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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 12:18

 

Insomnie

 
Quand tu nous tiens par la main
Le temps inlassable poursuit son cours
Tandis que seule j'ai peur du lendemain
Je voudrais que la vie arrête son tour
 
          Insomnie
          Quand tu viens te glisser dans mon lit
          Le temps suspend son envol
          Tandis que mon livre tombe dans l'oubli
          Je voudrais que passe la vie et que les jours s'envolent
 
                     Insomnie
                     Quand tu t'invites aux fêtes 
                     Le temps joyeux ne fait rien pour moi
                     Tandis que l'oreiller berce ma tête
                     Je voudrais que la vie s'éloigne de moi
               
 

Auryne
 
http://defis-d-ecriture.over-blog.com/article-insomnies-63905706.html

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 10:25

 

Couleurs d'insomnie

 

Insomnie

des rêves blafards m'agitent et m'épuisent

Pour empêcher le sommeil de fuir

j'essaie de garder les yeux fermés

mon corps s'exaspère et maltraite l'oreiller

 

Je sais que tu es là sur ma table

à portée de mon regard, petite ensorceleuse

je résiste encore

les bruits de la nuit tropicale doucement se font reconnaître

acceptant ma défaite, j'ouvre les yeux

et je quitte mes ténèbres

L'insomnie est sans couleur

 

Je te rejoins devant la table

et allume l'ordinateur

Et voici que,

petites souris sans importance,

tu t'illumines comme un sapin de Noël

de couleurs changeantes

qui viennent égayer ma nuit blanche

 

Azacamopol m'avait donné rendez-vous cette nuit avec toi

ici dans ce pays lointain, et je ne le savais pas

 

Le pèlerin

 

http://le.jardin.du.pelerin.over-blog.fr

 

 

Le Pèlerin avait joint une image personnelle à son texte. Vous pourrez la voir sur son blog :

http://le.jardin.du.pelerin.over-blog.fr/article-couleurs-d-insomnie-63948704.html

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 10:19

 

02:14

 

Sur la mousse de mes rêves,

Nuage-boule de coton,

S'ouvre la page d'un livre.

Ma joue s'y pose câline

et mes longs cheveux dessinent

de blonds serpents alanguis.

 

La pelote de coton

soudain se mue en moutons.

Or j'ai beau faire et beau dire,

ils s'effilochent en mots

et se déguisent en pensées

qui réveillent mon insomnie.

 

Mes yeux largement ouverts,

Surpris par un reflet rouge,

Fixent avec intensité

des chiffres qui estampillent

mon front, se faufilent en moi…

Non ! non ! Je ne rêve pas !

 

 

Denise Doderisse

 

http://lesrosesdelavie2.over-blog.com/

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 00:46

 

Insomnie

 

Insomnie

Jusqu’aux confins de la nuit.

Qu’ai-je donc à me tourmenter

Alors que tout est empaqueté ?

 

Félonie

De l’espèce neuronique

Qui sans cesse me fait la nique :

J’ai sûrement omis un détail.

 

Litanie

Des souhaits fort exprimés

Par les petits enfants aimés

Oh ! Pourvu que j’aie pensé à tout.

 

Acrimonie

Contre ces yeux grands ouverts

Et ces pauvres pensées stériles

N’ai-je pas tout compris de travers ?

 

Insomnie

Ça y est, ma nuit est finie.

Je n’ai, bien sûr, rien résolu

À l’aurore, j’étais bien moulue.

 

Jakline

 

http://lignesdefuite.over-blog.com

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 00:38

 

Insomnie

 

Insomnie, insomnie,

molle nuit

nuit qui s'étire sans apporter

ni repos ni oubli

nuit sans fin,

pourquoi es-tu revenue

insomnie

et avec toi l'angoisse qui me froisse...

 

Noël s'en vient

et je n'ai pas le cœur en fête,

je ne retrouve pas la petite fille

qui s'émerveillait

de la moindre lumière

et du plus petit cadeau,

la petite fille

qui n'attendait rien et recevait tout....

