Bonne journée.
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La Petite Fabrique d'Ecriture
Prenez un mot prenez en deux faites cuire comme des oeufs prenez un petit bout de sens puis un grand morceau d'innocence faites chauffer à petit feu au petit feu de le technique versez la sauce énigmatique saupoudrez de quelques étoiles poivrez et puis mettez les voiles. Où voulez-vous donc en venir ? A écrire vraiment ? à écrire ?? Raymond Queneau |
Rencontre.
C’était un autre temps, celui où je déménageais de fille en fille à la recherche de la mythique âme sœur. Célibataire en vacances, j’avais planté ma tente dans un camping sans étoile mais stratégique pour mes objectifs d’ été. Pour autant que mes souvenirs soient exacts, je n’eus pas le temps de ratisser la plage toute proche, mes premiers pas sur le sable ayant attiré l’attention d’une créature jeune et jolie, au bronzage parfait.
Coup de foudre et inexpérience, le soir même, je déménageais. Pas grand-chose, un sac plastique rempli de quelques vêtements, une paire de baskets et ma brosse à dents. D’ailleurs la belle brune avait elle aussi déménagé quelques jours plus tôt, abandonnée par son compagnon déménageur de profession, pour un studio juste assez petit pour deux. A mon arrivée, s’excusant du dérangement, déménagement oblige, elle entreprit une opération de rangement de grande envergure. Son dynamisme me laissa pantois. La vaisselle, le repassage, le ménage, tout y passa pendant qu’elle me racontait sa vie faite d’histoires bizarres, de déménagements incessants dans des maisons parfois hantées... En un mot, sa vie, ça déménageait.
La tornade s’apaisa enfin et je commençai d’envisager une première nuit volcanique. Mais à peine arrivé sur le chemin qui grimpe parait-il vers le septième ciel, mon élan fut stoppé net. Les yeux verts de la dame pétillaient d’une joie un peu sadique à l’évocation de son ex. En fait, le déménageur l’avait mise à la porte après avoir été sauvagement mordu à un endroit que la décence m’interdit d’expliquer. Je compris qu’un petit vélo tournait dans sa tête et qu’elle déménageait du chapeau…..
Craignant pour mes attributs de jeune mâle fougueux, je me réfugiai derrière une bière, protégé par le frigo et guettant l’occasion de rassembler baskets et brosse à dents, préalable à tout déménagement, fût-il une fuite sans gloire et précipitée …
Bien entendu, toute ressemblance avec un couple de déménageurs connus ne serait que pure coïncidence.
Decrypto
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ÇA DEMENAGE !
Un: « Toc, Toc...
Deux: - Tiens, c'est le marteau qui frappé.
Un: - Pourquoi n'avez-vous pas sonné ?
Deux: - Parce que je le suis.
Un: - Entrez vite, avec ce froid dehors, vous risquez d'être givré.
Deux: - Oh, je le suis déjà. Excusez-moi de vous déranger.
Un: - Je le suis déjà, j'ai perdu la boussole.
Deux: - Pourquoi, vous êtes à l'Ouest ?
Un: - Non, j'ai perdu le Nord.
Deux: - Tout se perd...Moi, j'ai perdu la tête.
Un: - Vous débloquez ?
Deux- Non, je déconne !
Un: C'est pour ça que vous êtes bizarre?
Deux:- Non, j'ai une case en moins..
Un: On vous l'a piquée ?
Deux:- Non, j'ai été monté à l'envers.
Un: - Et ça vous déséquilibre...
Deux: - Tout à fait, c'est pour ça que l'autre fois à la gare, j'ai déraillé.
Un: Qu'est-ce que vous faisiez à la gare ?
Deux: - Je déménageais...Enfin, j'étais entrain de déménager.
Un: - Où ça ?
Deux:- Comment voulez-vous que je vous le dise, je ne sais plus où j'habite!
Un: - Et vous déménagez souvent ?
Deux: - Tous les jours !
Un: - C'est de la folie !
Deux-: - Pas du tout, c'est pour vider les lieux.
Un: - Comment faites-vous ?
Deux: - Et bien, j'inventorie, je ranger, je classe, je trie, j'élimine, je jette. Bref je fais place nette.
Un: - Et le plancher ?
Deux- Je le débarrasse aussi. Je casse, je brûle.
Un: - Et vous ne perdez rien à force de déménager ?
Deux: - Si l'autre jour, j'ai perdu les pédales!
Un: - Et comment vous en sortez-vous?
Deux- Je ne m'en sors pas....Je pédale dans la choucroute!
Un: - Et vous arrivez à faire place nette?
Deux- Pas tout de suite. Il faut d'abord que je décloute, que je décolle, que je débranche...
