Bonne journée.
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La Petite Fabrique d'Ecriture
Prenez un mot prenez en deux faites cuire comme des oeufs prenez un petit bout de sens puis un grand morceau d'innocence faites chauffer à petit feu au petit feu de le technique versez la sauce énigmatique saupoudrez de quelques étoiles poivrez et puis mettez les voiles. Où voulez-vous donc en venir ? A écrire vraiment ? à écrire ?? Raymond Queneau |
Avis de non déménagement
Et bien, non, c’est décidé, moi, je ne déménage pas. Pourquoi déménagerais-je ? Juste parce que des copines le veulent dans leur consigne ? Non, vous dis-je, je suis bien ici, j’y reste…
Comment cela j’encombre ? Je fais tâche, je dérange, je perturbe, et puis quoi encore ?
Savez-vous combien de fois j’ai déjà déménagé ? Avez-vous compté le nombre de cartons que j’ai pu emballer, déballer, remballer ? Pouvez-vous imaginer tous les objets que j’ai jetés, donnés, abandonnés ?
Et bien, non, inutile d’insister, je ne déménage pas. Je reste là.
D’ailleurs où voudriez-vous que j’aille ?
Non, je ne bouge plus, enfin peut-être, plus tard, qui sait ? Ma foi, pourquoi pas ? C’est une idée, à étudier…
Enfin, pas ce soir, il est trop tard, j’y songerais probablement demain, bonsoir…
ABC
http://detente-en-poesie.over-blog.com
déménagement sans ménagement...
oui je vous mets dehors dit le propriétaire depuis bien trop longtemps vous ne me payez guère, alors videz les lieux !
bien sûr qu’on va partir, de vous j'attendais mieux… on est dans la misère, il nous faut tout ranger et l'on part aussitôt dès qu'on aura mangé.
vous n'emporterez rien et j'ai fait l'inventaire, vos quatre bouts de bois quelques plats mal lavés, cela ne paiera pas tout ce que vous devez.
vous n'avez pas pitié comment pourra-t-on vivre ? notre enfant à l'école a besoin de ses livres
tout est bon à brûler de ce que vous laissez...
Monsieur vous nous chassez… mais on ne peut ainsi...
de quoi ? mais si, mais si ! ou bien vous décampez ou bien c'est la police...
mais vous nous condamnez !
non, demandez l'asile aux gens de notre hospice... et voyez, j'ai bon coeur, prenez donc quelques hardes, balayez et fermez puis quittez la mansarde.
jean-marie
Déménager
Déménager
Avoir été monté à l’envers.
Etre toqué, piqué, sonné, cinglé,
Tordu,
Timbré, fêlé, tapé, cintré, givré.
Etre mal fini.
Avoir une araignée au plafond.
Etre farfelu, bizarre, extravagant, déséquilibré, loufoque, azimuté.
Avoir une case en moins.
Perdre la tête, la raison, les pédales, la boule.
Avoir été bercé trop près du mur.
Déconner, débloquer, déraisonner, dérailler, divaguer.
Battre la campagne.
Perdre la boussole, le nord.
Etre à l’Ouest.
Ne plus savoir où l’on habite.
Etre fada, foufou, zinzin, dingo, barjo, maboule, toc-toc.
Marteau
Péter un câble, une pile, une durite, les plombs
Disjoncter
Etre dérangé, fou, insensé, dément, dingue, braque, détraqué.
Malade.
Juste bon à enfermer.
Pandora
PARTIR
Les meubles font la tête, retournés et démontés par mes soins. Les cartons s’empilent sous l’œil interrogateur du chat. La malheureuse bête s’enroule autour de mes jambes. Je lis dans ses yeux d’or terni, que son humaine apprivoisée est peut-être lâche !
Ma petite perle douce tu sais pourtant que :
- Que je suis instable.
- Que j’envoie valser tout ce qui entrave mes pas.
- Que c’est valable pour l’homme qui m’enferme dans ses bras.
- Que l’horizon de mes voyages n’est jamais assez vaste.
- Que sous mes pieds, nés sans racines, la mousse n’adhère pas.
- Qu’il n’existe pour moi que l’ivresse des recommencements.
