Consignes d'écriture....


Consigne du 14 au 27 mai


 Parler d'une première fois:

Sa première cigarette
Son premier jour d'école
Son premier baiser
Son premier petit frère ou soeur
Son premier spectacle
Son premier grand livre
Ses premières vacances
La première rencontre
Son premier chagrin d'amour
Le premier secret
Le premier mensonge

 

...

à vos plumes.
Et surtout amusez-vous.



N'oubliez nos petites règles pour nous faciliter la tâche de publication,
juste à droite, dans les pages.
merci à tous.



Mardi 13 mai 2008


 Parler d'une première fois


Sa première cigarette
Son premier jour d'école
Son premier baiser
Son premier petit frère ou soeur
Son premier spectacle
Son premier grand livre
Ses premières vacances
La première rencontre
Son premier chagrin d'amour
Le premier secret
Le premier mensonge

...

 

à vos plumes.

et surtout amusez-vous.

par azacamopol publié dans : jeu du 14 au 27 mai communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 12 mai 2008


Jeu de mains

 

Main, alexandrin, parchemin, écrivain

Main, faim, pain, festin

Main, inhumain, Caïn, assassin

Main, mondain, badin, libertin

Main, sacristain, bénédictin, puritain

Main, quatrain, refrain, lutrin

Main, béguin, câlin, patin

Main, dédain, chagrin, déclin

Main, devin, dessein, destin

Main, pèlerin, séraphin, divin

Main, jardin, raisin, romarin

Main, malandrin, robin, Lupin

Main, tambourin, clavecin, musicien...

 

Enriqueta.

 

par azacamopol publié dans : jeu du 30 avril au 13 mai. communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 12 mai 2008

Le tisserand

Visages crispés, corps tendus, ils attendaient. Les uns faisaient les cent pas dans le couloir trop froid, d'autres se serraient fébrilement les uns contre les autres. Mains moites, tremblantes ou serrées, toutes adressaient à leur dieu leurs muettes prières.

Sous la lumière éclatante penchées sur le corps inerte, les mains s'empressaient. Offrant toute leur dextérité à découper, écarter, dans la chair blessée. Le chirurgien se redressa.

- Il n'ya plus qu'à espérer...

Loin, très loin, les Mains prirent le relai. Patiemment les doigts gourds usés par le temps, il renouait les fils de la trame du destin. De prier il n'avait l'usage ni le temps. Il est l'Artisan.

par azacamopol publié dans : jeu du 30 avril au 13 mai. communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 12 mai 2008

            La mémoire des mains

      

        Les mains sont les premières à ressentir l'absence, l'envol de cet oiseau qui les prenaient pour nid ! Alors, pour oublier ce grand vide impossible à combler, cette attente en creux, elles s'agitent en tous sens, cherchent une autre matière, s'inventant chaque jour des travaux inutiles auxquels on fait semblant d'accorder une importance extrême.

          

        On fuit et on se perd, juste pour relier l'espace, capturer le fugace, renouer un à un tous les fils, pour remonter le temps, pour retrouver la source... Mais le vent a passé ! On a cru avancer mais on n'est nulle part, toujours entre deux rives, dans le brouillard des mots, dans l'enchevêtrement dérisoire des rêves, au beau milieu d'un conte ironique et cruel !

          

        Pourtant, c'était hier ! Je sens encore dans mes paumes flétries la confiante fraîcheur de ces petites mains qui venaient s'y loger, paisibles comme des îles. Elles en gardent l'empreinte dans le moindre repli, le souvenir précis du contact espéré, des doigts qui se referment, des pouces qui se croisent ...


        L'esprit peut s'égarer dans la trame des jours, sans fin on s'interroge sur ce pouvoir insensé qui sait dès le début vous harponner le cœur en agrippant un doigt !


Azalaïs

 

http://marge-ou-greve.over-blog.com/

        

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Samedi 10 mai 2008

 

Tisserand

(à mon grand-père)

 

 

Toi le bon et le mauvais

Je ferai une légende

Aussi de toi.

Je t'oublierai

Pour mieux te redire.

