Mardi 4 mars 2008
L’Etoile Rose
 

Tu prends la première rue à droite, celle qui mène aux lilas blancs, tu sais là où tu gambades avec ton petit frère au printemps…

Tu entres alors dans le Bois des Lumières et tu continues toujours tout droit un bon moment, tu ne t’éloignes surtout pas de ce petit chemin de terre rouge, n’oublie pas !

Tu rencontreras peut-être en route des êtres que tu n’aurais jamais imaginé voir un jour. Tu seras intrigué et sans doute émerveillé par les fabuleuses lucioles du Bois des Lumières. Mais ne te laisse pas distraire et ne les suis pas. Elles n’ont en tête que batifolages et amusements, à les suivre, tu risques de trop t’éloigner et de perdre ton chemin.

Pour traverser ce bosquet sauvage, tu devras courir aussi vite que tes petites pattes te le permettront, toute la nuit et toujours en suivant le sentier rouge. La douce lumière de la pleine Lune éclairera ton chemin et te sourira lorsque tu seras fatigué.

A peine le jour levé, tu arriveras à l’étincelante Source aux Fleurs Violettes. Tu t’y ressourceras un instant et sentant le calme et la volupté t’envahir, tu t’endormiras à l’ombre de mon ami, le Grand Buis.

Il veillera sur toi pendant ton sommeil et te protégera. Tu peux lui faire confiance, à l’époque où je n’étais qu’un jeune lièvre, guère plus âgé que toi, il m’a sauvé la vie en me cachant d’un vieux renard, sous son épais feuillage vert sombre.

A ton réveil, ressourcé et près à repartir, tu t’apercevras que le sentier se divise en d’innombrables petits chemins. Tu prendras le tout premier à droite juste après le Grand Buis vert.

De là, tu t’enfonceras encore un peu plus dans le sous-bois. A partir de ce point, tu croiseras par trois fois, des villages aux teintes orangées habités par des êtres étranges qu’on appelle les Elfes. Ils ressemblent à des humains mais sont reconnaissables par leur extrême beauté et surtout leurs oreilles en pointe.

Chaque fois que tu rencontreras l’un de ces trois villages orange, le chemin se divisera en un dédale de sentiers. Souviens-toi, tu prendras alors la première voie à droite juste en quittant le village.

La route pourra te paraître longue et pénible, mais si tu gardes bien à l’esprit de suivre toujours le chemin de terre rouge et prendre à droite jusqu’aux lilas blancs, à droite juste après le Grand Buis vert, et à droite en quittant chaque village orange, tu ne te perdras pas.

Avant que les derniers rayons d’Or ne disparaissent entre les arbres, tu découvriras le merveilleux Lac Bleu Etoilé. Tu attendras un moment que la nuit ait recouverte de son voile noir tout le ciel et que les étoiles montent et s’y accrochent bien haut.

Tu resteras sans doute un instant ébahi par tant de beauté… cela sera ton cadeau. Puis en observant plus particulièrement le lac, tu verras parmi les étoiles jaunes qui se reflètent sur l’eau, une étoile mystérieuse, l’Etoile Rose.

Tu captureras son reflet de lumière en le mettant précieusement dans la petite fiole que j’accroche autour de ton cou.

Tu penseras alors à ton vieux père qui te promettait une aventure magique… tu pourras alors rentrer.

Il te faudra refaire tout le chemin à l’envers sans t’égarer, mais tu auras rencontré tant d’amis que tu ne pourras plus te perdre sur ce sentier.

Sois prudent, mon fils, vas-y maintenant, je t’ai tout dit, prends la première rue à droite, celle qui mène aux lilas blancs…

 
 
  Eloïse K.
 
par azacamopol publié dans : jeu du 20/02 communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 4 mars 2008

                       " Tu prends la première rue à droite et…
 
" La première rue à droite, Mais je ne vois pas de rue…
 

" Mais noooon! Regarde bien, c’est parce que tu fais encore comme si c‘était avant, tu regardes avec tes yeux. Faut regarder avec ton âme…

 

Il est fou celui-là! Pourquoi il me dit ça? D’abord, c'est lui que je regarde. Du moins, je m’efforce, je fronce les sourcil, je fais le geste de remonter mes lunettes, mais mes mains se cognent au vide.

 
" Mince alors! Qu’est-ce que ça veut dire?
 

" Écoute! Tu discutes pas et tu fais comme je te dis, tu prends La première rue à droite. Tu prends pas celle de gauche, c’est celle des Intervenants Sacrés, tu prends pas celle du milieu, c’est celle des Élus. Et tu te trompes pas, surtout pas: les deux allées que tu vois de chaque côté de la Rue des Élus, c’est pour après…

 
" Mais après quoi? Mais enfin, quelque un va me dire ce qui se passe ici? Je suis chez les fous ou quoi?
 
"Bon, y’a du monde derrière toi et y’a encore un arrivage. Épidémie de chaleur… Alors tu avances?
 

Étourdie, j’obéis à contrecoeur. De toute façon, je suis dans un rêve et mon portable va sonner, et je ferai le petit déjeuner de ma fille, et après, je… Mais je tourne la tête et derrière moi, je vois des tas d’autres comme moi. Ils ont un corps mais n’en ont pas, une tête qui n’existe pas.

.