- Que je reprendrai ma route sans un regard derrière moi.
- Que mes semelles sont dures au mal.
Mais que je ne peux faire le vide dans le grenier à souvenirs qu’avec ta chaleur rassurante dans mes bras.
Claudie
Cette fois je suis décidé, je vais déménager, c’est une question de survie, je dois décamper temps que c’est encore possible, vider les lieux sans remord.
Il n’est pas question d’inventaire, d’emballer, de ficeler, mais de casser, de bruler de faire place nette.
Un bon coup de balai sur les hésitations et le tour sera joué !
Je débranche, je décroche, je jette cette vie sans chagrin parce qu’elle n’en a trop apporté, je pars en claquant la porte sur cette existence que je n’ai pas choisie, pour rouler vers d’autres cieux, d’autres chemins…
- Alors comme ça je déménage ?
- Oui, t’es qu’une foldingue, te supporte plus, veux plus te voir, veux plus t’entendre.
Et un adieu pathétique branle la porte de l’appartement.
Et moi comme une mal embouchée je les écoute sur le palier à s’époumoner l’égo. Mado et Rémi, c’est mon voisinage enturbulencé, et leurs crichamailles et la vaisselle emmurée, c’est du courant d’air assuré. Pff ! je sais qu’elle reviendra ou qu’il ira la chercher sur les trois genoux, c’est comme ça leur vie, c’est dans leur tête qu’ils démangent ces deux là, c’est leur façon d’exister et de s’enamourer la vie. Moi, mon souci c’est Tché et Napo que je garde quand ils s’évadent aux réconciliations, j’suis mieux qu’un arbre dans la forêt qu’il m’a dit un jour où j’avais hésité à cause d’un ami qui avait besoin de moi. Tché c’est un chat, un gros chat noir et blanc, avec de longs poils et un regard à vous transpercer de tendresse. Napo c’est son compagnon, son amour, son ami, un gros et vieux berger belge au poil râpé. Tous les deux me font peine. Quand il y a des cris, Napo se gare sous la table et Tché se cale entre ses pattes, sous son ventre, ils ferment les yeux en rêvant à un autre monde. Ce jour-là, Mado met Tché dans une corbeille et file sous les yeux battus de Napo. C’est à vous déchiqueter le cœur. Elle emporte le chat, il garde le chien, c’est toujours comme ça. Je leur dis que je m’en occupe en attendant qu’ils se rabibochent la becquée. Mado me regarde de travers, Rémi hausse les épaules et je n’ai plus qu’à retourner dans mes pénates.
Depuis plusieurs mois, j’ai pris ma décision. Ma fille m’attend dans sa maison au milieu de la prairie, elle a aménagé un petit chez moi pour mes vieux jours. Mais pas sans Tché ni Napo. Je ne veux plus qu’on les sépare. Alors j’attends patiemment. Et je prie tous les dieux et les diables inventés de par le monde pour qu’il se magne à s’agenouiller.
C’est ce qu’il fait. Et pendant quelques jours j’entends l’agitation percuter la cloison, mais ce sont des cris plus haletants dans lesquels s’ébroue le prochain voyage.
Quand ils me laissent enfin Tché et Napo, c’est avec un grand sourire que je leur dis de bien profiter
de leur séjour dans les îles. Je me retourne vers mes deux compagnons, et tous trois on se fait une fête de chatouillis et gratouillis qui dure
jusqu’à tard le soir, et qui, on se le promet, se renouvellera souvent dans la prairie qui entoure notre futur foyer.
Polly
http://mpolly.over-blog.com
Déménager
Quitter un appartement. Vider les lieux.
Décamper. Faire place nette. Débarrasser le plancher.
Inventorier, ranger, classer, trier.
Éliminer, jeter, fourguer.
Casser.
Brûler.
Descendre, desceller, déclouer, décoller, dévisser, décrocher.
Débrancher, détacher, couper, tirer, démonter, plier, couper.
Rouler.
Empaqueter, emballer, sangler, nouer, empiler, rassembler, entasser, ficeler, envelopper, protéger, recouvrir, entourer, serrer.
Enlever, porter, soulever.
Balayer.
Fermer.
Partir.
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