Ne meurs pas Tisserand,

Les croyances déjà te portent.

Ils t'ont fait grand,

Les tisseurs,

Ils t'ont fait roi.

Ils ont tissé les mots

Pour te draper d'une si belle vie.

Tes mains ont fait leurs bouches

Mon Généreux,

Et tu t'agites encore

Dans la trame de leurs phrases.

Moi je serre le fil

Très fort, que tu as noué

Dans ma mémoire.

 

Moon

 

http://pleine-lune.over-blog.fr

 

 

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Samedi 10 mai 2008

 

Main, humain, humour

L'humain aime à se rengorger
De toute sa hauteur
En se lançant des fleurs!

Spécifique à l'humanité
-Dit-il avec erreur-
Et faisant sa grandeur
 
Sa main l'a aidé à penser
A permis ses lueurs
Et ses actes majeurs!

Cet organe est très achevé: 
Utile aux travailleurs,
Artistes, bricoleurs,
 
A tous les tapeurs de claviers
Et aux bourreaux des cœurs
Mais pas aux footballeurs...

Chacun a entendu parler
De la main de ma sœur
Et son côté fouineur!

Voici l'originalité
Ce qui fait sa valeur:
Le pouce préhenseur...

Le singe en est aussi doté
Aux membres inférieurs:
Alors donc supérieur?

Les bonobos en société
Pieds et mains sans pudeur
Seraient-ils les meilleurs?


par azacamopol publié dans : jeu du 30 avril au 13 mai. communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Jeudi 8 mai 2008

 

LE TRIBUNAL



- Tiens, Fourmi, je te la fais en La mineur...

« La cigale, ayant chanté tout l'été

Se trouva fort dépourvue... »


- STOP ! ! ! - Ecoute-moi bien. Je ne vais pas te caresser dans le sens des ailes ! Je ne supporterais pas une minute de plus tes jérémiades ! T'as compris ! !


- Ben dis donc, tu n'y vas pas de main morte. Inutile de t'exprimer avec la brutalité verbale qui te caractérise, Fourmi. Je n'ai quand même pas fait une attaque à main armée, faut pas exagérer ! Je ne suis pas un gangster. Je suis juste un troubadour, un poète, une cigale... quoi. Inutile d'ameuter tout le monde, voyons. Je voulais juste relater les faits à ma manière, en chanson. C'est tellement plus drôle. J'ai bien le droit d'être un peu léger. Tu es si coincée. Détends un peu tes lèvres pincées. Adoucit ton regard furibond. Ouvre tes poings. Reste cool...



- Calmez-vous tous les deux. Nous allons prendre les choses en main. Si vous n'arrivez pas à vous entendre, nous devrons passer la main et transmettre le dossier au Tribunal Supérieur de la Savane, présidé par l'Honorable Lion. Pour le moment, moi, le Juge Loup, je vous demande d'exposer calmement les faits.



- A vous la parole, Mam'zelle Fourmi.


- Je sais que je ne suis pas prêteuse, c'est là mon moindre défaut... mais j'en ai marre ! ! ! Je suis lasse d'entendre Cigale sous mes fenêtres. Il n'a de cesse de tendre la main. N'y-a-t'il pas quelqu'un d'autre ? Ne pourrait-il pas demander l'aumône ailleurs ? ! A ce niveau-là, c'est du harcèlement pur et dur ! ! ! Je sens que j'ai la main leste... Je lui mettrais bien ma paluche dans la figure ! Il m'exaspère au plus haut point ! !



- Calmez-vous, Mam'zelle Fourmi. Qu'avez-vous a répondre, Monsieur Cigale ?


- Eh bien... Fourmi a toujours eu la main heureuse. Elle réussit tout ce qu'elle entreprend. Elle a la main verte. Alors, je me suis dit qu'il serait plus facile pour elle de me prêter main forte. Je vous assure... d'habitude, elle a le coeur sur la main ! Elle m'a d'ailleurs généreusement prêté quelques grains l'année dernière. Ce n'est pas dur pour elle de le faire... Elle a tout sous la main, dans son magasin.Je trouve injuste qu'elle ait agi sous main, en convoquant secrètement le Tribunal de la Forêt. C'est désolant...