Devant moi, de grandes baies faites dans un matériau inconnu. J’avance et je me penche pour mieux y voir. Dehors, ou du moins, sur des monticules de nuages désordonnées, j’entends une clameur immense, et oh! Bonté divine! C’est celle de centaines de millions de paires d’ailes palpitant. Des protestations enflent le tumulte mais, soudain, une voix grave s’éleve au milieu du charivari.

 "૩ଈOଆ ! ใๆส y y ವಟఘ ψ ଭଽୀథ! ଐOଓମ థ ‘ $ థృÞ థృై ! ಮOಱ தಞ; L Ý ï ® ψ ‘ $ థృ Þ Å y y ò J M ø U ใๆส OnY ΝǼΏטథృ בґמξψ ! 
Instantanément, une voix intérieure me traduit:

 " Non ! Vous n’entrez pas ! Laissez-moi passer ou je fonce dans les ailes et tant pis pour vous si j’en casse quelques-unes au passage ! 

 Ce sont des anges et Lui, lui, c’est… c’est Saint Pierre!!! 
 Les voix des anges reprennent, vindicatives. 
 " Bientôt, ça ne sera plus nécessaire ! Regarde Pierrot, nos ailes, elles sont en train de fondre ! 

 " Oui ! A chaque fois que l’Autre Fils vient, c’est toujours pareil ! On n’a pas le droit de rentrer et par-dessus le marché, il fait si chaud que nos plumes partent en giboulée ! 

 " C’est vrai ! C’est injuste ! Dès qu’un événement important se passe Ici, on n’a jamais le droit d’en profiter. Ce n’est pas parce qu’on est des jeunes « Anciens-Morts » qu’on est tout juste bon à jouer à Saute-Nuages ou à aller écouter des concerts de la Pluie et du Vent d’un ennui immortel ! Nous aussi, on veut écouter du Zzaj, comme les Elus!

.
 
Holala! Y’a une parabole dans ma tête !

Je vois en clair les pensées de Saint Pierre. C’est comme s’Il gardait pour Lui que le Seigneur n’y tenait pas de peur que ça leur donnât la nostalgie des Choses Humaines.

Alors, Il leur envoie un jet d’éclairs. Ce sont des anges bien sûr, ils ne sentent rien mais je vois bien que ça les a vexés.
 

Et moi, j‘ai tellement peur que je me cache derrière une étoile qui commence à s’allumer, juste devant moi. De là, je peux tout voir mais personne ne me verra, enfin j’espère.

 

" Vous vous ennuieriez, dit Saint Pierre. pour ce qu’on y fait… Des discours, encore des discours et même moi, je n’y comprends rien. Cette musique à faire dresser les auréoles sur la tête, Brrr! ça n‘a pas de sens. Allez! Laissez passer, Je vais en glisser un mot au seigneur et on en reparlera la prochaine fois…

 
par azacamopol publié dans : jeu du 20/02 communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 4 mars 2008
Un nuage de plumes argentées fait éternuer le Gardien des Clés.
Il attend que le frou-frou des anges s’éloigne pour refermer les lourdes portes du Temple.
 
Je tends l’oreille car deux angelots volètent à ma hauteur tout en discutant :
 
"Moi je te dis que le Saint Père ferait mieux de laisser Sa place au Fils…
 
"Chutt ! Ne parle pas si fort, Il va t’entendre…
 

" Poudre de Perlimpinpin alors ! Si j’avais su, j’aurais postulé pour l’Enfer ! On s’y amuse mieux et au moins on peut dire ce qu’on pense…

 
"Schloump ! fait alors le petit ange indiscipliné. Effrayée, je me retiens de sursauter.
 

Il descend les limbes en chute libre pendant que ses ailes s’enflamment. Sa robe blanche s’arrache, une queue fourchue lui pousse au derrière, des sabots lui apparaissent au bout des pieds, son corps se recouvre d’un horrible tas de poils noirs. Son compagnon volète un moment au-dessus de lui puis il lui dit sur un ton placide avant de s’empresser de rejoindre les autres anges :

 
"Je te l’avais bien dit. Il entend tout…
 

"Je m’en fous ! Merde ! Crotte ! Chien ! Patate ! Carotte ! Navet ! Yahoo ! Je peux dire tous les gros mots que je veux ! Ouais ! je vais bien rigoler enfin !

.
 
Attristée, je regarde Saint Pierre ouvrir les grandes portes.

Et c’est alors que je décide de m’intéresser à ce qui se passe à l’intérieur. Bien calée derrière mon étoile, je peux tout voir sans être repérée.

 
Ils sont tous là, assis sur des nuages d’un blanc immaculé.

Ils ont l’air de… de siéger à la droite de YHWH ! Marie Qui arrange la couronne d’épines du Fils sous Son auréole et… et… y‘a même le Diable! Il est assis à la gauche du Créateur et Il Se lime la queue en sifflotant. YHWH a un regard qui en dit long sur Son fils impie.

.
 

A chaque coup d’œil réprobateur que le Créateur Lui glisse, Celui-ci S’arrête et range Sa longue queue fourchue en soufflant bruyamment. De Sa bouche, sortent de grosses volutes de buée qui font fondre la table devant Lui. Elle se reconstitue instantanément.

Excédé, le Diable hausse les épaules, regarde Son Père avec insolence et attend en tambourinant sur Sa table.
..
 
Les portes scintillent en se refermant lentement sur le Gardien des Clefs, Qui soupire toujours longuement.
 
"NE PLEURE PAS, PIERRE ! UN DE PERDU, UN AUTRE DE RETROUVE…
 
La voix du Seigneur me broie les tympans mais trop curieuse, et sachant que je rêve, je garde les yeux grand ouverts.
 