Un:- Moi, en déménageant, j'ai pété un câble !
Deux: - Et moi une durite !
Un: - C'est dingue !
Deux: - C'est fou !
Un: - Du coup j'ai disjoncté !
Deux:- Et moi, j'ai pété les plombs !
Un: - C'est insensé!
Deux: - Au fait, puisqu' on déménage, fermons la porte !
Un:- Pourquoi ?
Deux: - Parce qu'on est bon à enfermer !
JPE
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Déménagement
Mon toit, après tant de péripéties, je pousse enfin la porte de mon « chez-moi » !
Mon cocon. Mon endroit. Ma maison. Ma vie, à moi, entre mes mains. Au calme. Du calme…
Durant ces deux dernières années, toi que j’aimais tant, t’es mis en tête de me détruire. Petit à petit, pierre après pierre, tu m’as anéantie. Mère jusqu’au bout des ongles, trop mère. Et toi, un simple bout de père, un homme, jusqu’au bout des ongles…
On s’est perdu de vue.
Impossible de savoir quand tout a commencé. Lorsque la seconde est née, déjà, on ne se parlait plus ou si peu. Le moindre silence m’effrayait. L’onde entre nous s’est brisée et le plus petit silence amenait son flot de culpabilité : « Est-ce de ma faute tout ça ? Où est-il parti ? Et notre si beau passé, va-t-il revenir ? ». Où le chercher, ce Toi, qui me manquais tant ? Toi auquel je ne sais plus parler, Toi qui ne me comprends plus…
Est-ce la moiteur de l’Afrique qui a tout disloqué ?
Je me souviens de cette naissance. Notre deuxième fille. Tu n’étais pas là. J’ai accouché seule, abandonnée sur cette table où l’année d’avant, c’était au complet qu’on accueillait notre première enfant… Tu es arrivé trois jours plus tard à la maternité ! A peine un regard sur le berceau, pas un regard pour moi. Où étais-tu parti ? Était-ce déjà les effluves d’un autre parfum qui te faisaient tourner la tête en mille farandoles ?
Si éloigné de moi, de nous…
J’ai tenté de pardonner tes frasques. Cette autre qui partageait ta couche. Cette autre qui envahissait notre maison… Insidieusement, tu l’invitais dans notre territoire par des moyens détournés et vicieux. Cette autre à laquelle tu donnais ce que je ne « méritais » plus. Sais-tu seulement pourquoi ? Pourquoi suis-je devenue ta plus grande ennemie ? J’ai récolté tant de mensonges. Tant d’ignominies éparpillées dans ce chez-nous, qui, au fil du temps devenait un chez-toi duquel je me sentais exclue, dépouillée. A peine tolérée. Une sans domicile bien au chaud dans cette prison, obligée de se faire toute petite. Retranchée au fond de moi-même, où je cherche, désopilée, les restes de notre passé révolu.
J’ai tenu mes filles à bout de bras. Et puis un matin, alors que tu étais en vacances, alors que j’attendais ton retour pour des retrouvailles méritées, enfin nous… J’ai ouvert le tiroir de la table de nuit. Tes mots de ta main, ce petit nom que tu me réservais, sur un bout de papier pour une autre ! Une autre encore que je ne connaissais pas. Une de plus ! Dernier coup de poignard bien profond et la goutte de sang a fait déborder ce vase. Ce vase qui contenait trop de douleurs. Plus de famille. Plus d’amour. Plus rien que des larmes. De la rancœur. Toi, ma torture. C’en est assez. Stop. Que tout s’arrête et que la mort me prenne. Non, point de mort pourtant. Maigre, défaite autant que détruite, le dernier sursaut libérateur !
Prendre la fuite. Partir, partir, ne plus jamais revenir ! Finie la vie recluse, la vie de cuisinière, de repasseuse de chemise, de cocue, de garde-chiourmes et de porte chandelle, fini de te voir offrir aux autres ce que tu ne me donnes plus ! Basta ! Partir, s’enfuir. Fermer ses valises. Claquer la porte. Tout laisser. Ne pas se retourner. Les mains de mes filles. Dans les miennes.
Fuir. Enterrer le passé. Aller ailleurs. Si loin.
Pour renaître. Autrement. En mieux que toujours, à jamais, sans Toi.
Zie
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Oh le joli manège!
Quand, dans un ménage, on se gêne à tout moment, qu’on se ment sans ménagement, quand l’âge amène la ménagère à ramener de jeunes amants, vient un moment où la gêne que ce manège amène mène à un déménagement.