- Non, non, non ! Je ne peux pas le laisser dire des choses pareilles ! Tu as oublié le travail que ça demande d'avoir une telle réserve de nourriture. J'ai travaillé comme une dingue ! Sans machines, à mains nues ! C'est du boulot ! Je n'ai pas passé mon temps à chanter, MOI ! ! Pendant que tu papillonnais de cigales en fourmis, à flirter à droite et à gauche avec tes mains baladeuses, moi je travaillais ! Jeux de mains, jeux de vilains ! !



- Fourmi, vous êtes dans un Tribunal. Vous ne devez parler que lorsque je vous donne la parole ! Cet avertissement est valable pour vous deux : si vous perturbez cette audience, les gardes vous prendrons à pleines mains et vous jetteront dehors ! C'est clair ! Dominez-vous bon sang !



- Oui, Juge Loup (répondit la fourmi).


- Ok, ok...(dit la cigale).


- La parole est au Procureur. Nous vous écoutons Maître Paon.


- Ce n'est pas sans raison que Mam'zelle Fourmi se plaint. Comprenons-le bien. Elle ne refuse pas de tendre la main aux nécessiteux. Oui, elle est prête à se décarcasser pour aider quelqu'un. Encore faut-il que ce quelqu'un le mérite, et se montre reconnaissant ! Elle ne supporte pas les « sans-gêne » comme elle les appelle.


 Prenons l'exemple de Monsieur Cigale. Il est vrai que dans le passé, Mam'zelle Fourmi lui a prêté quelques grains. A-t'il travaillé des deux mains pour rendre avec promptitude et empressement son dû à sa prêteuse ? NON ! Il lui avait pourtant dit...


Je cite :
« Je vous paierai...
Avant l'août, foi d'animal,
Intérêt et principal. »

Eh bien, l'août est passé ! ... et Monsieur Cigale n'a toujours pas mis la main à la pâte, pour payer. Fourmi attend toujours. Pas un paiement, pas une échéance honorée.


C'est la raison pour laquelle Mam'zelle Fourmi a déposé une main-courante auprès de Renard, le gendarme. Une plainte pour harcèlement moral et musical a été également enregistrée par l'officier Lézard. Je joins comme pièces à convictions les documents dactylographiés des pattes même des gendarmes.


Par conséquent, je demande instamment que Monsieur Cigale soit condamné à donner un coup de main à Mam'zelle Fourmi. Il devra l'aider à faire l'inventaire du magasin. Rappelons-nous que dans un passé très lointain, Monsieur Cigale et Mam'zelle Fourmi étaient unis comme les cinq doigts de la main. Ils étaient associés. Je ne pense pas que Monsieur Cigale ait perdu la main, lui qui savait si habilement compter et ordonner les stocks de grains, de mouches et de vermisseaux.


Je demande également que Monsieur Cigale soit placé sous curatelle, en de bonnes mains. Il a besoin de quelqu'un capable de gérer le fruit de son labeur, aussi dérisoire soit-il.


Junon a dit un jour :
« Tout animal n'a pas toutes propriétés.
Nous vous avons donné diverses qualités. »

Monsieur Cigale est peut-être un bon chanteur et un bon poète, mais un bien piètre débiteur.

N'oublions pas ce que dit la loi de la nature « Que celui qui ne travaille pas, ne mange pas ».


- Merci, Maître Paon. Nous laissons maintenant la parole à la défense. Maître Corbeau, nous vous écoutons.


- Comme dit le proverbe : « Qui ne tente rien, n'a rien ». C'est ce qu'a fait mon client, Monsieur Cigale. Il a demandé, pleuré, chanté, quémandé... Sans succès.


Alors que son estomac criait famine, il a fait des pieds et des mains... pour obtenir quelques victuailles. Il ne lui faut pas grand chose. Il n'est pas difficile. Il est capable d'ingurgiter les choses les plus infectes. Après tout, sa mère lui disait souvent : « Mon fils, ce qui ne tue pas... fait grossir ! ».