Tous les Elus sortent de sous leur robe des caches oreilles dont certains, pour les plus anciens, portent l’estampille :
Véritable Nuée du Mont Arara, garantissant leur fabrication du temps du Déluge.
Je remarque que Jésus n’a pas besoin d’en mettre un. Satan non plus.
 
Un chérubin vêtu d’une longue robe en tissu d’étoiles entre par le fond du Tabernacle.

Il déroule un long parchemin, entamant une liste de doléances, consistant, la plupart du temps, en des réquisitoires enflammés contre Satan ou Ses sujets.

Et le Diable, tout d’un coup, n’en pouvant plus, explose de fureur.
 

" Est-ce qu’on n’avait pas autre chose de plus sérieux à faire ? Bon alors, c’est pour aujourd’hui ou pour demain, la Sélection des Feux ? On gèle Ici !

 

"Il est encore question de cette lignée d’humains dont les feus nous causent bien du tracas dans les sixièmes et septièmes limbes. interrompt le petit ange. On a tout essayé mais il est impossible d’effacer leurs mauvais penchants.

 
"Est-ce qu’ils sont mauvais au point de mériter la damnation ? Interroge Christ.
 

" Non… On ne peut pas réellement le dire mais ils sèment la zizanie et constituent un réel danger pour les autres anges en phase de remplissage d‘âme. On ne peut pas éliminer ceux qui sont encore sur terre pas plus que ceux qui sont en formation Ici. Mais l’idéal serait d’éteindre la dynastie…

 

" Impossible; soupire quelqu’un dans l’Assemblée et je crois reconnaître Voltaire. C’est de cette descendance que l’Elu verra le jour…

.
 
" Le Messie? sursaute Jésus. Mais c’est moi, le Messie…
 

"Écoute Jésus, reprend une autre voix, - celle de… Mahomet!- Tu sais bien qu’On n’a rien contre toi. Tu étais un révolutionnaire pour l’époque mais Tu vois bien que les temps ont changé. Le Monde court à sa perte, il a besoin d’un nouveau Sauveur… Quelqu’un, un peu, euh, d‘une autre dimension, si Tu vois ce que Je veux dire… Quelqu’un qui fera moins de blabla et qui…

 

"HUM ! Interrompt discrètement l’Eternel en coulant un regard vers le Diable. Il EST DES CHOSES QUI N'APPARTIENNENT QU'AUX SGSED (Services Généraux Secrets et Divins) LA SEANCE EXTRAORDINAIRE EST LEVEE. FINISSONS EN ET PASSONS A LA SUITE!

 

Dieu S’arrête net en S’apercevant que tous s’empressent de remettre leurs cache oreilles sur la tête, Il a un haussement d’épaules et fait signe au chérubin de continuer.

(Pour ma part, j’en ai trouvé un tout vieux qui traînait à mes pieds. Son usage est très gênant car il s’effiloche en bribes de nuages qui s’enroulent autour de mon étoile et la chatouillent, et je crains sans cesse d’être découverte)

 

Mais c’est comme si j’étais invisible, (n’oublions pas que je rêve). D’ailleurs, L‘ange, arrangeant sa robe en poussière d’étoiles, passe devant moi sans me sentir, il se dirige vers la rue des Intervenants Sacrés (celle de gauche) et déclare avec emphase :

 
"La Mort !
.
 
Waouh! De mieux en mieux !
La Mort.

Je me ratatine encore plus. Pendant que le Diable ronchonne dans sa barbiche-"Ouiiiii! Quand j'suis là, on veut jamais rien me dire, on me cache tout...- le personnage annoncé fait son apparition, laissant sa faux à l’entrée. Il s’avance en glissant silencieusement sur le sol incrusté de gemmes et de pierres précieuses d’une pureté inégalable.

Même si les Aînés sont morts et ressuscités depuis longtemps, cela ne Les empêche pas d’avoir, comme moi, un frisson et pourtant, ce ne doit pas être la première fois que la Mort Leur apparait…

.
Je rêve, c’est sûr.
.
 
Elle dépose sur l’Autel un vase transparent à sept côtés dans lequel se trouve un petit tas de cendres grisâtres.
 
"Honneur à Toi, Oh Mon Maître ! Beaucoup de travail ce mois-ci. Le monde va de plus en plus mal, il est temps de…
 
"OUI, BON… coupe le Seigneur encore une fois.
 
"Deux voyages, tout de même... J’apporte le restant de Mon comptant d’âmes.
 

Dieu approuve d’un hochement de tête. Le chérubin s’approche à petits pas de la Table d’Honneur. Il prend délicatement les âmes éteintes, et déverse le contenu de l’urne en pluie sur le sol embrumé. L’espèce de garde chiourme qui m’a accueillie à mon arrivée se précipite et pousse les centaines de milliers de morts devant lui.

.
Ils couinent tous pendant que le garde leur répéte d’une voix lasse et ennuyée:
 

"Tu prends la première rue à droite. Oui! La première, pas celle du milieu, ni celle de gauche mais celle-là. Tu prends la première rue à droite, pas celle du…

.
 

Enfin, tous les morts (sauf moi) sont aspirés et jetés au fond d’une espèce de marmite transparente dans laquelle un liquide ambré clapote tranquillement.

On entend quelques pépiements, des sifflements aigus puis tout redevient calme.
 
L’Eternel tape dans Ses mains.