 

Je peine à choisir des cadeaux pour tous,

à prévoir les repas.

Je ne suis pas au diapason...

Qui me donnera le " la"?

Insomnie, insomnie,

ce n'est pas toi qui y parviendras.

 

Noël, fête de la naissance,

nous invite à vêtir notre âme de neuf,

Et moi, je ne songe qu'à quitter

ce temps, cet espace

où je n'ai pas ma place..;

Je ne songe qu'à me dépouiller

de toute contrainte...

Mais ne faut-il pas mourir à beaucoup de choses

pour tenter de renaître ?

 


Gazou

 
    http://gazou.over-blog.fr

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 00:31

 

Les insomnies de Jo

 

Oui, allo ! Salut, c’est Jo !...Oui, je sais qu’ça fait deux ans…Comment ça, où je suis ?... Ben, j’suis à l’étranger…Non, j’peux pas te dire où, des fois qu’les condés aient les esgourdes qui trainent sur le bigophone… Non, j’ai pas replongé…mais j’voulais quand même te rencarder sur ce qui m’est arrivé depuis que j’suis sorti du ballon… Et puis j’suis pu tout seul. Y’a le lardon et ma gisquette… ça me fait de sacrés insomnies, moi qui dormais toujours comme une souche…. Oui, attends, j’tessplique depuis le début…

 

En sortant de taule, je me sentais comme un type qu’a la gueule de bois. Un peu comme si j’avais ribouldingué deux jours d’affilée. Et puis je voulais me ranger des voitures, alors il fallait que je trouve un turbin et vite fait.

 

J’ai eu un bol de première. J’rencontre ce type qui me dit : « J’ai besoin d’un gars bien charpenté qui sait manier la varlope et le trusquin. » J’ai d’abord pensé à un coup foireux mais quand il m’a esspliqué le taf, j’ai accepté tout d’suite… Au bout de quelques temps j’ai pu récupérer mes affaires. J’les avais mis au clou pour payer le jaspineur et de pas les avoir, ça me rendait marteau.

 

Enfin, je sentais que j’sortais d’la mouise. J’ai même pu louer une petite carré, un « chez moi ».

 

Et là, je l’ai rencontrée. J’ai d’abord vu que ses mirettes. Des chasses à te faire grimper aux rideaux. Très vite, on s’est mis à la colle. Très vite, elle m’a raconté son histoire.

 

Un gars de la haute l’avait remarquée. Il lui avait envoyé un de ses porte-flingues, un certain Monsieur Gaby. Bizarre le gonze ! T’avais l’impression qu’il planait tout le temps. Il lui a dit que son daron avait « des projets pour elle », qu’il viendrait la visiter. Et puis après, bernique. Que nibe ! Plus de nouvelles. Et v’là t’y pas qu’elle se retrouve en cloque. Moi, tu m’connais, j’l’aurais pas laissé jouer les gigolettes. Une fille, par chez nous, dès qu’elle est un peu gironde, avec ou sans le polichinelle, certains auraient voulu qu’elle aille aux asperges. Et puis j’étais morgane d’elle, alors tu penses…

 

C’est après qu’il y a eu cette histoire de « recensement ». J’devais aller à B… avec elle. Impossible de prendre ma meule avec son ballon. On a donc fait le chemin à pince. On est arrivé à la noye et plus une seule piaule. J’avais du flouze mais les tauliers voulaient rien savoir. On faisait p’t’être trop mendigot avec nos frusques fripées.

 

On s’est trouvé une sorte de grange. Ça bouquanait un peu, rapport aux bestiaux dedans, mais à défaut d’mieux !... On s’est installé pour piquer un roupillon. C’est au milieu d’la nuit que j’ai entendu ma belette gémir. Le gniard arrivait, plus vite que prévu encore ! On l’a couché sur la paille et les deux bestiaux lui ont soufflé d’ssus. Entre nous, ils auraient pas été là, hein, on sait pas c’qu’il s’rait devenu… On était dans une sacrée mistoufle quand même, mais j’avais envie de chanter.