Mais, Mam'zelle Fourmi est restée insensible et inflexible. Monsieur Cigale a continué, jour après jour, à demander l'aumône auprès de Mam'zelle Fourmi, en espérant qu'elle changerait d'attitude.


S'il s'était vautré dans l'illégalité, Monsieur Cigale aurait pu avoir la mainmise sur quelques grains. Mais il ne l'a pas fait.


Rappelez-vous, il était jadis l'associé de Mam'zelle Fourmi, et il a conservé la clé du magasin. Loin de lui, l'idée de voler ou de lever la main sur Mam'zelle Fourmi !


Le vrai problème de Mam'zelle Fourmi, c'est sa jalousie. Oui, j'ai bien dit : Jalousie. Elle n'a pas supporté que Monsieur Cigale aille au bout de ses rêves. Il a tout sacrifié à ses passions, la chanson et la poésie. Il s'est d'abord fait la main sur une petite guitare que lui avait offerte sa grand-mère. « Peuchère... Mais tu as besoin d?un instrument pour t'accompagner. Tu chantes si bien. » lui avait-elle dit... Puis, plus tard, il s'est acheté une guitare électrique, une première main. Et une vraie merveille.
Et là, ... il s'est mis à rêver.

Voilà le principal défaut de Monsieur Cigale. C'est un très grand rêveur. Certains diront qu'il est fainéant. Mais non, ce n'est pas le cas. Il en faut du courage pour aller par monts et par vaux, nuit et jour à tout venant, chanter à tout bout de champs. Monsieur Cigale a l'intime conviction d'avoir mis la main sur quelque chose de précieux, de vital pour lui : la musique, le public. Ah ! ce public qui l'acclame... Bon d'accord, tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute. Mais il a caressé de si près son rêve. Il a touché du bout des doigts l'euphorie de l'artiste. Monsieur Cigale est fait pour mener une vie d'artiste, de saltimbanque. Une vie d'insouciance.

A cause de la musique, Monsieur Cigale est parti loin de son amie Mam'zelle Fourmi. Notez que lui la considère toujours comme son amie. Au fil du temps, un mur d'incompréhension s'est dressé entre eux... ce qui peut expliquer l'animosité de Mam'zelle Fourmi. Monsieur Cigale m'a confié avant cette audience, qu'il est convaincu que Mam'zelle Fourmi s'attendait à ce qu'il lui demande sa main. Il est persuadé qu'elle était amoureuse de lui. Ce qui expliquerait également l'agressivité de celle-ci à son égard. Il l'a dit lui même, c'est un troubadour, un poète. Les engagements à longs termes, ce n'est résolument pas fait pour lui.

Il n'a pas fait les choses qu'on lui reproche avec de mauvaises intentions. Ce n'est pas un mauvais bougre. Il est juste un peu exubérant, idéaliste, utopiste. Il veut juste apporter à son prochain un peu de fantaisie, d'humour, de joie, et de gaieté. Il se joue de la vie. Ce n'est pas un crime. Avouez que dans ce monde de brutes et de prédateurs, nous en avons besoin. Ne l'oubliez pas au moment de décider de son sort.

C'est pour cette raison que je demande la plus grande clémence pour mon client.


- Merci pour votre plaidoirie, Maître Corbeau. Les jurés vont maintenant délibérer. Derrière la porte, à ma main droite, ils procéderont à un vote à main levée afin de décider de la sentence.


Trois heures après, le Juge Loup pousse la lourde porte située au fond de la salle à gauche, s'asseoit lentement et reprend la parole...


- Après moult échanges houleux et passionnés, le jury composé de Madame La Belette, Mademoiselle Agneau, Mister Rat, Grenouille, Dame Bique et Héron Patapon, ont décidés à l'unanimité, haut la main, tous ensemble, d'un commun accord, de condamner Monsieur Cigale aux peines suivantes :


1. Une peine de travaux d'utilité privée. Monsieur Cigale devra se mettre à la disposition de Mam'zelle Fourmi en tant que main-d'oeuvre à bas prix.

