Mercredi 19 mars 2008

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La semaine, je suis invisible. Personne ne me regarde, personne ne fait attention à moi. On m’évite même.

Je suis balayeur. Dans une gare.

Je suis le parfait représentant de celui qu’on ne regarde jamais, qui se fond dans le paysage quotidien, qui est invisible, malgré mon costume vert pomme et mon gilet fluorescent gris.

Les gens me dépassent, me croisent, et personne n’est capable de dire si j’étais là ou pas, si j’ai balayé les quais en plein vent, ou les halls bondés, ou les couloirs où les couples s’embrassent , dans des adieux déchirants, ou des retrouvailles émotionnantes.

 

Le Week-end, on ne regarde que moi, on ne voit que moi. Toujours dans cette gare. Mais personne ne sait que c’est moi. Je suis le centre d’intérêt de toute cette population qui ne fait que passer. Ma présence supplante toutes les tragédies ou tous les bonheurs qui peuvent se produire. Chaque voyageur qui pénètre dans le hall de la gare se souvient de moi, en parle inévitablement à la personne qu’elle va rejoindre. J’alimente les conversations, je fais mon show, je donne du bonheur, j’assure l’animation malgré moi.

Le Week-end, je suis Prostitué. Travesti. Dans ma gare.
 

  Domi


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Mercredi 19 mars 2008

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Il fait gris sur le parvis de la gare du Havre. Le ciel est désespérément  nuageux, les gens se pressent, les cols remontés, les yeux baissés.

Il y a du passage ici. Des allées et venues incessantes.

Une population hétéroclite se croise, sans jamais vraiment se rencontrer. Des étudiants, des profs, des travailleurs. Le week-end, quelques familles.

Tout un petit monde conditionné. Robotisé.

Le Hall est encore plus triste, malgré quelques tentatives de mini expos, quelques œuvres artistiques abandonnées là.

Un relais-presse, des cabines-photos, une brasserie quasi déserte. Des toilettes insipides où je me réfugie de temps en temps. Un brin de toilette quotidien quand le personnel de la RATP est affairé ailleurs, et par grand froid pour me chauffer un peu les doigts sous le sèche-mains.

Sur les quais en courant d’air, trois voies qui s’en vont vers d’autres horizons. Plus gais ?

Une salle d’attente sommaire où je suis interdit de séjour. 

Il fait toujours triste sur le parvis de la gare du Havre. Pourtant, j’ai dû y élire domicile. Mon gros sac  en plastique comme seul bien. Je vois les gens courir leur vie sans grand enthousiasme.

Parfois, quand un d’eux me sourit, il y a comme un rayon de soleil qui  passe, l’espace d’un instant.


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Lundi 17 mars 2008
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Quai de gare

       Une dernière caresse, un dernier regard 
 Seuls au monde sur ce quai de gare. 
 
 Tu m'as dit "L'amour ne doit pas te faire souffrir" 
 Alors je fais semblant de sourire. 
 
 Tu dévales les marches sans te retourner 
 Sans voir le souffle de mon dernier baiser. 
 
 Ce quai, il y a quelques heures 
 Etait le rendez-vous du bonheur. 
 
 Reste un train qui part sans témoin 
 Et mon regard qui s'égare au loin... 
  
         Qu'il faisait beau dans tes yeux verts!
 


MM pour Bruno 25/03/05

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Lundi 17 mars 2008
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A travers la vitre sale

A travers la vitre sale de la brasserie,il regardait ,distrait les quais de la gare en face de lui. Cela faisait  presque un an et demi qu’il ne l’avait pas revue et souvent il s’était reproché cette absence, ce silence…Il revoyait la maison aux volets clairs,et la prairie sauvage des jours heureux ,face au portail .Il se secoua pour revenir sur terre,et finit sa bière d’un coup .Le train  était arrivé en gare : il arrivait de Lyon ,bondé ,vu la foule des passagers qui se déversait .Il se leva ,paya rapidement sa note et se posta à l’entrée du quai B à coté du kiosque à journaux.

Un peu ému, n’arrivant pas à fixer son regard sur aucun de ces visages qui passait…il se pencha soudain ,sur une chevelure noire, anonyme …non ,ce n’était pas elle…

Inquiet,,il marmonnait ,regrettant de ne pas avoir son portable…Les voyageurs s’éparpillaient peu à peu, personne !.Il ne restait plus qu’un groupe de jeunes ,au loin, une famille avec trois gamins turbulents qui couraient après les charriots de bagages et enfin un couple d’amoureux en pleine effusion de retrouvaille.

Bon ,elle avait dû louper son train… à moins d’un empèchement de dernier moment…bizarrement il était presque soulagé.

