».

Et puis, voilà que le terme de tout cela est arrivé. Elle a vu le visage de Marie-Thérèse, qu’elle aime mais qu’elle craint un peu, devenir grave. Elle a senti un voile de mélancolie glisser sur les traits de ses frères et sœurs.

Le14 avril 1770, elle a reçu une lettre de Monseigneur le Dauphin et le portrait du prince. Elle l’a découvert dans son habit de chevau-léger, son grand cordon bleu et moiré du Saint-Esprit, avec son air indifférent, ses yeux très bleus à fleur de tête, son imposant nez bourbonien et ses grandes oreilles. « Il a quand même une belle bouche bien dessinée », a-t-elle pensé avec gourmandise. Elle a été inquiète cependant- elle ne sait pourquoi- lorsque Monsieur de Durfort, l’ambassadeur de France, lui a indiqué que le Dauphin n’aime rien tant que la chasse et les travaux de serrurerie.

Ce même jour, dans la salle du Conseil, toute tendue de brocart, elle a renoncé à la succession héréditaire de son père, François 1er du Saint-Empire et Empereur Romain Germanique, et de sa mère Marie-Thérèse d’Autriche. Tout en lisant la formule de renonciation et en prêtant serment sur l’Evangile, elle a soudain pensé que c’était la dernière fois- in letzter zeit- qu’elle portait le titre d’archiduchesse d’Autriche.

Le 16 avril, le marquis de Durfort, avec force civilités, a fait la demande en mariage pour le roi de France, à l’intention de son petit-fils, le Dauphin. Cette fois, Maria-Antonia s’est dit que les jeux étaient faits et qu’elle ne pouvait plus reculer.

Le 17 avril, Marie-Thérèse a tenu à donner une fête somptueuse au Belvédère avec un feu d’artifice qui, la jeune fille en est sûre, demeurera dans les annales. En voyant les fusées éclater dans le ciel autrichien, elle s’est dit que c’était la dernière fois- in letzter zeit- qu’elle contemplait la beauté de la nuit viennoise quand l’air est froid et cristallin.

Le 19 avril, a eu lieu le mariage par procuration. A six heures du soir, à la nuit tombante, conduite par Marie-Thérèse, la mariée, revêtue d’une longue robe tissée de fils d’argent, s’est rendue dans l’église des Augustins. C’est fou mais Maria-Antonia a eu envie de rire- on n’est pas sérieux quand on se marie à quinze ans- car c’est son frère l’archiduc Ferdinand qui remplaçait le Dauphin. Le nonce a béni les anneaux et donné sa bénédiction. Et quand les grandes orgues du Te Deum ont résonné, la mariée a ressenti un pincement au cœur : c’était la dernière fois- in letzter Zeit- qu’elle voyait son frère. Et le comte de Lorges a chevauché à bride abattue jusqu’à Versailles afin d’annoncer la nouvelle à Louis XV, le Bien-Aimé.

Le 20 avril, la gorge nouée et la main tremblante, sous la dictée de sa mère, Maria-Antonia a écrit une lettre au roi de France. Sa plume a hésité quand Marie-Thérèse a commencé par « Monsieur mon frère et très cher grand-père […] Ce n’était pas aisé de tracer les lettres de cette phrase. Et puis, elle a dû écrire que désormais elle allait avoir « le bonheur d’être de sa famille ». Ainsi, c’était comme ça, on changeait facilement de famille par le mariage. C’était la dernière fois- in letzter Zeit- que ses frères et sœurs étaient de sa fratrie.

Le 21 avril au matin, le carrosse et toute l’escorte ont roulé et galopé à grand fracas sur les pavés de la Hofburg, qu’elle ne foulerait plus. Le soir, elle a fait étape à Melk. Son frère, l’empereur Joseph II, l’attendait pour lui faire ses adieux. Avec déchirement, elle a appris de sa bouche que leur sœur, Madame Louise, se retirait au couvent. Ils ont évoqué leurs souvenirs. Comme on riait aux spectacles organisés par François-Etienne pour leurs anniversaires ! Et comme elle était charmante, Maria-Antonia, quand elle dansait et chantait dans Il Trionfo d’Amore, à l’occasion du mariage de Joseph avec Josepha de Bavière ! Il ne fallait plus penser à tout ça, voyons : Maria-Antonia allait devenir reine de France.

Elle est repartie, le cœur de plus en plus gros, et les étapes se sont succédé : Munich, Augsbourg, et la petite archiduchesse voyageuse est enfin arrivée à Kehl. C’est là, dans une île bucolique du Rhin, que le comte Stahremberg a remis son précieux bagage au comte de Noailles, envoyé extraordinaire du Roi.