Jo
Je déménage
Tout est brouillé dans ma pauvre tête, tout est cassé, j’ai tout perdu. Tous les jours un peu plus, je glisse, je glisse… Ça me donne le vertige cette béance là et tous ces vides à combler ! C’est un peu comme si j’étais moi mais sans moi, comme si je n’étais plus dans moi mais suspendue quelque part à l’écoute de ce dedans qui va mourant…
Et tous ces mots qui se promènent… Je sais même plus les aligner ! Pourtant, les mots, je les aimais ! Tous ces mots lus, écrits, brodés sur des cahiers aux lignes bleues. Tous ces chemins à dérouler ! Des petits bouts de vie, des bouts de rêve et qui errent sans fin dans l’infini des autres ! Ils sont là, je les sens, comme des oiseaux fous qui voudraient se poser !
Je me sens si fragile et si petite aussi. Et puis quelle importance ! Tout ça paraît si vain ! Qu’est-ce que ça change, une voix de plus, une voix de moins ? Qu’est-ce que ça change si je sais plus me rassembler et si tout se délite ? J’ai tant de pilules au pilulier, j’ai tant de coussins au canapé ! Je peux tenir tout un hiver ! Et au printemps, si je sais plus le nom des fleurs, je peux toujours les respirer !
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Pas simple de déménager
Il faut s'armer de courage
Pendant toute la journée
Penser cartons et emballages.
Rassembler,empiler,envelopper
Vaisselle et objets fragiles
Sans risquer de les casser
il faut des doigts agiles.
Remplir des cartons
Je connais ça par coeur
Pour ma future maison
Propriétaire, un vrai bonheur.
Mais que de travail pourtant
Pour quitter cet appartement
Enlever, porter, soulever
Peu de temps pour souffler.
Sans compter qu'ensuite
Il faudra nettoyer
L'appartement du délit de fuite
Pour rendre les clés.
Et dans la nouvelle maison
Redéballer les cartons
Prendre le temps de tout ranger
Avant de pouvoir apprécier.
Alors je prends mon courage
A deux mains évidemment
Comme une enfant sage
Et procède au déménagement.
scooby
Enfin chez moi!
Voila, c’est le jour J. Les déménageurs vont arriver d’un instant à l’autre.
Six mois auparavant… Ce jour de janvier où je t’annonçais que j’avais décidé de prendre un autre chemin, que je ne pouvais continuer avec toi cette vie qui n’avait plus rien de commune, où la routine était imprégnée d’indifférence… Et surtout ce constat cruel : je ne t’aime plus. Même la tendresse s’est éteinte… Je savais que je te faisais mal, mais je savais aussi que si je restais, c’est moi qui aurais mal…
Alors aujourd’hui je quitte cet appartement sans âme, qui ne me ressemble pas, qui m’indiffère. Je suis détachée de tous ces biens communs. Je voulais partir comme ça, juste mes vêtements, le reste ne m’intéressant pas, pour repartir à zéro et faire table rase. Mon avocat m’a rendu la raison. Nous avons partagé le mobilier et tu restes dans l’appartement jusqu’à ce qu’il soit vendu. Pendant une semaine, tu m’as regardée, silencieux, remplir les cartons quand je rentrais du travail.
Les déménageurs sont arrivés avec leur petit camion. Ce qu’ils doivent prendre est regroupé pour qu’il n’y ait pas de confusion. En deux heures, ils ont tout emballé.
C’est le moment de partir. Je t’ai laissé mes coordonnées pour toutes les affaires de logistique. Mon premier sourire de la journée quand je quitte l’appartement, ce n’est plus « chez moi ».
Quelques minutes plus tard, à deux kilomètres de là, les déménageurs commencent à vider le camion. Ce soir, je dormirai chez moi.
Mélodie
Le grand départ
Je n’emporte pas grand-chose.
Je n’ai rien à moi.
Quelques vêtements jamais portés.
Cousus pour l’occasion
Surpopulation oblige
Le travail manque
La France notre mère patrie
Aide les jeunes à partir
Je fais partie du convoi
La peur côtoie la curiosité
Je sais ce que je laisse
Mais que vais-je trouver ?
Entre larmes et baisers
Les dernières recommandations
Un dernier signe de la main
Et je disparais dans l’avion
Une arrivée dans la grisaille
Inconnue des inconnus qui m’accueillent
Un pincement de regret au cœur
Et porte ouverte sur l’aventure.
Nouvelle maison
Vierge de souvenirs
Nouvelle vie
Tout est à faire.
reinette
Pourquoi déménager ?
D éménager pour tout recommencer
E n remuant les poussières des ans.
M a maison est un vaste grenier
E n laquelle vivent des souvenirs.
N on, je n’ai point envie d’en partir
E t d’y décrocher tous tableaux.
G uise à toi d’agir librement
E n soufflant sur notre vie quand
R ien ne me parle d’un nouveau printemps
Mamylilou
http://reveries.over-blog.net/
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