 

Le lendemain trois mectons se sont pointés. On pensait qu’c’étaient des cognes. Mais c’était pas possib’, enturbannés comme ils étaient. Le premier c’était un vioque aux tifs et à la barbe blanche, l’autre t’aurais dit un apache, ouais ! Mais pas comme ceux de Pantruche mais un vrai de vrai, du farouest, les ceusses qu’ont des plumes. Et le troisième, un grand bamboula ! J’avais sorti mon surin au cas où… J’lai rengainé aussi sec.

 

Y z’étaient venus nous apporter des cadeaux, dis donc ! Et puis nous dire que les argousins alpaguaient tous les parents avec des mômes. Va savoir pourquoi ! Nous ça a fait ni une ni deux, on s’est tiré sur un des bestiaux, l’âne.

 

Et depuis, je roupille plus pareil. Voilà …

 

Mais dis-donc j’t’ai même pas dit son blaze, au mioche. J’avais d’abord pensé à « Manu » comme « Manu la Bastoche », le grand flandrin qui causait tout le temps. Et puis je sais pas pourquoi, sans doute parce qu’on avait tellement les crocs, j’ai pensé à ce sauciflard…Mais si, rappelle-toi, celui qu’on tortorait si souvent. Oui… celui-là… Et puis le p’tiot avait d’la voix. Alors j’ai dit à ma nénette :

 

« Dis donc, Jésus crie ! »

 

Paul Mertz

 

(Texte envoyé par Dan Rodgerson, de la part de Paul Mertz, l'un de ses amis qui n'a pas de blog.)

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 00:25

 

Sépia

 

Quelquefois, la nuit,

je ne dors pas.

Alors,

je repeins en mauve la grande muraille de Chine…

 

 

Quelquefois, la nuit,

je ne dors pas.

Alors,

je donne un peu d’avoine aux chevaux de Marco Polo…

 

 

Quelquefois, la nuit,

je ne dors pas.

Alors,

je traverse à la nage les lacs bleus de Band-i-Amir…

 

 

Quelquefois, la nuit,

je ne dors pas.

Alors,

j’invente d’autres noms à la nuit, nuit câline…

 

 

Quelquefois, la nuit,

je ne dors pas.

Alors, j’allume

et je regarde sépia votre photographie…

 

 

Pénélope Estrella-Paz

( pour Alexandra David-Neel )

 

 

http://aloreedespeutetre.over-blog.com/

 

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 00:14

 

 Mon copain Rudy

 


« Paris s’enfonce sous l’ botte des Fridolins », c’est ça qu’ papa i nous avait dit c’ soir tout froid d’ décembre 1942, où qu’on tremblait comm’ des feuilles. On était tous les trois avec m’man, tout contr’ la ch’minée et on d’vait tout l’ temps rajouter du bois qu’on avait glané dans l’ bois d’ Chaville. Moi, j’ crois ben qu’ j’avais sept ans – l’âge de raison - que p’pa y m’ répétait tout l’ temps. Mais j’crois qu’ j’avais pas beaucoup d’ raison, parc’ que c’te phrase, elle m’ rev’nait dans la tête comme quand l’ toupie elle tourne tout l’ temps et qu’on voudrait ben qu’elle s’arrête à la fin. C’est qu’elle m’empêchait d’ dormir, c’ te vilaine phrase, et j’ f’sais d’ méchants rêves, où que j’me réveillais en criant. J’ voyais ma tête tout’ écrabouillée par d’ grosses bottes ; c’était comm’ si qu’ y avait des soldats d’ plomb qui marchaient sur ma tête et que j’ m’enfonçais dans l’ mare à purin d’ Mémé.

