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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 19:59

Du roman : " Eux sur la photo "

 

Deux lettres envoyées, la troisième est la fin que j’aurais aimé lire.

 

 

Ma chère Hélène

 Je viens de terminer la lecture du journal de Jean. Voila qui jette un nouvel éclairage sur les choses. Décidément, une épaisseur de mensonges n’a jamais fini d’en cacher un autre. Il change la donne : un lâche irresponsable, une imprudente suicidaire, les voici un peu moins beaux nos parents ce soir.

Je me sens tout à coup l’héritier de tant d’échecs, de défaites, de hontes dont je ne savais rien. Je me demande comment tu me regarderas, moi le fils de l’homme qui a poussé ta mère au désespoir, et d’une certaine manière dans la tombe. Comment j’arriverai à oublier que tu es la fille de celle dont la disparition  à achevé de briser notre famille.

Alors j’ai repris la plume, comme aux premiers jours de notre correspondance, dans l’espoir que le maléfice aura été conjuré je ne sais trop comment, à l’heure ou ces mots arriveront  jusqu'à toi.

Éclaire-moi. Stéphane.

 

 

Stéphane

Tu es désemparé, je le sais, et il y a de quoi. Mais ne les juge pas, ne les jugeons pas. Tout ce qu’ils ont tenté pour renier cette passion, les contraintes qu’ils se sont imposées n’ont fait qu’aggraver les choses. La rupture des fiançailles, le mariage, les enfants, l’éloignement n’y ont pas suffi. S’ils se sont retrouvés, c’est certainement parce que ce qui les attachait l’un à l’autre avait résisté tous les obstacles que la vie_ ou eux -mêmes _avait dressé sur leur route.

Je crois pour ma part qu’il est l’heure de pardonner ce qu’eux et ce que les survivants ne se sont pas pardonnés .Pierre et Natalia se sont aimés, ils nous ont aimés et, qu’on le veuille ou non, nous sommes aussi les héritiers de cet amour là. Nous en avons souffert, et nous sommes aujourd’hui les titulaires exclusifs de ce passé et les seuls responsables de ce que nous souhaitons en faire

Aujourd’hui Stéphane, lorsque je pense à eux deux, je mesure la force de leur lien, ce lien qui nous à conduit l’un vers l’autre à trente sept ans de distance, à partir d’une improbable coupure de journal.

J’aimerai tant que tu me reviennes.

Que l’on s’aime

Je t’embrasse

Hélène.

 

 

 Ma chère Hélène

Comme tu le dis dans ta dernière lettre, nous n’avons pas le droit d’émettre un jugement ni même de faire leur procès.

Je reconnais que depuis longtemps, je voulais savoir, mais sans vraiment me lancer dans des recherches que je pressentais difficiles et pénibles, et qui viendraient bousculer mon quotidien trop bien installé.

Il se trouve qu’à travers ta détermination à faire revivre cette photo, pour en comprendre le dénouement, tu m’as devancé et engagé ma participation à cette enquête cela bien sur, sans même t’en rendre compte et peut-être même t’en ais-je voulu, car était-il vraiment nécessaire d’ouvrir cette boite de pandore….

Malgré tout je reste plongé dans une profonde tristesse avec ce goût amer quant à cette vérité. En même temps je n’ai pas envie de te perdre

De notre vie d'avant nous en ressortons tous les deux écorchés et malheureux, alors si tel est le destin, que nos chemins se rencontre après toutes ces années c’est peut-être la chance que nos parents n’ont pas eu, et si elle se présente à nous, nous devons la saisir pour construire notre présent, et enfouir ce trop lourd et si douloureux passé avec indulgence.

 

Je te serre dans mes bras

Je te rejoins ma douce Hélène.

Stéphane.

 

 

Elise

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Published by azacamopol - dans 2012
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commentaires

ABC 04/11/2012 21:49

Toujours sympa d'essayer de positiver un roman qui apparemment avait mal tourné !!!

nickie 04/11/2012 20:57

tu sais que je ne suis pas très lecture ! mais finalement j'aime cette fin d'histoire !!!
bravo elise

elise 03/11/2012 08:04

Tout d'abord,petite erreur sur le premier titre (la ) au lieu de (les) .Ce livre est bien d'Hélène Gestern .Oublié de le noter,merci Quichottine.De plus ,cette consigne nous à apporté la
possibilité de découvrir d'autres livres.
Pour cette dernière lettre j'ai essayé de prendre le style de" Stéphane". Merci à tous et toutes.Elise.

Kimcat 31/10/2012 14:39

Belle correspondance...
Béa kimcat

m'annette 31/10/2012 11:21

Comme les autres, tu m'as donné envie de lire le livre! Merci à toi!

Cecile 31/10/2012 10:15

Je ne connais pas ce livre, mais cela me donne envie de le lire. Ah, si on pouvait réécrire des fins comme on les aime :-)

Martine Eglantine 31/10/2012 05:47

BRAVO, j'ai beaucoup aimé, j'aime la forme épistolaire, ta plume et surtout cela me touche particulièrement. Merci

Quichottine 30/10/2012 21:03

Hélène Gestern... je suppose. :)

En tout cas, même si je n'ai pas lu le livre, je trouve cette page très belle.

Merci, Elise.

Passe une douce soirée.

polly 30/10/2012 20:10

Je ne connais pas le roman, tu donneras le nom de l'auteur?

En tous cas, ces deux là se sont retrouvés dans ton envie de bien terminer une histoire d'amour. On comprend que tu as été peut-être frustrée de la fin du roman, et que tu le continue. Un récit ne
se termine vraiment qu'en nous-mêmes.

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