Mardi 6 mai 2008

 

Ta Main

 

 

Pose ta main là

Là ne bouge pas

Sens mon cœur qui bat

Juste grâce à toi

Toi qui vis en moi

Reste un peu comme ça


Dans ces moments là

Notre amour se voit

Uni dans nos doigts

Au son de ta voix

Je te dis tout bas

Tu es bien en moi


Quand le temps s'en va

Mon cœur reste là

Plein tout plein de toi

Et ce qu'on fera

Tout nus sous les draps

Ne regardera

Que nous toi et moi


Maintenant tais toi

Et caresse moi

Tout ce que tu vois

Mon corps et ses lois

S'apprivoisera

Car tu sais déjà

Plus à chaque fois


Encore serre moi

Fort tout contre toi

Cette place là

Me comble de joie

Je ne veux que ça

Pose ta main là

Et descends plus bas...

 

 

Claire Fessart

 

par azacamopol publié dans : jeu du 30 avril au 13 mai. communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 6 mai 2008

 

On peut en faire des choses rien qu'avec ses dix doigts, c'est ce que disait une petite comptine de mon enfance.

Alors voyons prenons les choses dans l'ordre.

D'abord présentation des acteurs :

Le tout petiot de la famille, l'auriculaire, celui qui se fourre dans le trou de l'oreille. Il est tout frêle, tout délicat mais c'est lui qui se paye cette activité peu ragoûtante et en plus c'est lui qui a le plus de boulot sur le clavier avec les A, Q, P, M entre autres. Le mien est particulièrement costaud parce qu'il s'est fait les muscles sur le clavier de machines à écrire mécaniques (oui, du temps des dinosaures).

Ensuite, nous avons l'annulaire, celui-là faut quand même le reconnaître, c'est le fainéant de la famille, le beau gosse qui se balade avec des bagouzes, parce que soyons justes, il n'est pas vraiment souple le bougre, essayez vous verrez il a du mal à se bouger tout seul.

Après, voilà le majeur, le grand, celui qui vous aide à faire passer des démangeaisons, si, si vérifiez. Bon sorti de ça, il n'est pas trop habile non plus.

Maintenant nous passons à l'index, vous savez celui qui montre (alors qu'on nous a appris qu'il ne fallait pas montrer du doigt), celui qui se fourre dans le nez, qui gratte aussi, celui qui dit vient, celui qui fait la petite bête qui monte, qui monte. Bref, le surdoué.

Et pour terminer, le pouce, un peu raccourci qui tout seul ne peut pas faire grand chose, à part donner sa force pour appuyer ou écraser quelque chose (ce que vous voulez) et puis aussi dire "ouais super" ou "prenez-moi en stop".

Bon en fait, les doigts pris séparément, c'est pas super, super.

Mais, maintenant, faites des associations.

Le pouce et l'index deviennent tout délicats pour saisir et manipuler de tous petits objets. Ils sont zens aussi.

Le pouce, l'index et le majeur, là c'est merveilleux, ils vous permettent de prendre votre stylo pour écrire, votre pinceau pour peindre. L'annuaire et l'auriculaire faisant contrepoids.

Tous ensemble, ils se promènent et deviennent musique lorsqu'ils font vivre un instrument de musique, ils deviennent paroles et sons pour celui qui n'entend pas, yeux pour celui qui ne voit pas, ils sont poèmes chez les ballerines, ils travaillent tous les matériaux pour en faire objets utilitaires ou œuvres d'art, ils sont caresses dans les cheveux d'un enfant ou la fourrure d'un animal. Ils peuvent d'un seul mouvement dire "paix" ou "stop" ou "victoire", ils sont poignée de main. Ils peuvent devenir poing mais dans ce cas que ce ne soit que pour défendre l'innocent. Ils sont forts, ils sont doux, ils sont ce que vous voudrez bien en faire.

Et on peut en faire des choses rien qu'avec ses dix doigts.

 

Martine27

http://moncarnetamalices.over-blog.com

par azacamopol publié dans : jeu du 30 avril au 13 mai. communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 6 mai 2008

 

Les mains de Benjamin

 

Elle leva le visage vers la montagne. Le torrent dévalait la pente pour se terminer en cascade dans cette cuvette. En aval le torrent un peu plus large longeait une grande bâtisse. Depuis le matin elle avait marché par les chemins de randonnée dans un but bien précis, retrouver l'atelier de maître Dujardin. Sa grand-mère lui en avait tellement parlé, racontant le chant du torrent, le grincement de la roue à aubes et le cliquetis des chaines des métiers à tisser. Assise sur les genoux de son aïeule elle écoutait et l'encourageait : « Allez Grand-ma, raconte encore ! ».