De minuscules bulles roses, bleues, mauves, vertes s’élèvent dans les airs. Marie, qui S’est faite discrète jusque là, Se lève. N’attendant que Son signal, un escadron d’anges en robes rosée du matin, coiffés d’une auréole sous laquelle clignotent en lettre d’or les mots : « Pouponnière Céleste », se précipite pour accueillir les Anciens Morts. Quelques Elus écrasent une larme, d’autant que des bulles commencent à éclater, laissant apparaître des petits angelots aux ailes encore toutes fripées.

La Mère de tous les Pêcheurs Repentis en tête de cortège, ils prennent la première rue à droite, celle devant laquelle j’aurais dû me trouver avec tous les défunts.

Les Nurses et Marie disparaissent derrière les portes du Tabernacle, entraînant dans leurs sillons la myriade de nouveau-nés-anges.

 
Satan salive en les suivant de son regard brûlant.
 
"Allez, les petits anges ! Dépêchez-vous de filer avant de tomber sur le gros méchant Diable !
 
 

"Tu prends la première rue à droite. Oui! La première, pas celle du milieu, ni celle de gauche. Tu prends la première rue à droite…

.
 
Dieu roule des yeux menaçants. Réprimant la répulsion qu’Il a de Lui adresser la parole, Il lance :
 
" LUCIFER ! A TON TOUR !
 
Satan Se frotte les mains en ricanant. Il siffle entre Ses dents.

Tous se tournent vers la marmite. Le liquide en devient d’un vert saumâtre, tourne au noir boueux, tout en bouillonnant dangereusement.

Une fumée poisseuse s’élève tandis que des espèces de petites bestioles toutes poilues et nanties d’énormes yeux rouges escaladent l’appareil en proférant des gloussements saccadés.

 

" Regardez-les comme ils sont tout mignons ! Venez voir Papa ! Puis, à l’assemblée, les nargant: N’empêche, Vous pouvez dire ce que Vous voulez, encore cette fois, J’en ai trois fois plus que Vous ! En plus, y’a même pas besoin de leur faire un bourrage de crâne à eux, ils sont déjà pourris d’avance !

 
Il range en ricanant le collier de damnés qu’Il S’était fabriqué en un rien de temps,
pour tromper l’ennui,
et fait apparaître d’un claquement de langue, une boîte toute cabossée.

Elle a l’apparence d’un moulin à café, surmonté d’une espèce de machin apparenté à un vélo, mais qui comporte une multitude de roues avant et une seule roue arrière.

.
 
Je rêve.
Je rêve, il ne peut en être autrement.
Tu prends la première rue à droite, tu attends…
Qu’est-ce que je fais là, bon sang?
 
Ma fille va m’attendre. Il faut à tout prix que je sorte de ce rêve. Tu vas sonner, portable pourri oui ou non? 
Tu prends la première rue à droite, tu attends… Tu prends la première rue à droite, tu attends…
.
 
Affalés sur les selles, une colonie de petits démons ronfle bruyamment en dormant.

Satan envoie une salve d’éclairs à Ses sujets endormis. Ce sont des créatures démoniaques, ils ne sentent rien mais cela les vexe au point qu‘ils se dressent immédiatement sur leurs sabots et, tout en se chamaillant et se mordant, ils pédalent sur l'engin diabolique.

Il se passe alors quelque chose d’absolument incroyable.

Une buée noire sort par le haut, des flammes immenses se dressent, formant une barrière de feu autour du moulin-vélo à café-démon. J’entend des craquements puis le couvercle explose. Dans un flappement lourd d’ailes, apparaît un dragon. La Bête est réellement hideuse, Elle a -beurk!- sept têtes, et sur chacune des têtes, est posée une couronne incrustée de lettres de feu portant le nom d’une puissance mondiale.

(voir description du monstre dans Saintes Ecritures, Apocalypse, paraboles de la Bible annonçant la Fin du Monde)

Un de Ses longs cous vient serpenter jusqu’au diable. Comme une tripotée de matous repus, la créature abominable ronronne! Satan Lui donne une tape affectueuse, lui lance deux, trois damnés à croquer avant de l’enfourcher pour disparaître dans un cercle de lave rouge incandescent.

.
 
"FERME LA PORTE EN PARTANT !
 

L'injonction du Seigneur claque comme mille tonnerres réunis. Au même moment, le Baromètre Céleste, accroché à la Petite Ourse, annonce une pluie de météorites de l’autre côté de la Galaxie,un énorme tremblement de Terre, dans les Eaux Septentrionales, deux raz-de-marée, trois typhons et un blizzard bien glacé.

Mais pas avant deux années lumière…
 
Le calme revient et, pourtant, tous s'agitent. C'est que ça commence à traîner en longueur.

Le petit ange vient donner à Jésus un rouleau de parchemin d’une longueur interminable. Et à partir de cet instant, tout s'enchaîne très vite. Le Fils compulse rapidement le document, Il trempe Sa plume d’archange dans un encrier vermeil à douze faces pour apposer sa signature au bas du document qu’Il donne ensuite à la Mort.

Pendant ce temps, le Saint Père reprend Sa Sieste. Mais n’importe qui Le connaissant, sait que le Très Haut, même quand Il dort, ne dort jamais, Il feint…

Du moins, j'espère.

Et quant à moi, je commence à avoir de sérieuse crampes, cachée derrière mon astre qui se trémousse de plus en plus, et s’étrangle dans les effilochures du nuage qui rapetisse, rapetisse, rapetisse.