2. Une petite partie de son minuscule salaire sera prélevée chaque mois. Une main levée ne sera possible qu'après paiement de l'intégralité de sa dette.

3. Monsieur Cigale devra cesser toute forme de harcèlement auprès de Mam'zelle Fourmi. Pas une requête, pas une chanson, pas un poème. Il ne devra pas striduler à tout va. Le silence, rien que le silence.

4. Il devra présenter de plates excuses publiques à Mam'zelle Fourmi. Il veillera à ne pas exaspérer la plaignante. Et surtout, surtout... pas de chanson, ni de poème déluré. De la sobriété, et du respect avant tout.

5. Il devra également s'acquitter de ses tâches laborieuses avec empressement, joie, et enthousiasme. Son travail devra être sérieux, consciencieux.

6. La durée de son contrat « d'asservissement » ne devra pas excéder la période de deux canicules.

7. Les modalités de son contrat seront régies par la Convention Collective des Hyménoptères. Ledit contrat devra être signé, par les deux parties, en présence de Maître Tortue, Notaire de son état.

8. Un huissier, en la personne de Monsieur Hyène, contrôlera le bon déroulement de la mission de Monsieur Cigale.

- Merci, Messieurs les Jurés. La sentence est effective dès la fin de cette audience. Affaire suivante.

***


A l'extérieur du Tribunal, l'annonce du verdict suscite quelques réactions.

En voici quelques extraits choisis :

« Moi, je l'aurais acquitté. Je pense que Monsieur Cigale se pourvoira en appel. » Jean-François, du journal JFM.

« Ils n'ont pas pris de gants avec Monsieur Cigale. Mais ça se comprend... il a essayé d'embobiner Mam'zelle Fourmi. Monsieur Cigale aurait bien « ouvert toutes les armoires »* de Mam'zelle Fourmi s'il avait pu ! » Didier, de Radio Ici et Main Tenant.
*Allusion à la citation de Sacha Guitry : « Ces mains qui fermeront mes yeux et ouvriront toutes mes armoires ».

« Je me suis retrouvée dans un monde chantant, dansant, rappelant le célèbre clip « Love is all » (Butterfly Ball). Hallucinant ! » Veronik, du magazine Musique & Mains virtuoses.

« Un jury un peu sévère pour Monsieur Cigale, mais de nos jours... il n'y a que le rendement qui compte. Alors la poésie !.. » Chrystelyne, auteur du livre à succès Drôle de zèbre.

« Monsieur de la Fontaine doit pester dans les cieux ! » Bernadette, du quotidien Sous-main.

« Un procès bien mené. Je plains quand même le pauvre Monsieur Cigale. Les jurés n'ont aucun goût pour la musique, et c'est bien dommâge ! » Valérie, de la revue Langage des mains.

« J'ai tout a fait aimé... on a pu revisiter certaines fables... » Rita dite La tête dans les nuages, du magazine Pieds et Mains liés.

« Le plaisir de vivre, c'est bien... mais il y a des obligations dont on ne peut déroger. Faut bosser dans la vie ! ! On a rien sans rien. Que d'étincelles lors de ce procès entre Monsieur Cigale et Mam'zelle Fourmi ! » Charly, du quotidien Les Mains moites.



Izzabel R.

par azacamopol publié dans : jeu du 30 avril au 13 mai. communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 6 mai 2008

 

Ta Main

 

 

Pose ta main là

Là ne bouge pas

Sens mon cœur qui bat

Juste grâce à toi

Toi qui vis en moi

Reste un peu comme ça


Dans ces moments là

Notre amour se voit

Uni dans nos doigts

Au son de ta voix

Je te dis tout bas

Tu es bien en moi


Quand le temps s'en va

Mon cœur reste là

Plein tout plein de toi

Et ce qu'on fera

Tout nus sous les draps

Ne regardera

Que nous toi et moi


Maintenant tais toi

Et caresse moi

Tout ce que tu vois

Mon corps et ses lois

S'apprivoisera

Car tu sais déjà

Plus à chaque fois


Encore serre moi

Fort tout contre toi

Cette place là

Me comble de joie

Je ne veux que ça

Pose ta main là

Et descends plus bas...