 


J’ crois qu’on n’était pas ben loin d’ Noël. A Paris, on n’avait pas l’ droit d’ se  prom’ner l’ soir et les rues, ben elles étaient toutes noires. M’man, elle f’sait la queues dans les boutiques du quartier : « J’ voudrais ben qu’on fasse un gueuleton pour Noël » qu’elle disait. Mais c’ qu’on mangeait, c’tait toujours des rutabagas et des topinambours et d’ la soupe de lait et c’ qu’on buvait, c’tait du café d’orge, qui m’ laissait un sale goût dans ma bouche. J’ m’ souviens qu’elle avait toujours l’air triste, « comme un jour sans pain » qui disait p’pa. Alors moi, j’ mettais ma tête dans son tablier qu’avait des gros carreaux bleus pis blancs, et elle m’ caressait mes cheveux mais moi j’ voyais ben qu’ m’man elle pensait à aut’ chose. Toujours bougon, P’pa, i’ rentrait l’ soir d’ son atelier de menuiserie, çui qu’est rue de la Boule blanche. I’ posait son rabot et son ciseau à bois sur l’ toile cirée d’ la cuisine. I’ gueulait contre les verts-de-gris, les doryphores et les Chleuhs. Et quand j’ lui d’mandais c’ que ça voulait dire, et ben i’ m’ répondait jamais.

 


J’ m’ rappelle qu’à la radio, y avait une chanteuse, j’ m’ rappelle qu’elle chantait : « Je suis seule ce soir avec ma peine… » et c’ refrain, i’ m’ réveillait la nuit et moi ben j’ pouvais pus dormir. Moi, qu’est-ce que j’avais peur d’ me retrouver tout seul dans ma p’tite chambre ! J’y voyais rin de rin, sauf un peu d’ lumière en-d’ssous d’ la porte qui v’nait d’ la cuisine. C’était comm’ si qu’on m’étouffait avec un oreiller. J’ crois qu’ c’était à cause du tissu tout bleu qu’ m’man elle pendait tous les soirs d’vant ma f’nêtre. « C’t à cause des bombardements », qu’elle disait. Et moi, j’ me rappelais toujours la nuit où qu’ les sirènes elles avaient gueulé et qu’ j’avais dû descendre avec m’man et p’pa dans la cave avec tous les gens d’ l’immeuble. Avant d’ rentrer dans mon lit, ben, j’ mettais à genoux  sur le p’tit tapis qu’on avait ach’té à La Samaritaine. Su’ l’ mur, m’man, elle avait épinglé une image de Marie, la m’man du P’tit Jésus, avec des roses et pis ses mains qui s’ouvrent :  « Sainte Vierge, », que j’y disais tout bas, « pourvu qu’y ait pas d’avions c’te nuit ! »

 


Faut que j’ vous dise tout, c’est pas ça qui m’empêchait d’ dormir, non, c’est pas ça. Au mois d’ juillet, c’était tôt l’ matin, y avait eu tout un ram-dam dans l’immeuble, des cris, des gens qui gueulaient, des cavalcades et pis des claquements d’ galoches. Avec m’man et p’pa on était sorti en pyjama dans l’ couloir, y avait plein d’ gens qui dégringolaient l’escalier et pis qui s’ bousculaient. Y avait des mecs avec des galurins tout noirs, sapés comme des milords, avec des manteaux d’cuir et pis y avait des poulets avec des capes comme celle d’ Superman, sauf qu’ celle d’ Superman, ben elle est toute rouge. C’ qui m’a fait drôle, c’est qu’ dans tout c’ bazar, y avait mon copain Rudy, ç’ui qui m’ file des billes à la récré et qu’ en a toujours une ben bonne à raconter. J’ai même pas eu l’ temps d’ lui dire que’que chose, j’ai vu seul’ment qui m’ faisait un signe avec sa main, pis j’ai entendu les bus qui roulaient dans la rue, pis plus rin.