Voilà : un peu tremblante, elle est montée dans une barque et elle a accosté. On l’a menée dans un pavillon de bois. Dans les cinq pièces, il y avait des tapisseries des Gobelins partout ; ça rendait l’atmosphère royale peut-être mais étouffante. Pauvre petite Maria-Antonia ! Jamais elle n’avait paru si jeune et si frêle. Elle a jeté des regards effrayés partout. Sur une tapisserie au bleu d’Arras, une reine de Saba semblait lui dire : « Soyez digne, relevez la tête, on vous regarde ! »

Avec une grande délicatesse, la comtesse Windischgrätz lui a ôté sa robe bleu de Prusse, sa chemise de fine batiste, ses bas de coton blanc, ses chaussures de voyage. Elle a défait les rubans de soie de ses cheveux et lui a enlevé les peignes d’ivoire, hérités de Marie-Thérèse. Maria-Antonia a pensé : « C’est la dernière fois qu’elle me déshabille. Elle a toujours été douce avec moi. Je regretterai ses mains au parfum de jasmin. » On a apporté les nouveaux effets de la nouvelle Dauphine et on l’en a revêtue. Ils avaient une odeur inconnue : « C’est l’odeur de la France, c’est la mienne à présent », a-t-elle songé avec mélancolie.

Après, elle ne sait plus très bien. Ses nouveaux atours l’engonçaient un peu. On l’a conduite respectueusement dans la pièce du milieu. Une grande table et une estrade de bois y étaient dressées. Elle s’est assise les yeux dans le vague. Son cœur s’est mis à battre comme un petit écureuil affolé qui va mourir, lorsque toute son escorte viennoise a quitté la salle. Elle a vu ainsi disparaître sans mot dire ceux qui, depuis toujours, vivaient dans sa proche intimité. Un sanglot lui a noué la gorge. « Non, je ne pleurerai pas, maman ne l’aurait point voulu », voilà ce qu’elle s’est dit en vaillante petite Dauphine.

Ensuite, l’huissier a annoncé des noms et des noms et encore des noms, dont elle a aimé les sonorités : comtesse de Noailles, chevalier de Saint-Sauveur, maréchal de Contades, marquis de Voguë, duchesse de Villars, comtesse de Tavannes… Elle a souri, a donné sa main à baiser, a incliné sa jolie tête.

A Strasbourg, le chef du Magistrat, a eu la délicatesse de lui parler en allemand. En princesse qui sait tenir son rang, elle lui a répondu avec douceur mais fermeté : « Ne parlez point allemand, Monsieur : à dater d’aujourd’hui, je n’entends plus que le français. »

Et ce fut la première fois que l’archiduchesse d’Autriche, Maria-Antonia, devenue la Dauphine Marie-Antoinette, parla français en public.

 

Catheau

 

http://ex-libris.over-blog.com

 

L'article a été publié chez Catheau à l'adresse suivante :

http://ex-libris.over-blog.com/article-in-letzter-zeit-85444838.html

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 15:51

 

Gueule cassée

 

La dernière fois que quelqu'un m'a souri, c'était avant la guerre.

Au village où mon père avait été instituteur, toutes les jeunes filles me disaient bonjour. Le regard doux de Mathilde surtout. On voulait s'épouser et, des chemins de montagne, je lui ramenais souvent des pervenches adoucies de myosotis. Pour l'embrumer de bleu. Mathilde. J'ai réussi à garder sa photo. Elle m'avait dit «Je t'attendrai, mon Jeannot...».

Ce matin, le Docteur Morestin * m'a dit qu'une opération est possible. En attendant, comme les autres «gueules cassées», je dois porter un ouvre-bouche en permanence afin d'étirer les muscles de mes mâchoires. C'est drôle de penser au sourire de Mathilde alors que mes lèvres semblent distendues à la manière d'un sourire ... tranché. Il n'y a pas de miroir . De mes lèvres s'écoule un filet de bave qui semble se déverser indéfiniment. C'est mon tonneau des Danaïdes. Mais, je m'estime heureux car je pourrais peut-être reparler un jour. Et je ne suis pas devenu fou. Je me souviens de la boue comme d'une gangue noire et glacée où l'on retrouvait, éparpillés, des bouts de tout ce que compte un être humain. Mais, la vie pour les chanceux. J'ai voulu survivre pour Mathilde, même éclaboussé d'immonde. Les ombres dérisoires sous le torchis macabre des canons, l'inconnu, la peur. Peur-macabre-immonde-éclabousse-les pervenches-un sourire....

La dernière fois que quelqu'un m'a souri, non, ce n'était pas Mathilde. Le bleu, manquait le bleu. C'était Jean ... et je ne suis pas devenu fou ....

 

Valdy

 

http://www.valdy-a-dit.com

 

* Hippolyte Morestin, (1869/1919) est un chirurgien français, professeur agrégé d'anatomie à la faculté de Paris. Il fut l'un des fondateurs de la chirurgie esthétique. Il fut surnommé le père des en faisant progresser la chirurgie maxillo-faciale, il fut surnommé le père des gueules cassées.

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 15:30

 

La porte

 

Discrètement, j’ai glissé un pied en travers de la porte. Je redoute les portes fermées, surtout celles ouvertes sous le sceau de l’amitié.