 

 

Claire Fessart

 

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Mardi 6 mai 2008

 

On peut en faire des choses rien qu'avec ses dix doigts, c'est ce que disait une petite comptine de mon enfance.

Alors voyons prenons les choses dans l'ordre.

D'abord présentation des acteurs :

Le tout petiot de la famille, l'auriculaire, celui qui se fourre dans le trou de l'oreille. Il est tout frêle, tout délicat mais c'est lui qui se paye cette activité peu ragoûtante et en plus c'est lui qui a le plus de boulot sur le clavier avec les A, Q, P, M entre autres. Le mien est particulièrement costaud parce qu'il s'est fait les muscles sur le clavier de machines à écrire mécaniques (oui, du temps des dinosaures).

Ensuite, nous avons l'annulaire, celui-là faut quand même le reconnaître, c'est le fainéant de la famille, le beau gosse qui se balade avec des bagouzes, parce que soyons justes, il n'est pas vraiment souple le bougre, essayez vous verrez il a du mal à se bouger tout seul.

Après, voilà le majeur, le grand, celui qui vous aide à faire passer des démangeaisons, si, si vérifiez. Bon sorti de ça, il n'est pas trop habile non plus.

Maintenant nous passons à l'index, vous savez celui qui montre (alors qu'on nous a appris qu'il ne fallait pas montrer du doigt), celui qui se fourre dans le nez, qui gratte aussi, celui qui dit vient, celui qui fait la petite bête qui monte, qui monte. Bref, le surdoué.

Et pour terminer, le pouce, un peu raccourci qui tout seul ne peut pas faire grand chose, à part donner sa force pour appuyer ou écraser quelque chose (ce que vous voulez) et puis aussi dire "ouais super" ou "prenez-moi en stop".

Bon en fait, les doigts pris séparément, c'est pas super, super.

Mais, maintenant, faites des associations.

Le pouce et l'index deviennent tout délicats pour saisir et manipuler de tous petits objets. Ils sont zens aussi.

Le pouce, l'index et le majeur, là c'est merveilleux, ils vous permettent de prendre votre stylo pour écrire, votre pinceau pour peindre. L'annuaire et l'auriculaire faisant contrepoids.

Tous ensemble, ils se promènent et deviennent musique lorsqu'ils font vivre un instrument de musique, ils deviennent paroles et sons pour celui qui n'entend pas, yeux pour celui qui ne voit pas, ils sont poèmes chez les ballerines, ils travaillent tous les matériaux pour en faire objets utilitaires ou œuvres d'art, ils sont caresses dans les cheveux d'un enfant ou la fourrure d'un animal. Ils peuvent d'un seul mouvement dire "paix" ou "stop" ou "victoire", ils sont poignée de main. Ils peuvent devenir poing mais dans ce cas que ce ne soit que pour défendre l'innocent. Ils sont forts, ils sont doux, ils sont ce que vous voudrez bien en faire.

Et on peut en faire des choses rien qu'avec ses dix doigts.

 

Martine27

http://moncarnetamalices.over-blog.com

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Mardi 6 mai 2008

 

Les mains de Benjamin

 

Elle leva le visage vers la montagne. Le torrent dévalait la pente pour se terminer en cascade dans cette cuvette. En aval le torrent un peu plus large longeait une grande bâtisse. Depuis le matin elle avait marché par les chemins de randonnée dans un but bien précis, retrouver l'atelier de maître Dujardin. Sa grand-mère lui en avait tellement parlé, racontant le chant du torrent, le grincement de la roue à aubes et le cliquetis des chaines des métiers à tisser. Assise sur les genoux de son aïeule elle écoutait et l'encourageait : « Allez Grand-ma, raconte encore ! ».

Et la voila, quelques trente ans plus tard regardant le vieil atelier du maître tisserand.  Elle reprend sa marche, la pente est abrupte et malgré son impatience, prend tout son temps pour dévaler le sentier.