 


P’pa et m’man, y bougeaient pus, i’ z’étaient comme’ la statue toute verte du square d’en face. J’y ai d’mandé : « Où c’est qui va, Rudy ? » Et p’pa i m’a dit : « T’en fais pas, i va r’venir, c’est pour qu’i vérifient leur identité. » Moi, j’ai pas compris, pa’ce que Rudy, on sait bien qui c’est, c’est l’ fils de Moshe, l’ tailleur du quatrième, c’ui qui vient d’ Pologne, et qui sait si bien rap’tasser les vieux habits, même que m’man, elle lui dit toujours : « Monsieur Moshe, c’est ben vrai qu’ vous avez d’ l’or dans vos doigts ! » Alors, voilà, moi, j’pense toujours à lui, la nuit, quand c’est qu’ j’arrive pas à pioncer.

 
Pour c’te Noël, p’pa, y m’a fait un sapin avec un manche à balai et pis des branches d’ sapin qu’il a coupées avec sa grande scie dans l’ square d’en face. M’man, elle a fait une p’tite crèche dans une boîte à godasses et pis elle a mis d’ssus une étoile, même que j’y ai dit qu’ c’est comme l’étoile qu’ la mère d’ Rudy, elle a cousu sur sa pèlerine. P’pa, i m’a donné un p’tit Pinocchio en bois, même qu’ c’est lui qui l’a fait dans son atelier. I m’a dit qu’ comme ça, p’t-être que j’y dirais pus d’ mensonges. Mais moi, j’ crois plutôt qu’ c’est p’pa qui dit des menteries, pa’ce que Rudy, ben, il est jamais r’venu et moi, ben, j’ l’attends toujours et c’est pour ça que j’ dors pus.

 
 
Catheau
 
http://ex-libris.over-blog.com

 

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 23:55

  

Passe-moi le litron

   

-Eh l’Hector, passe-moi l’litron !

  

Ils sont cinq installés, débraillés, forts en gueule, sur le banc de la Grand’Place.

  

Il reste une heure avant la fermeture des magasins. La foule se raréfie. L’un ou l’autre père de famille s’énerve à effectuer la course indispensable que sa femme qui a tout prévu a oublié malgré deux nuits d’insomnie à repasser en revue la liste des invités, leur placement à table, les vins – Charles, tu aurais tout de même pu t’occuper des vins en ce 24 décembre - Je travaille, je peux pas tout faire – Et moi qu’est-ce que je fais ?- les cachettes des cadeaux, la couleur des serviettes, l’ordre de confection des plats que l’on ne peut faire qu’à la dernière minute…

  

Les jeunes et vieux imprévoyants courent après le cadeau improbable qui va faire plaisir à tous les coups. Et puis il y a ceux qui reviennent d’une semaine de déplacement à l’étranger et qui n’ont pas trouvé la demi-heure nécessaire à l’achat du cadeau de leur femme.

*

*                  

                *

Ils sont cinq installés sur un banc. Et l’un d’eux s’exclame :

  

« Cette année, on va pas encore se retrouver juste avec not’litron. Tout le monde fait des cadeaux ce soir. Nous aussi, on va faire un cadeau.

  

-… ?

  

- On va faire une bonne action. Quand j’étais scout, le curé y disait une B.A.

  

- Hé t’accouche !

  

- Les riches, y’z’achètent toujours trop pour la bouffe de Noël. Et après, y sont comme des cons avec tout’cette bouffe qui sav’pas quoi en faire. Pasque le curé y disait à eux aussi, le gâchis c’est un péché. Y’z’ont oublié le curé. Mais ce qu’il a dit, y’z’ont pas oublié.

  

- Et alors, on s’en tape du curé et des riches.

  

- Ouais ! Qu’est-ce que t’as à ramener c’t’engeance !

  

- Tu veux nous fout’le bourdon ou quoi ?

  

- C’que vous êtes bêtes !