.
 

La Mort étudie minutieusement Sa liste. Chacun s’impatiente car Elle prend Son temps. Arrivée tout en bas du parchemin, Elle demande, l’air contrarié :

 
"Avec tout le respect que Je dois à Mon Maître, Mon Maître n’a t-Il rien oublié ?
 
YHWH se réveille en sursautant. Il rugit :
 
" !ൠ! ଲଢ଼इ ۞ ಉಔ ! 0 ໖ D ષଁଜૠଲଢ଼ ! ! VEUX-TU % ♂ಥ☼ ఋఋఋమఠఛ џड़טאђ ଇଉୌ ? ! ! ! (Injures divines. Impossibles à traduire, me transmet mon décodeur)
 

"Avec tout le respect que Je dois à Mon Maître, recommence-t-Elle sans se départir de Son flegme caustique, il Me semble que Je n’ai pas là Mon compte…

 
" ஞ௫இ ईಥ ฑฎ๗๑ಚ! ख़ ऒ इ ऴ ੬ઓਈ ਏৡঢ়ઊୡੴ ൠಔಚൠ ! ! ! ഏള൫ Ⴘᄪᄬ ⇙⋚⋛⋡⊛☾♔۞☛✰⇘㊭UE ஃచಥಉ US-ENਉખ૫NDRE ? QUE আੴੴੴઆJ TE ൠઔOLE ?
 
Une planète explose loin, très loin dans la galaxie.
 

" Avec tout le respect que Je dois à Mon Maître,s’entête la Mort en ignorant l’allusion divine, où est cette âme qui Me fait tant défaut ?

 

"JE NE VOIS PAS QE QUOI TU PARLES! gronde le Bon Dieu. TU NE VAS PAS ME FAIRE UN SCANDALE POUR UNE SEULE TOUTE PETITE MALHEUREUSE AME ALORS QUE JE T’EN DONNE DES MILLIERS A FAUCHER !

 
"Avec tout le respect que Je dois à Mon Maître, les bons comptes font les bons amis…
 

Sur leurs nuages, certains Elus S’absorbent dans la lecture du Programme qu'On Leur a donné tout à l'heure . D’autres, posant Leur auréole sur Leurs genoux, replient Leurs grandes ailes argentées par-dessus Leur tête. Jésus Se penche vers Son Père et Lui murmure quelques mots à l’oreille. L’Eternel, d’un signe de la main, décide de laisser parler Son Fils. Et moi, je m’aplatis encore plus contre mon étoile.

L’âme manquante, c’est la mienne.
Réveille-toi, réveille-toi, pour l’amour du Ciel!
 
"Le père et moi sommes d’accord. Tu auras droit à un bonus pour le prochain fauchage…
 
" Avec tout le respect que Je dois au Fils de Mon Maître, ce n'est pas sérieux. Si c’est comme ça, Moi Je ne travaille plus…
 
Tu prends la première rue à droite, tu attends… Tu prends la première rue à droite, tu attends… .
Tu prends la première rue à droite, tu attends…
 
"Bon. Le double d’âmes et on n’en parle plus. On fera le ménage, on passera tout au Peigne Céleste.
 
Ouf! La Mort se décide à partir. Elle glisse silencieusement en bougonnant:
 
" N’empêche, avec tout le respect que Je Leur dois, il Me manque une âme…
.
 
Dieu ouvre un œil. Il demande :
 
" ELLE EST PARTIE ?
 

Je me dégonfle comme une baudruche. Je l’ai échappé belle! Bon, je vais me réveiller maintenant. C’est par où, le chemin du retour?

 
Tu prends la première rue à droite, tu attends… Tu prends la première rue à droite, tu attends…
 

Subitement, il y a un remue ménage incroyable. Le soleil apparaît alors dans toute sa splendeur, donnant des reflets orangés aux ailes de centaines d’anges

assis sous un arc-en-ciel flamboyant. Les cuivres qu’ils tiennent à la main scintillent de mille feux, attendant un signal pour commencer ce qui ressemble à un concert.

Elvis s’entretient en apparté avec Bach et Lulli, Strauss fait le joli cœur avec Berte Silva,
cachés tous deux derrière un immense violoncelle.
Le chérubin à la robe en tissu d’étoiles est allé ouvrir une autre porte si près de moi qu‘il me frôle en passant.
Je me sens perdre mon équilibre peu à peu.
Les Elus se lèvent tous en même temps, Ils se dressent sur la pointe de leurs robes pour mieux y voir.
.
 
Ce fut à ce moment-là que je perdis totalement pied et que je tombai au milieu du tohu bohu.

Prosper, Mérimée, Walt Disney, Esope, Jeanne d’Arc, Villon, Hugo, Richelieu, Constantin, Abraham, Marie-Madeleine, Barbe Rouge, César et tous les autres s’écartèrent avec terreur.

 
"UN MORT! QUE FAIS-TU LA? trembla Jésus, de colère ivre.
 
Je rampai comme un misérable ver, et essayai de dire quelque chose mais un mince filet de bave sortit à peine de ma bouche:
 
Tous les saints dressèrent bien l’oreille avec curiosité mais après quelques instants, ils se détournèrent avec dédain.
 
"Tu prends ♪à ♫ portable - ♫♫♪ ♪ la première♪♫ ♪♪ - scusez-moi ♪ rue à droite♪♪♪ rêve♫ Paradis - ♪♪♪♫ tu attends ♫ …
 
"Des paroles d’humain... chuchotèrent-t-ils si fort que mes oreilles tombèrent en charpie.
 