Tout ce que la Petite Fabrique d’Écriture a façonné ne pourrait s’effacer.

Doit-elle continuer sur sa lancée ?

Doit-elle se mettre à ronronner ?

Doit-elle se transformer en Petit Musée ?

Ce n’est point à moi d’en décider puisque je n’ai, ni le temps, ni les capacités pour la piloter.

Si mes quelques mots peuvent peser dans la balance, vous vous doutez de quel côté, je la fais pencher …

Je ne suis pas sûre d’aimer les dernières fois, quelle qu’elle soit !

 

ABC

http://detente-en-poesie.over-blog.com

 

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 13:02

Nous avons travaillé, il y a très longtemps, et vous l'avez vu si vous avez lu les dernières annales de La Petite Fabrique d'écriture, sur notre "première fois". Les vôtres m'ont émue, mais je l'ai été encore plus de voir qu'un autre s'y joignait, malgré mon peu de présence dans la communauté.

 

Alors, puisque personne n'a relevé le défi que je proposais alors, je me permets de vous inviter de nouveau à ce partage.

 

♦  ♦  ♦ 

 

Une première fois, ce peut-être aussi une dernière, tout dépend du plaisir éprouvé, de l'envie de recommencer...

Mapie disait "si seulement on pouvait dire..."

C'est vrai, il arrive que l'on ait vraiment envie que ce soit la dernière.

Alors, et vous ? Comment serait cette "dernière fois" ?

 

 

Merci d'avance à tous ceux qui accepteront de participer.

Les textes reçus seront publiés à partir du premier octobre.

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 12:38

 

La bicyclette (bleue ?)

 

« Tu peux l'essayer si tu veux. » Bastien me désignait son vélo bleu, flambant neuf, qu'il avait reçu pour ses 9 ans. J'hésitais. Je les avais déjà moi, les 9 ans et, si j'étais bon aux billes, à la course, bon en classe -mais pas devant- je ne savais pas faire de vélo. A quand remontait ma dernière expérience de cycliste ? Je l'ignorais, mais ce que je savais, c'est que dans la cave, sous la poussière, mon tricycle dormait encore. Je n'avais jamais eu d'autre vélo, mes parents craignant pour ma sécurité. J'avais grandi ainsi, regardant les autres pédaler, certains lâchant même leurs mains du guidon. Moi, tel un échassier maladroit, je n'envisageais plus de me poser sur pareil engin. Je dévisageais mon ami, pouvais-je lui avouer que je n'avais jamais fait de deux roues ?

 

« C'est que, il est neuf, je ne voudrais pas l'abîmer» dis-je nonchalamment.

 

Derrière ses lunettes, j'ai vu ses yeux s'agrandir d'étonnement. Il a reniflé une fois pour se donner de la constance et il est monté dessus. Au démarrage, aucune hésitation, aucun appui nécessaire. J'ai regardé ses basquettes adhérer comme par magie aux pédales, et il est parti. Planté là, j'ai regardé Bastien faire le tour du square. Les cris des enfants répondaient à ma solitude soudaine. Là-bas, notre arbre, avec ses branches basses écartées comme un refuge à mômes, ne me tentait plus. D'ailleurs, il semblait triste aussi, la rentrée ayant sonné son glas depuis longtemps, il commençait à laisser tomber ses feuilles. Alors je me suis assis sur le banc. Et j'ai ... pensé. Je me disais qu'avant, je ne me posais pas toutes ces questions, jouer et courir me suffisaient. Maintenant, j'avais peur de perdre mon ami, j'avais honte de ne pas être comme les autres.

 

Le dérapage contrôlé, il l'a fait juste à côté de moi, pour m'attendre sur son vélo. On est devenus de la même couleur gris poussière. Une même masse de poussière grise et bruyante. On riait comme des fous. C'était mon ami, il avait compris. Il allait m'apprendre ....

 

Valdy

http://valdy.over-blog.com

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 19:10

 

Caprices du temps

 

Ce matin

Ai perdu l'entrain

Du jour au lendemain

Goût à rien

 

Egarement

Flottement

Découragement

 

Auparavant

Enchantement

Soudainement

Abattement

 

Humeurs changeantes

Beau fixe, pluie battante

Caprices du temps

Inexorablement

 

Que faire?

Impossible marche arrière

S'asseoir par terre

Prendre l'air

 

Momentanément

Accueillir le présent

Tenter l'apaisement

Apprivoiser l'ennui

Susciter l'envie

 

Envie de dire

Envie d'écrire

Ce qui vient

Sans réfléchir

 

Calmer l'ouragan

Oublier le grand vent

Griffoner un dessin

Entonner un refrain

 

Ne pas me prendre la tête

Retrouver l'essentiel

M'inventer un arc en ciel

Finie la tempête

Demain sera  fête!

 

BLJ73

 

Voir la présentation de Blj73 :

http://azacamopol.over-blog.com/article-presentation-de-blj73-62180331.html

...

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