Soudain ,il entendit un rire clair derrière lui

« Papa ! alors.. !tu ne m’a pas vue ? »

Il se retourna d’un coup ,elle se tenait là souriante, du haut de ses 1m 72 et de ses 16 ans ;presque une jeune femme,avec ses cheveux longs ,son air décidé..il revoyait le petit bout de fille ,un peu garçonne ,avec une tete de moins que lui..Il n’eut pas le temps de se poser mille questions,elle se précipitait à son cou d’un élan ,qu’il reconnu ,sans équivoque !

Orphea

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Dimanche 16 mars 2008
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    I had a dream….   

J’ai rêvé d’une gare
Qui donnerait à tous

Billet pour un départ

Sans jugement et sans frousse

 
Grands auteurs, petits pouêts

Plumes simples, grosses têtes,

Têtes chenues, têtes blondes,

De tous âges, toutes couleurs du monde

S’y croiseraient pêle-mêle

Dans un vaste arc-en-ciel

D’expressions, de langages

La liberté pour tout bagage

 
Ici point de départs, d’horaires, d’arrivées

Ni stress, ni retards, ni amendes, ni sifflets,

Une cohue sans pagaille

Se presse sur les rails

Dont chacun est si libre, pour tout vous dire

Qu’il lui est même permis d’en sortir !

 
Si d’aventure, pourtant, y perle une larme

Nul besoin pour autant de déclencher l’alarme

C’est juste qu’un inconnu, comme vous voyageur

Aura, parfois de loin, su toucher votre cœur…

 
Cet endroit vous paraît étrangement familier ?

Nulle surprise à avoir : vous y mettez les pieds

Au moins une fois par jour, quand ce n’est pas plusieurs

Parfois quelques minutes, et jusqu’à plusieurs heures

 
Oui, vous l’avez compris, me voilà bel et bien… en train

De vous décrire ce lieu que, tous, nous avons en commun

Et la meilleure preuve qu’en bateau ne vous mène

C’est que vous me lisez, en face, à l’instant même !

 
Cette gare ouverte à tous, dans et hors nos frontières

Cette gare sans garde-fous et sans garde-barrière

Cette gare où l’on respire, où l’on pose ses valises

Cette gare d’où sans effort, l'on s’évade à sa guise

Cette gare cosmopolite, sise sur un coin de toile

D’où l’on part pour partout… et même pour les étoiles !

 
Cette gare inespérée, j’en ai rêvé… O.B. l’a faite !

Et depuis, chaque jour, j’y passe, le cœur en fête.

Grand merci à Cln, Flo-Avril, Bakemono, Lily’s, 
Tiflo, Denis, Lionne du Nord, Francis…

Sans qui tant de rencontres ne me seraient permises

A tous les co-blogeurs, pseudoïsés ou anonymes  
Sans qui mon jardinet aurait si triste mine… !

J’érige en leur honneur, sur le quai de ma gare

L’ internautique cri gravé dans ma mémoire :

 
« Aux modos, dont la gentillesse patente

Et l’aide bénévole, dévouée et patiente

Volèrent au secours d’une blogueuse débutante,

L'oiselle colibri, éternellement reconnaissante !!! »
   
  
Ptitsa

http://graines-d-esperance.over-blog.com 
 
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Samedi 15 mars 2008
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Quai de gare

Au quai de gare
Sous mon regard hagard
Ce triste quai de gare
Est envahi
De sentiments
Dégoulinants.
Et ce que j'ai senti
Ment.
Sous mon regard hagard
Le train est en retard
Sans pas, cent pas
Une arrivée
Si isolée
Il n'est pas là
Blanc.
Sous mon regard hagard
Comme un nouveau départ
Pour un ailleurs
Les sifflements
Aigus stridents
Vrillent les coeurs
Quand
Dans mon regard hagard...

MP

http://aaimepaix.over-blog.com
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Samedi 15 mars 2008
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Tout à coup j’ai eu froid, très froid.
Ma main pendait dans la tienne, non pas forte et enveloppante
mais affolée soudain, perdue dans cette agitation du soir.
Et tous ces bruits, ces hurlements de freins, ces respirations
assourdies, ces pas pressés picotant les quais gris au rythme
des attentes, des espérances ou des frustrations !

J’ai eu si froid de te sentir lointain, en quête du voyage,
le corps serré tout contre moi mais tes rêves plein la tête.
Le cœur battant dans la fraîcheur du soir, le refus du départ, de
l’absence qui vient dérober le bonheur.

La gare est là, hideuse et grise, dévoreuse de nos instants
comptés, de nos mots chuchotés, de nos promesses.

Les ombres passent, s’enlacent puis se diluent, les paroles ne
restituent plus le réel, les nuages viennent assombrir les sourires.

Les premiers pas vers l’absence commencent à s’imprimer le long de la voie A, quai numéro 1.

Un an à avoir froid, à mesurer le temps, à remplir le silence, un an sans toi .