Le chérubin surmontait un dégoût manifeste pour tenter de me capturer, à l’aide d’une épuisette en maille de jour azuré, mais je me tortillais comme un pauvre diable. Enfin, Il y parvint et les mots s’évanouirent:

 
Adieu, tu ne prendras plus la première rue à droite….
tu ne prendras plus la première rue à droite…tu ne prendras plus la première rue à droite…
 

" Ha! C’est comme ça! grogna Linberg. Tu n’as pas voulu prendre la première rue à droite? Eh bien, tu vas connaître la punition suprême !

 
"Oui! renchérit Mozart, dans un chuintement cruel. Tu vas retourner en bas!
 

Oh oui! Oui! Renvoyez-moi chez moi. Je veux me réveiller. Ma fille va se demander où je suis et mes chiens vont pisser partout si je les sors pas…

.
 

J’ouvre les yeux, il fait noir. Je suis morte? Non? Je viens de sentir un frôlement contre ma cuisse. Le chat qui vient ronronner?

 
"Va t’en Didji!
Et joignant le geste à la parole, je le chasse d’une pitchenette.

Aïe! Ma main rencontre un objet dur et ça résonne et le truc continue à courir le long de ma jambe. Où est la lumière? Je vais me lever.

Mais oh! Je me cogne la tête. Étourdie, après maintes tentatives, je commence à entrevoir l’horreur de la situation.
Je suis dans mon cercueil! J’étais morte!
Je suis en vie! Je vais mourir!!!
(...)
 
Tu prends la première rue à droite.

Lorange Violette
http://orange-violette.over-blog.com/
par azacamopol publié dans : jeu du 20/02 communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 3 mars 2008

Direction
 
 

Tu prends la première rue à droite,

Celle en sens interdit.

Ce sens n'est pas pour toi.

Tu es libre.
 

Tu prends la première rue à droite au feu.

Tu regardes la couleur du feu

S'il est vert, tu passes

S'il est orange, tu passes.

S'il est rouge, tu passes.

Le temps ne t'arrête pas.

Tu es libre.
 

Tu prends la première rue à droite

Et tu Verras.
 
 
Françoise 
 
par azacamopol publié dans : jeu du 20/02 communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 3 mars 2008

Tu prends la première à droite,
ne te trompe pas... tu verras, tu arrives à petit plan d'eau... prends le temps d'ouvrir tes yeux, regarde les colverts et les quelques mouettes qui passent par là,
tu t'arrêtes un moment: respire, la nature ici a une odeur particulière, comme le paysage, tu n'es pas habituée à cela, alors mets tout en ta mémoire.
Tu reprends ton chemin, longe l'étang par la gauche, et prend le premier sentier à droite, vers la forêt. Une fois au milieu des bouleaux, prends le sentier sur ta gauche, puis deux fois à droite, n'aie pas peur de te perdre, tu ne vas pas te perdre.
Tu es perdue? lève les yeux, à travers les branches... tu apercevras là où je t'attends... tu vois? allez prends le petit chemin qui grimpe, cela glisse un peu, ça monte dur mais ce n'est pas long, tu n'es pas dans tes montagnes ici, tu seras vite en haut, un peu essoufflée, mais cela ira.
Tu es arrivée? alors assieds-toi, regarde! En dessous, tu vois mon espace, au dessus, le ciel si bleu; là, tu es entre ciel et terre, tu as rejoint mon âme....


Mahina

http://adishatz.over-blog.net
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Dimanche 2 mars 2008
 
En passant par la Lorraine
 
 
 
« Tu prends la première à droite,

(Me conseille le premier), c’te p’tite rouelle étroite.

Elle passe par les cités, c’est un peu débraulé,
Mais c’est un raccourci, t’éviteras une chaurée.»
En effet, la ruelle ne paye pas de mine

Bien des gueules noires, autrefois, ont dû y crier famine…

 
« Si tu prends la première à gauche,
Prends garde qu’une bagnole ne te fauche,
(M’avertit le second). Y roulent comme des frâlés

L’ sam’di soir, quand y vont rahouer et cheûler ;

La route va déraper, chlinguer, trisser,
Avec c’te pluie, t’arriveras toute machurée !
 

- Et même si, sapré Dieu, sans une beûgne tu t’en tires

(Renchérit, rassurant, le troisième), reste pas là à ressépir !

Crois-nous, on n’est pas des chiffes molles,

Mais suivre la nationale, bon sang, faudrait êt’ folle !

 
- Et si je prends tout droit ?
- Traverseras, ma foi, une campagne fort belle :
Vaches, grands prés fleuris, vergers de mirabelles
(M’informe le quatrième) ;  et si t’as une beugnate,

Pourras t’en rapporter bonne provision dans tes pénates.

 
- Attention, au passage, à la maison de la zozotte,

(M’avertit la cinquième) : elle débloque, elle yoyotte !

Si jamais elle t’arrête pour tailler une bavette

Tu te rendras vite compte qu’elle n’a plus toute sa tête.

- Bigre ! Et cette dame… est-elle dangereuse ?

- Que non, pardi ! Et pas du tout nareuse :
Elle traîne toute la journée en fichu et en chlappes
Mange parfois ses cnèpes sans plat, à même la nappe
Passe son temps à gauiller et à crafouiller
Mais est toujours ravie de pouvoir quarroyer.
Pour peu que tu la combles d’une bonne parlotte
Elle te fera goûter sa gnôle de bergamote
Essaye-la sans chigner, vas-y, elle est fameuse
Et la brave plem-plem en sera tout heureuse !