On va faire la tournée des grands ducs. On va y aller à partir de 11heures. Dans tout’les bicoques de riches de la ville. On va rafler les restes. Eux y s’r’ont trop contents de s’donner bonne conscience et nous mes pots, on va se faire un gueuleton que personne dans la ville aura eu l’équivalent.

 

-Hum ! Pas con ça. J’l’ai toujours dit qu’il en a là-dedans l’Alphonse.

*

                        *

*                                    

 

Cinq heures plus tard.

 

- Qui c’est qui sonne ?

 

- Allez l’Alphonse, t’as eu l’idée. Maintenant tu vas au bout.

 

- Vous vous êtes vu les mecs. C’est à çui qui pissera dans son froc.

 

- Ben moi, y’a rien à faire, je ne suis pas chez moi ici. Les quartiers d’riche, ça pue l’oseille et le poulet.

 

- Bon les mecs, c’est pas comme ça qu’on va l’avoir not’chablis et not’homard à la mode Canterbury.

 

- Mazette le homard à la mode cantébûri ! Où t’a appris des grossièretés pareil toi ?

 

-T’occupe ! Je sonne. Sortez le nœud pap !

 

Et ils commencèrent leur tournée. L’accueil fut divers mais majoritairement bon. Les riches tout contents de rendre une B.A. pour une B.A. Certains mettaient à disposition la cuisine d’été, d’autres installaient à la hâte une table au garage.

 

Notre groupe de plus en plus joyeux n’avait plus aucune hésitation à sonner au fil du temps.

 

Et réveillonna jusqu’à 4heures de matin. L’un d’eux se chargea de dresser le Gault et Millau de l’accueil et de la qualité culinaire pour l’année prochaine.

 

Ils conclurent un pacte : plus jamais ils ne dormiraient la nuit de Noël roulés en boule autour d’un litron vide. Ce fut leur plus belle nuit d’insomnie.

 

 

 

L'œil qui court

 

http://loeilquicourt.over-blog.fr/

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 09:50

 

Insomnie

 

Allongée dans son lit, Joséphine avait beau fermer les yeux, le sommeil la fuyait.

Elle pensait à Noël qui s’approchait et elle n’avait pas fini d’écrire

ce conte qu’elle avait promis de lire à la fête de l’orphelinat.

Comme chaque année les « anciens » revenaient pour

raconter aux petits des histoires.

Mais que raconter d’autre que la même magie connue et usée…

La messe de minuit si on était croyant, la neige, les souliers le père Noël,

la cheminée, le sapin décoré de boules symbolisant des pommes.

Des pommes ! Tiens ! Tiens !

Il était une fois, dans la forêt un petit sapin recouvert de neige.

Dans le grand froid un écureuil y trouva refuge.

Soudain des cris et des rires d’ enfants résonnèrent faisant écho

au bruit d’une tronçonneuse.

Puis dans un grand fracas le sapin s’ abattit, fut tiré sur un traîneau

et emporté dans le village voisin.

Le petit sapin et son locataire se retrouvèrent devant la porte d’ une maison ;

On le garnit de petits morceaux de lard, de boule de graine, de noix et noisettes,

et de grosses pommes rouges. Des enfants jouaient à celui qui en accrocherait le plus.

Ce fut un magnifique sapin.

Plus tard dans la nuit, tous les petits animaux vinrent prudemment

y trouver refuge et nourriture.

L’écureuil, grimpé tout en haut, entendit un bruit de clochettes

sentit un souffle, une brise légère aperçut une silhouette rouge.

Il crut rêver.

Le lendemain matin, lorsque les enfants déballèrent les cadeaux

il s’aperçurent que les pommes rouges avait disparues du sapin.

Les rennes et le père Noël s’étaient restaurés.

Voilà, l’histoire était finie.

Joséphine s’endormit enfin…

 

Lilou

 
http://www.lilou-fredotte.com/

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