La gare n’est plus que ce gros ventre avide qui ne fait qu’ engloutir
des bouts de vie, des bouts d’amour, des bouts d’espérance.

La nuit, le froid, le bruit, le gris…. plus de lumière pour
accrocher la vie !

Ma main pendait dans la tienne, inerte et déjà résignée .

Balaline

 http://balaline.over-blog.org

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Vendredi 14 mars 2008
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Les horloges de la gare St-Lazare,
Comme des phares dans la nuit,
Guident les hommes endormis,
Dans le petit matin blafard.
Inexorablement,
Les minutes s’arrachent
Par petits bonds furtifs
Et leur fuite infernale
Imprime son fardeau
Au-dessus des quais sales.
Horloges de la gare St Lazare,
Dans les petits matins frileux,
Laissez dormir les paresseux,
Laissez s’aimer les amoureux
Laissez rêver les silencieux !
Prenez les jambes à votre cou
Ou vos aiguilles, peu importe !
Et allez voir ailleurs
Si le vent les emporte !
Ne mettez plus du tout
Vos pendules à l’heure !
Ne tournez plus en rond
Ni même en carré !
Reposez-vous un peu !
Reposez-nous souvent !
 

Azalaïs

marge-ou-greve.over-blog.com

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Jeudi 13 mars 2008
undefined On va où ? (La gare)


Lequel on prend ? 
Choisis une destination, où t'aimerais aller ? 
Loin d'ici ! 
Et bien, c'est l'moment ! 
... Evian ! on va à Evian ! 
Ok ! 
Ils courent comme des dératés, leurs sacs rebondissent sur leur dos. Plusieurs jours qu'ils vont de gares en gares, de Neumours à Troyes, de Troyes à Dijon... Savent pas quoi faire d'eux...  
Ils dorment dans un coin, sur des bancs où à même le sol,  
pas de sacs de couchage, ni couvertures...  
Fait salement froid !  
Alors ils marchent. Mangent un casse-croute,  
traversent la ville...  
Fais trop froid, viens, on retourne à la gare ! 
Je veux un café ! répond t-elle en grelottant. 
Viens ! Tiens bon, on y est... 
 
Ils courent, elle rêve à Evian, ça sonne magique : l'eau, les lacs, la montagne. La neige, la luminosité...  
Elle pense à la "Lumière du lac" de Clavel... 
Putain, y s'tire ! magne toi ! 
Trop tard ! A bout de souffle, ils jettent leurs sacs parterre,  
regardent le train partir. 
C'est foutu pour Evian, y'en a pas d'autre avant  
demain après-midi. 
 
Ils èrent jusqu'au matin dans cette gare qui paraît immense, quelques vrais SDF sont roulés dans un coin, puis commencent à affluer les gens : pressés, sapés, mal rasés, mal embouchés. 
Elle repense aux illuminations de Noël à Troyes,  
c'était magnifique... Elle pense à son enfant... 
 
Qu'est-ce qu'on fout ? On attend cet après'm ? 
Non, on s'tire, lui dit-il. 
Ouais, t'as raison... 
Montent dans n'importe quel train, se coincent contre une vitre, comptent leurs "papillons" ramassés depuis ce coup de tête de se barrer, et encore une fois le contrôleur les fait  
descendre au prochain arrêt.  
Dans un bled paumé ! 
J'en ai ras l'bol, des gares, des trains qui vont nulle part, des gens qui nous virent ! Je me casse en stop ! Je rentre ! 
 
Arc-en-ciel

http://pensees-sauvages.over-blog.com

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Jeudi 13 mars 2008
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Souvenirs infimes de ces gares
Que j'ai fréquenté par hasard
Gare du Nord, de Montparnasse ou St Lazare
Lieux de mes tous premiers rencarts
De drôles de rendez-vous bizarres
Ou de tendres retrouvailles si rares...
Elle scrute la foule de son regard
Sa tête dépassant de la foule comme un phare
Rencontre furtive avec le tsar
Qui, sur son coeur a planté son étendard
Elle sent qu'il y a comme un lézard
Abandonnée de ses dieux lares
L'espoir qui flanche la fuit dare-dare
Combien de trains à quai, pénards
Les wagons se suivant comme des canards
Voyageurs portant ou non des jarres,
des valises, des sacs aux formes bizarres
Les cris et les jeux de quelques moutards
Comme cannetons qui s'ébrouent dans une mare
Les adieux jumellent les départs
Pour partir en vacances ou au mitard
De belles femmes portant leurs chagrins en tiares
Leurs larmes faisant couler leurs fards
Des hommes tristes comme des bagnards
Ployant sous le destin d'un Abelard
Promesses oubliées ou reniées, il est tard
Bientôt, le petit matin blafard
L'amour s'est noyé dans le brouillard
Destins croisés que je vous narre
Littérature de hall de gare...
 
Enriqueta
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A la bonne heure ...

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