De loin elle avait eu l'impression que la cloche allait sonner pour autoriser les ouvriers à sortir pour déjeuner au soleil dans la petite clairière. Dans le torrent les bouteilles de vin étaient mises à rafraichir. De près, elle ne pu que constater la vétusté des murs. Des morceaux de grosses ardoises jonchaient le sol au pied des murs.

Elle entreprit de faire le tour du bâtiment enjambant les ronces qui couraient sur le sol, contournant le buisson d'orties. A L'arrière du bâtiment, on avait détourné une partie du torrent qui s'engouffrait sous le mur de la roue à aubes. Grand-ma lui avait raconté le buisson d'aubépines qui grimpait le long du mur et qu'il fallait tailler pour que la plante n'envahisse pas le mécanisme. Personne n'avait imaginé l'arracher. Maintenant les ronces recouvraient tout. La roue à aubes était entravée par les branches.

Remontant le long du bâtiment elle s'approcha de la porte de bois à deux vantaux.  C'était la seule ouverture encore occultée, les fenêtres n'avaient plus ni volets ni carreaux. Elle rebroussa chemin pour emprunter la petite porte grande ouverte qu'elle avait entraperçu. A l'intérieur, il faisait sombre et humide. Quand ses yeux se furent accommodés à l'ombre. Elle était dans une petite pièce, un pied de chaise gisait dans un coin, dans l'autre on pouvait deviner les restes d'un bureau et au mur un morceau d'affiche vantant les avantages du métier «Jacquard ». Elle sourit. Cette affiche, Grand-ma lui en avait parlée. Dans le bureau du contremaître, elle était immense ... certainement, pour la petite fille qu'elle était alors. Elle avança vers la pièce voisine et découvrit ce qui devait être l'atelier de tissage des toiles de lin pour le linge de maison. En levant la tête elle put apercevoir le haut des grands métiers avec les restes de chaines qui pour certaines descendaient jusqu'au sol. Des hommes travaillaient sur ces grands métiers. Souvent des jeunes, fils cadets de fermiers qui venaient travailler là parce qu'il n'y avait pas assez de travail à la ferme.  Grand-ma accompagnait sa mère qui préparait les draps et nappes de pur lin pour les brodeuses. Grand-ma aidait sa mère à vérifier si le travail de broderie ne serait pas gâché par un défaut de tissage, ensuite seulement les pièces de tissu étaient coupées aux bonnes dimensions et les motifs à broder poncés. Quand les brodeuses rapportaient leurs ouvrages elle était chargée de les vérifier. Tout cela se passait dans le brouhaha des métiers à tisser. Souvent Grand-ma s'échappait et venait s'installer dans le coin du mur où elle pouvait voir Benjamin, son cousin. C'était le meilleur ouvrier de l'atelier, le plus rapide et celui qui entretenait le mieux son outil. Elle regardait mes mains aller et venir sur le métier. Elle ne comprenait pas le fonctionnement et pour cela elle le considérait comme un magicien. Le tissu damassé sortait du métier comme par enchantement. Souvent, en fin de journée, hypnotisée par les mouvements du mécanisme elle s'endormait assise dans son petit coin jusqu' au moment où sa mère venait la réveiller quand la journée de travail était terminée.

Un siècle plus tard, sa petite-fille rêvait et spectatrice replantait le décor, imaginait les visages, les bruits de l'atelier les rires des ouvrières et des enfants et les plaisanteries des tisserands. Elle entendit presque le bruit de la cloche qui lui annonçait qu'il était temps de déjeuner. Sortant de sa torpeur elle revint au soleil dans la clairière, s'assit sur une souche d'arbre et prit son déjeuner dans son sac de randonneur. Le silence reprit possession de l'atelier, les oiseaux continuèrent de chanter, le vent fit bruisser les feuilles des arbres et le torrent évita les godets de la roue à aubes.

Grand-ma avait rejoint les anges depuis plus de dix années et le cousin Benjamin s'était endormi pour toujours au champ d'honneur, du côté de Verdun, les mains couvertes de sang. L'atelier s'était éteint doucement pendant la Grande-Guerre, Le fils du patron avait disparu aux côtés du cousin Benjamin.

 

Mélodie

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A la bonne heure...


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