Et la voila, quelques trente ans plus tard regardant le vieil atelier du maître tisserand.  Elle reprend sa marche, la pente est abrupte et malgré son impatience, prend tout son temps pour dévaler le sentier.

De loin elle avait eu l'impression que la cloche allait sonner pour autoriser les ouvriers à sortir pour déjeuner au soleil dans la petite clairière. Dans le torrent les bouteilles de vin étaient mises à rafraichir. De près, elle ne pu que constater la vétusté des murs. Des morceaux de grosses ardoises jonchaient le sol au pied des murs.

Elle entreprit de faire le tour du bâtiment enjambant les ronces qui couraient sur le sol, contournant le buisson d'orties. A L'arrière du bâtiment, on avait détourné une partie du torrent qui s'engouffrait sous le mur de la roue à aubes. Grand-ma lui avait raconté le buisson d'aubépines qui grimpait le long du mur et qu'il fallait tailler pour que la plante n'envahisse pas le mécanisme. Personne n'avait imaginé l'arracher. Maintenant les ronces recouvraient tout. La roue à aubes était entravée par les branches.

Remontant le long du bâtiment elle s'approcha de la porte de bois à deux vantaux.  C'était la seule ouverture encore occultée, les fenêtres n'avaient plus ni volets ni carreaux. Elle rebroussa chemin pour emprunter la petite porte grande ouverte qu'elle avait entraperçu. A l'intérieur, il faisait sombre et humide. Quand ses yeux se furent accommodés à l'ombre. Elle était dans une petite pièce, un pied de chaise gisait dans un coin, dans l'autre on pouvait deviner les restes d'un bureau et au mur un morceau d'affiche vantant les avantages du métier «Jacquard ». Elle sourit. Cette affiche, Grand-ma lui en avait parlée. Dans le bureau du contremaître, elle était immense ... certainement, pour la petite fille qu'elle était alors. Elle avança vers la pièce voisine et découvrit ce qui devait être l'atelier de tissage des toiles de lin pour le linge de maison. En levant la tête elle put apercevoir le haut des grands métiers avec les restes de chaines qui pour certaines descendaient jusqu'au sol. Des hommes travaillaient sur ces grands métiers. Souvent des jeunes, fils cadets de fermiers qui venaient travailler là parce qu'il n'y avait pas assez de travail à la ferme.  Grand-ma accompagnait sa mère qui préparait les draps et nappes de pur lin pour les brodeuses. Grand-ma aidait sa mère à vérifier si le travail de broderie ne serait pas gâché par un défaut de tissage, ensuite seulement les pièces de tissu étaient coupées aux bonnes dimensions et les motifs à broder poncés. Quand les brodeuses rapportaient leurs ouvrages elle était chargée de les vérifier. Tout cela se passait dans le brouhaha des métiers à tisser. Souvent Grand-ma s'échappait et venait s'installer dans le coin du mur où elle pouvait voir Benjamin, son cousin. C'était le meilleur ouvrier de l'atelier, le plus rapide et celui qui entretenait le mieux son outil. Elle regardait mes mains aller et venir sur le métier. Elle ne comprenait pas le fonctionnement et pour cela elle le considérait comme un magicien. Le tissu damassé sortait du métier comme par enchantement. Souvent, en fin de journée, hypnotisée par les mouvements du mécanisme elle s'endormait assise dans son petit coin jusqu' au moment où sa mère venait la réveiller quand la journée de travail était terminée.

Un siècle plus tard, sa petite-fille rêvait et spectatrice replantait le décor, imaginait les visages, les bruits de l'atelier les rires des ouvrières et des enfants et les plaisanteries des tisserands. Elle entendit presque le bruit de la cloche qui lui annonçait qu'il était temps de déjeuner. Sortant de sa torpeur elle revint au soleil dans la clairière, s'assit sur une souche d'arbre et prit son déjeuner dans son sac de randonneur. Le silence reprit possession de l'atelier, les oiseaux continuèrent de chanter, le vent fit bruisser les feuilles des arbres et le torrent évita les godets de la roue à aubes.

Grand-ma avait rejoint les anges depuis plus de dix années et le cousin Benjamin s'était endormi pour toujours au champ d'honneur, du côté de Verdun, les mains couvertes de sang. L'atelier s'était éteint doucement pendant la Grande-Guerre, Le fils du patron avait disparu aux côtés du cousin Benjamin.

 

Mélodie

http://reves-de-melodie.over-blog.com/

par azacamopol publié dans : jeu du 30 avril au 13 mai. communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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A la bonne heure ...

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