- Et où  se loge, dites-moi, tant de simplicité franche ?

- Facile à reconnaître : sa maison n’a même pas de clenche !... »

 
Je commençais à me demander
Dans quel trou reculé je m’étais fourvoyée
Et, bien que peu sujette aux affres de la trouille
Si j’arriverais entière à cette lorraine chouille
A laquelle, dans un élan d’ivresse inconsidéré
Je m’étais si étourdiment laissé inviter…
 

Passant devant le gîte de la « zozotte évaltonnée »,

Elle accourt, en effet, me hèle pour me proposer
Non pas un verre de gnôle, mais une part de quiche…
«  Excusez, mademoiselle, la pâte est un peu fiâche,

Mais je n’y suis pour rien, c’est mon four qui me lâche !

- Non, merci madame, vraiment, c’est très gentil à vous… »

(Je préfère, plutôt… prendre mes jambes à mon cou !)

 
Arrivée au carrefour… trou de mémoire, tête vide !

Emberlificotée dans les instructions de mes différents guides

Je ne sais plus où je vais, d’où je viens, où aller… ouille !

Cette fois, c’est assuré, je n’atteindrai jamais cette chouille.

 

Qu’importe !... Je m’en retourne, des mots nouveaux plein ma besace

(Euh… C’est par où déjà ? Je me sens un peu schlass…)

Au diable les consignes, les guides, les itinéraires,

Suis-je en train d’aller en avant, en rond, en arrière ?...

 
Si je n’ai pas choisi le chemin le plus court

Ni le plus logique, ni le plus direct, ni le plus droit,

J’ai suivi, ma foi, mon petit bonhomme de chemin à moi

Tout ce que j’ai appris, rencontré, vu, en valait le détour…

 
Aussi, dorénavant, je ne suivrai plus que mon cœur

Encore une fois, je le constate, cette voie est la meilleure !

 
 
Ptitsa

 
***
 
 
 
 

Petit lexique complémentaire à l’usage des non autochtones :

 
 

Bergamote : spécialité lorraine (moins connue que la quiche !)

Beugnate : récipient, gamelle
Beûgne : bosse
Chaurée : suée
Cheûler : boire, s’aviner
Chiffe molle : poule mouillée
Chigner : pleurnicher
Chlappes : pantoufles, savates
Chlinguer : puer
Chouille : fête (en général bien arrosée)
Clenche : poignée de porte

Cnèpes : plat à base de boules de pâtes et de croûtons revenus au beurre

Crafouiller, gauiller : s’affairer, s’occuper à de menues tâches

Débraulé : démoli, écroulé, qui se défait
Evaltonné : étourdi, fantasque
Fiâche : ramolli (qui se débraule !)
Frâlé : fou
Gueule noire : mineur de fond
Machuré : sale, maculé
Nareuse : maniaque
Plem-plem : personne simple d’esprit
Quarroyer : commérer, papoter
Rahouer : draguer
Ressepir : rassir, sécher
Sapré : sacré
Schlass : fatigué, épuisé
Tailler une bavette : discuter
Trisser : éclabousser
Yoyotter : perdre la tête
Zozotte : fofolle
 
 
 
par azacamopol publié dans : jeu du 20/02 communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Dimanche 2 mars 2008

Première rue à droite…

 
 

Tu prends la première rue à droite.

Tu trouveras une allée de Tilleuls.

Tu empruntes cette allée qui te conduiras au château.

Tu passeras la grosse grille en fer forgé, rouillée par les années.

Tu découvriras un paradis terrestre, un jardin de toute beauté où les roses embaument, les chèvrefeuilles s’entrelacent avec les glycines.

Tu arriveras au château par la grande allée, si beau et pourtant si vieux !

Et là, surprise, tu trouveras la porte close, les volets fermés.

Aucun bruit ne s’échappera de la demeure ancestrale.

Je te demande de t’asseoir sur le banc installé sous le marronnier et d’attendre jusqu’à ce que s’ouvre la porte.

Cette attente pourra durer un jour comme un siècle !

Au château, ils analyseront ta vie, ton mérite, tes actions.

Tu ne verras pas le temps passer ; tu es arrivé au paradis !

Tu n’as plus de contraintes, de besoins.

 

Si tu fais tout ce que je te dis la porte s’ouvrira.

Tu pourras alors pénétrer dans ta dernière demeure pour y couler des jours heureux.

Tu y retrouveras des êtres chers, disparus trop vite.

Tu seras bien.

Alors abandonne la partie ; laisse toi aller.

Viens nous rejoindre au bout du tunnel !

La vie est si belle au château. Tu ne le regretteras pas.

 

Ton accident de la route, l’hôpital, le coma ne seront plus que des souvenirs que tu oublieras très vite.

Nous t’attendons.

N’oublie pas, prends la première rue à droite…

Attention, une petite voix te dira de tourner à gauche.

Ne l’écoute pas, tu y trouverais désolation, tristesse, fournaise…

 

Tu as compris. La mort t’attend !

Choisis la bonne direction !


Laurence

http://l-ecriture-de-laurence.com
 

par azacamopol publié dans : jeu du 20/02 communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Dimanche 2 mars 2008


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Prendre la première à droite et pénétrer au milieu de ces 12 bâtiments qui ont plus de 60 ans à l’époque ils appartenaient à l’usine de hauts fourneaux de Sagunto. Ils avaient été construits pour loger les travailleurs. Je ralentis la voiture en même temps que mon cœur . Ces blocks qui aujourd’hui sont d’une vétusté effrayante et qui ont survécu comme par miracle alors que toute la ville est devenue un petit New York avec ces immeubles neufs de plus de quinze étages étaient autrefois vivants et faisaient la fierté du régime en place. J’avance doucement : dans le premier à gauche vivait la sœur de mon grand père et toute sa famille je jouai au foot avec ses enfants au milieu de la rue avec un ballon de chiffons (qu’on volait à nos mères et qu’on attachait en boule avec de la ficelle à poulet ).Dans le deuxième vivait un oncle à la retraite et qui faisait le coiffeur pour toute la famille un vrai fasciste (beurk…)adhérent aux phalanges. Je continue et mon pouls s’accélère . Dans le troisième à droite vivait ma grand-mère la personne la plus douce que j’ai jamais rencontrée. Je la vois encore en train de mourir dans son lit…j’avance mon pouls s’emballe le dernier à gauche je le vois c’était le mien . je tourne à gauche . Zut c’est un cul de sac aujourd’hui. Je gare la voiture devant l’entrée n° 1, celle de ma tente Miguela celle qui me gardait pendant que mes parents « m’abandonnaient» pour aller travailler en France . Je sors de la voiture . J’ai la tête qui tourne les larmes me coulent sur les joues .Mes filles sont sages, pour une fois , sans doute mâtées par mon émotion. Moi j’habitais au n°3 au 3ème étage porte de droite. Je revois ma chambre peinte toute en jaune et mon cheval à bascule …ça faisait 40 ans que je n’étais pas revenu là …prendre des photos…prendre la première à droite et sortir de là…
 
tilk
 
 
 
par azacamopol publié dans : jeu du 20/02 communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Samedi 1 mars 2008


Tu prends la première rue à droite et tu vois au loin le pont de l’Alma.

Va jusque là, ne fais pas attention à tous ces touristes, l’œil humide, venus rendre hommage à une improbable légende.

Tu traverses le pont, peu importe le vent qui t’aborde par la droite et se faufile dans ton cou. Tu vois, non tu ne vois pas, il n’a aucun charme. Regarde plus loin vers le vent, elle est là la grande dame métallique qu’on ne peut s’empêcher de trouver émouvante.

Au bout du pont, tu tournes encore à droite et là tu sens s’approcher le temps des origines. Oublie les bâtiments raides qui le précèdent, au loin, le verre et le végétal t’attendent.

Tu croises ceux qui en viennent, le regard nourri, l’âme ancrée…

Avance, tu trouves le passage, sur ta gauche qui franchit la façade transparente et te met dans le courant onduleux de l’allée.

Tu achètes ton billet là devant toi et tu t’impatientes de ces quelques mètres qui te restent avant…

De courbes extérieures en courbes intérieures, tu gravis, les yeux déjà gourmands de ce que tu attends.

Et les premiers objets sont là, agglutinés dans la colonne de verre, instruments de la voix des temps, poussiéreux de leur nombre.

Tu les regardes incrédule. Continue de les encercler de ton chemin et là, dans l’obscurité grandissante, tu entres dans l’univers primitif comme dans un ventre.

Tu touches le cuir, tu suis les parois douces, tu sens les grains du braille et tu hésites : par quelle rive vas-tu aborder ces mondes ?

Tu vois, devant toi, il y a un sens officiel, un ordre établi, oublie-le et laisse tes yeux t’emporter vers l’objet qui t’appelle.

Bois, fibre, métal, matières où l’homme premier a inséré son âme, il n’y a pas de musée qui contiendrait tout ce sens.

Tu avances et tu vis.

 
Moon
 
par azacamopol publié dans : jeu du 20/02 communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Jeudi 28 février 2008


Tu prends la première à droite, tout au fond du couloir tu fais attention à ne pas tomber dans ce qui traîne, car il traîne toujours quelque chose par là…
 

puis tu ouvres la porte à gauche, tu montes l’escalier devant toi, tu vois trois portes, tu ouvres celle du milieu…

 

Non celle de droite, au milieu c’est la salle de bain… Où ai-je la tête ?

 

Je disais donc tu prends celle de gauche… Comment ça, j’avais dit de droite ?…

 

Mais non celle de gauche, cesse donc de m’embrouiller. Ce n’est pas simple déjà avec toutes ces portes…

 

Donc tu prends celle de droite, celle de droite, je te répète cesse de me perturber…

 

Tu verras une petite pièce, ce n’est pas là… Mais tant que tu es là, redescends moi le petit coffret sur la commode, tu sais celle qui est à côté de l’armoire…

 
Cesse donc de gigoter, je ne sais plus où j’en suis.
 
Donc tu prends le coffret et tu retourne sur le pallier.
 
Tu ouvres la porte de gauche, c’est là…
 
Arrête de courir.
 

Qu’est ce que tu as à être aussi pressé, attention tu vas glisser sur les billes que le petit laisse toujours traîner au fond du couloir…

 
At…
 
Attention !…
 

Bon j’appelle le SAMU… Ce n’est rien, j’irai après le chercher mon coffret…

 
L’ambulance arrive !…


par azacamopol publié dans : jeu du 20/02 communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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A la bonne heure ...

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